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Nicolas Manbode, séropositif : “La stigmatisation tue plus que le sida”

C’est en prison qu’il a été infecté au VIH/sida. Abasourdi dans un premier temps, il a choisi la divulgation de son statut sérologique pour faire face à la maladie et militer pour la non-stigmatisation et discrimination de ses semblables.

N’ayant que des connaissances vagues à propos du VIH/sida il y a une dizaine d’années de cela, Nicolas Manbode a appris à ses dépens que nul n’est à l’abri de cette maladie. “En prison, j’ai partagé la seringue souillée des autres détenus pour m’injecter de la drogue. J’ai fait fi des conséquences de mon acte en me disant qu’il ne m’arrivera rien de grave”, se rappelle Nicolas Manbode.

C’est ainsi qu’au bout de quelque temps qu’il a appris, après un test de dépistage, qu’il est atteint du VIH/sida. La nouvelle a eu l’effet d’une bombe sur lui, car il se savait en bonne santé quand il a été emprisonné. “C’était comme une douche froide pour moi d’autant plus que je n’avais pas le soutien de mes proches quand j’étais en prison. Je ne savais pas comment leur en parler.” Pour cause, c’était déjà pénible pour sa famille de le savoir en prison. “Je ne voulais pas les accabler davantage,” explique-t-il.

Mais,loin de ses proches derrière les barreaux, il a eu tout le loisir de réfléchir aux actions qu’il allait entreprendre pour s’en sortir. “Malgré les difficultés de la vie, je suis quelqu’un de persévérant. J’ai décidé de faire face à la maladie, car à 29 ans, je ne voulais pas mourir si tôt”, dit-il. C’est ainsi, qu’il a pris son courage à deux mains pour parler de sa séropositivité à sa famille.

Il considère que c’est le premier pas pour combattre sa maladie. « Pour militer en faveur des personnes séropositives, il fallait que je divulgue mon statut sérologique. Je ne pouvais pas me cacher derrière un paravent et faire des plaidoyers contre la stigmatisation et la discrimination envers les personnes vivant avec le VIH (PVVIH),” fait-il comprendre.

Cela fait un peu plus de sept ans qu’il a pris son bâton de pèlerin pour être aux côtés des opprimés, ceux que la société continue encore à pointer du doigt parce qu’ils sont atteints du VIH. Il les encourage surtout à suivre leurs traitements,un aspect essentiel pour leur survie. “Aujourd’hui, il est possible de vivrecorrectement avec le VIH. Il faut pour cela suivre son traitement régulièrement et adopter un mode de vie sain et responsable”, souligne-t-il.

Nicolas Manbode déplore toutefois qu’en raison du mauvais regard de la société, nombreux sont ceux qui se laissent mourir à petit feu. “Ils ne vont pas vers les établissements de santé pour avoir les soins appropriéspar peur de la stigmatisation.” Selon l’Acting Field Coordinator du Collectif Urgence Toxida (CUT), la stigmatisation et la discrimination tuent davantage que le sida. Pour lui, le pays peut avoir les meilleurs traitements possibles pour les PVVIH, mais cela ne servira à rien s’ils n’y ont pas accès à cause de l’attitude de la société à leur égard.

Aujourd’hui, il affirme haut et fort qu’on ne meurt pas du sida si on suit son traitement régulièrement. En se faisant, le patient peut avoir une charge virale indétectable, ce qui fait qu’il ne peut plus contaminer les autres et fonder une famille s’il le souhaite.

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