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Dr Yanish Purmah : « Un Mauricien sur trois concerné par l’hypertension »

Souvent silencieuse, l’hypertension artérielle touche environ un Mauricien sur trois. Pourtant, beaucoup ignorent qu’ils en souffrent. À l’occasion de la Journée mondiale de l’hypertension observée le dimanche 17 mai, le cardiologue Dr Yanish Purmah revient sur les risques, les symptômes, le dépistage et l’importance des changements de mode de vie.

Longtemps considérée comme une maladie liée au vieillissement, l’hypertension artérielle reste aujourd’hui l’un des principaux problèmes de santé dans le monde. Cette affection se caractérise par une pression trop élevée du sang dans les vaisseaux sanguins. Si elle peut sembler banale, elle constitue pourtant un facteur majeur de complications cardiovasculaires graves.

Selon le cardiologue Dr Yanish Purmah, l’hypertension demeure très fréquente à Maurice. « La prévalence de l’hypertension à Maurice est d’environ 35 %, ce qui signifie qu’un Mauricien sur trois est susceptible d’être concerné par cette maladie », a-t-il indiqué.

Le médecin souligne également que cette pathologie contribue au développement de nombreuses complications médicales telles que les accidents vasculaires cérébraux, les infarctus, l’insuffisance cardiaque, les maladies rénales ou encore certaines atteintes oculaires. « Chez les patients victimes d’un infarctus aigu du myocarde, jusqu’à 60 % présentent des antécédents d’hypertension », a expliqué le cardiologue.

Une maladie souvent silencieuse

L’une des difficultés avec l’hypertension est qu’elle évolue fréquemment sans provoquer de symptômes. C’est d’ailleurs ce qui lui vaut souvent le surnom de « silent killer » ou tueur silencieux.

« L’hypertension ne provoque souvent aucun symptôme. Cependant, lorsque la tension reste très élevée pendant longtemps, certaines personnes peuvent ressentir des maux de tête, des troubles de la vision, des douleurs thoraciques, un essoufflement ou parfois des saignements de nez », a précisé le Dr Yanish Purmah.

Le spécialiste insiste ainsi sur l’importance d’un dépistage régulier, notamment après 40 ans. « Il est raisonnable de vérifier sa tension artérielle régulièrement, au moins une fois par an après l’âge de 40 ans, afin de diagnostiquer la maladie précocement et prévenir les complications », a-t-il ajouté.

Plusieurs facteurs de risque

Dans la majorité des cas, il n’existe pas de cause précise expliquant l’apparition de l’hypertension. Le cardiologue explique toutefois que plusieurs facteurs augmentent les risques de développer cette maladie.

L’âge, les antécédents familiaux, le surpoids, le manque d’activité physique, la consommation excessive de sel, le tabagisme et l’alcool figurent parmi les principaux facteurs de risque.

« La plupart des cas d’hypertension sont dits idiopathiques, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de cause clairement identifiée. Mais certains éléments augmentent fortement le risque », a expliqué le médecin.

Dans environ 10 % des cas, l’hypertension peut aussi être liée à des maladies spécifiques, notamment des maladies rénales ou hormonales. Les personnes souffrant d’apnée du sommeil sont également davantage exposées.

Le rôle essentiel du mode de vie

La prise en charge de l’hypertension repose à la fois sur les changements d’habitudes de vie et sur les traitements médicamenteux. Le Dr Yanish Purmah insiste particulièrement sur l’importance de l’alimentation et de l’activité physique.

« La réduction du poids peut diminuer significativement la tension artérielle. Une alimentation plus équilibrée, riche en fruits et légumes et pauvre en aliments salés ou ultra-transformés, est essentielle », a-t-il souligné. Le spécialiste recommande également au moins 150 minutes d’exercice modéré par semaine.

« L’exercice régulier peut réduire la pression artérielle systolique de plusieurs millimètres de mercure », a indiqué le cardiologue. La consommation excessive d’alcool doit également être réduite et l’arrêt du tabac est fortement conseillé chez les patients hypertendus.

Des traitements souvent nécessaires à long terme

Lorsque les mesures liées au mode de vie ne suffisent pas, un traitement médicamenteux peut être prescrit. Il existe plusieurs familles de médicaments antihypertenseurs.

Le choix du traitement dépend notamment de l’âge du patient, de son origine ethnique et de ses éventuelles autres maladies. Certains médicaments permettent de relaxer les vaisseaux sanguins, tandis que d’autres éliminent l’excès d’eau dans l’organisme.

« La majorité des patients ont besoin d’au moins deux médicaments pour contrôler correctement leur tension artérielle, et certains nécessitent même trois ou quatre traitements », a précisé le Dr Yanish Purmah. Le cardiologue rappelle aussi que ces traitements sont généralement pris à vie, sauf lorsqu’une cause précise de l’hypertension a pu être identifiée et traitée.

Un enjeu de santé publique

Pour le Dr Yanish Purmah, la sensibilisation reste essentielle. Le cardiologue rappelle qu’à l’échelle mondiale, près de 45 % des personnes hypertendues ignorent qu’elles souffrent de cette maladie.

« Nous devons renforcer la sensibilisation nationale autour de l’hypertension. Beaucoup de patients ne savent pas qu’ils sont hypertendus et parmi ceux diagnostiqués, seuls 20 à 25 % parviennent réellement à contrôler leur tension », a-t-il fait ressortir.

Le spécialiste insiste enfin sur l’importance des habitudes de vie dans la prévention à long terme. « Les mesures liées au mode de vie restent fondamentales et joueront toujours un rôle majeur dans la prise en charge de l’hypertension », a conclu le cardiologue.

Comment mesurer correctement sa tension ?

Aujourd’hui, la prise de tension artérielle est facilitée grâce aux appareils électroniques disponibles dans le commerce. Cependant, certaines précautions sont nécessaires afin d’obtenir des mesures fiables.

Le Dr Yanish Purmah recommande de rester assis calmement pendant au moins cinq minutes avant de prendre sa tension. La taille du brassard utilisé doit aussi être adaptée au bras afin d’éviter les erreurs de mesure.

Le cardiologue rappelle également que certaines personnes présentent une tension plus élevée lorsqu’elles se trouvent dans un environnement médical. Ce phénomène est appelé « white coat hypertension » ou hypertension de la blouse blanche. Dans ce cas, des mesures à domicile sur plusieurs jours peuvent être nécessaires pour confirmer le diagnostic.

Les nouvelles recommandations internationales

Les recommandations européennes récentes distinguent désormais trois catégories de tension artérielle : une tension normale, une tension dite « élevée » et l’hypertension proprement dite.

Selon ces recommandations, une tension supérieure à 140/90 mmHg correspond à une hypertension. Entre 120-139/70-89 mmHg, on parle désormais de tension élevée.

Les nouvelles recommandations encouragent désormais un meilleur contrôle de la tension artérielle. « De manière générale, l’objectif est d’obtenir une tension inférieure à 130/80 mmHg », a expliqué le cardiologue.

Le cardiologue explique que certaines personnes appartenant à cette catégorie intermédiaire peuvent nécessiter un traitement selon leur niveau de risque cardiovasculaire global.

Toutefois, chez certaines personnes âgées ou fragiles, des objectifs moins stricts peuvent être retenus afin d’éviter des effets secondaires comme les vertiges ou les malaises.

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