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Maladie de Parkinson : une pathologie qui bouleverse le corps, l’esprit et la vie quotidienne

À l’occasion de la Journée mondiale de la maladie de Parkinson, célébrée le 11 avril, il est important de mieux comprendre cette pathologie souvent associée aux tremblements, mais qui va bien au-delà. Elle affecte aussi la mémoire, le sommeil, l’humeur et l’autonomie. Le Dr Irfaan Daureeawoo explique ses multiples facettes.

La maladie de Parkinson est une maladie neurodégénérative du cerveau qui se manifeste par des symptômes moteurs et non moteurs. Elle est principalement caractérisée par une lenteur des mouvements, des tremblements, une rigidité musculaire et des troubles de l’équilibre. Mais au-delà de ces signes visibles, la maladie peut aussi affecter la mémoire, l’humeur, le sommeil, la digestion et la qualité de vie des patients.

Le Dr Irfaan Daureeawoo, consultant spécialiste en médecine gériatrique, membre du Royal College of Physicians du Royaume-Uni, avec une surspécialisation en maladie d’Alzheimer et démence à Lille, en France, et une expertise dans la maladie de Parkinson, souligne que cette pathologie est en constante augmentation dans le monde. « La maladie de Parkinson est une maladie dégénérative du cerveau associée à des symptômes moteurs et non moteurs », explique-t-il.

Selon lui, cette pathologie touche environ 1,5 % des personnes âgées de plus de 65 ans. Avec le vieillissement de la population, le nombre de cas continue d’augmenter. L’Organisation mondiale de la Santé estime que la prévalence de la maladie a doublé au cours des 25 dernières années. En 2019, environ 8,5 millions de personnes vivaient avec la maladie de Parkinson dans le monde.

Le Dr Irfaan Daureeawoo rappelle également que cette maladie est aujourd’hui l’un des troubles neurologiques dont la progression en termes de handicap et de mortalité est la plus rapide. « Mondialement, le handicap et la mortalité liée à la maladie de Parkinson accentuent plus rapidement que pour tout autre trouble neurologique », précise-t-il.

Une maladie qui va bien au-delà des tremblements

Contrairement aux idées reçues, les tremblements ne sont pas systématiques chez tous les patients. Le Dr Irfaan Daureeawoo explique que seuls environ 70 % des patients présentent des tremblements. « Dans la maladie de Parkinson, le tremblement est principalement un tremblement de repos, unilatéral et asymétrique », indique-t-il.

Parmi les autres symptômes moteurs figurent la bradykinésie, soit le ralentissement des mouvements, ainsi que la rigidité musculaire. Les patients peuvent avoir de plus en plus de mal à effectuer des gestes du quotidien, comme écrire, boutonner une chemise, fermer une fermeture éclair ou se raser.

« Une lenteur d’exécution des mouvements, sans perte de force musculaire, se décrit comme la bradykinésie. Ce ralentissement est souvent associé à une difficulté d’initier un mouvement pouvant progressivement aller jusqu’à l’incapacité totale », explique le spécialiste.

Mais les signes non moteurs sont également très fréquents et peuvent parfois apparaître avant les symptômes moteurs. Il peut s’agir d’une constipation persistante, de douleurs, de troubles du sommeil, de somnolence pendant la journée, de dépression, d’anxiété ou encore de troubles cognitifs.

« Au stade précoce, les signes non moteurs peuvent être prédominants ou évoluer en parallèle avec la lenteur des mouvements », souligne le médecin en ajoutant que certains patients sont parfois référés pour une dépression ou des troubles de la mémoire avant que le diagnostic de Parkinson ne soit finalement posé.

« Durant mes années de pratique, j’ai souvent eu des patients référés pour une consultation gériatrique pour une dépression ou des troubles cognitifs. Avec un examen physique plus approfondi, il s’avérait qu’un diagnostic de maladie de Parkinson était lié à ces symptômes », confie-t-il.

Un diagnostic parfois complexe

Le diagnostic de la maladie de Parkinson repose avant tout sur l’examen clinique. Il ne peut pas toujours être posé lors de la première consultation, car plusieurs maladies peuvent imiter ses symptômes.

En effet, la maladie de Parkinson fait partie des syndromes parkinsoniens, qui regroupent aussi d’autres pathologies comme la paralysie supranucléaire progressive, la dégénérescence corticobasale, l’atrophie multisystématisée, le parkinsonisme vasculaire ou encore certains syndromes parkinsoniens causés par des médicaments. « Ces syndromes diffèrent de la maladie de Parkinson classique car ils répondent moins bien au traitement et ont souvent un pronostic plus défavorable », précise le Dr Irfaan Daureeawoo.

Dans certains cas particuliers, notamment chez les patients plus jeunes ou lorsqu’il existe un doute diagnostique, des examens complémentaires comme le DaTscan peuvent être réalisés.

Des facteurs de risque bien identifiés

L’âge demeure le principal facteur de risque. La maladie touche surtout les personnes âgées de 60 ans et plus. Les hommes semblent également davantage concernés que les femmes.

L’exposition à certains pesticides, à la pollution de l’air ou à des produits chimiques dans certains secteurs professionnels peut aussi augmenter le risque de développer la maladie.

« Certains emplois, comme ceux des agriculteurs ou des employés d’usines exposés à des produits chimiques ou à des toxines, augmentent le risque de développer la maladie de Parkinson », affirme le spécialiste.

Pas de guérison, mais des traitements pour soulager

À ce jour, il n’existe pas de traitement curatif contre la maladie de Parkinson. Les traitements disponibles ont surtout pour objectif de réduire les symptômes et de préserver l’autonomie des patients le plus longtemps possible.

« Le traitement médical a pour principaux buts de cibler les symptômes, en particulier moteurs, d’atténuer leurs conséquences sur la vie personnelle et sociale du patient et d’augmenter son espérance de vie », explique le Dr Irfaan Daureeawoo.

Certains patients peuvent aussi bénéficier de techniques chirurgicales, comme la stimulation cérébrale profonde. Toutefois, ces traitements restent peu accessibles dans de nombreux pays.

En parallèle, la prise en charge non médicamenteuse est essentielle. Physiothérapie, réadaptation, orthophonie, exercices physiques et accompagnement psychologique jouent un rôle majeur. « Il faut mettre l’emphase sur le fait que les patients doivent rester actifs et être encouragés à faire de l’exercice », insiste le médecin.

La marche, la natation, le jardinage ou encore certains exercices d’équilibre peuvent aider à maintenir la mobilité, améliorer le moral et réduire le risque de chute.

Le rôle essentiel de la gériatrie

La majorité des patients atteints de Parkinson appartiennent à la tranche d’âge gériatrique. Avec l’évolution de la maladie, d’autres complications peuvent apparaître, comme l’incontinence, l’hypotension orthostatique, l’ostéoporose, les fractures, la démence ou encore la perte d’autonomie.

« Le gériatre avec une expertise dans les syndromes parkinsoniens diagnostique et traite la maladie en tenant compte de la fragilité, des aspects psychologiques et du contexte social pour maintenir ou restaurer l’autonomie fonctionnelle du patient », souligne le Dr Irfaan Daureeawoo.

Il insiste aussi sur l’importance d’une approche multidisciplinaire impliquant neurologues, gériatres, physiothérapeutes, nutritionnistes, orthophonistes et proches aidants.

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