Ménopause : MenoWise organise un atelier ce dimanche 17 mai pour les couples

La ménopause ne concerne pas uniquement les femmes. C’est le message que souhaite faire passer MenoWISE à travers un atelier destiné aux couples, prévu le dimanche 17 mai à l’université Middlesex à Cascavelle. Pour Sabrina Quirin-Lecellier, fondatrice de MenoWISE, cette transition hormonale peut avoir des répercussions sur la relation de couple, la communication et l’intimité.
« Comprendre la périménopause et la ménopause à deux » : c’est le thème de cet atelier que MenoWISE organisera le dimanche 17 mai. Une initiative qui se veut avant tout un espace de dialogue entre partenaires autour d’un sujet encore peu abordé dans les couples.

Pour Sabrina Quirin-Lecellier, Menopause Health Practitioner/Menopause Doula, il est important de déconstruire certaines idées reçues. « D’abord, il faut démystifier l’idée que la ménopause est “une affaire de femmes”. Certes, cette transition hormonale est vécue par la femme. Toutefois, son impact ne se limite pas à elle seule, mais s’étend aussi à son entourage : son partenaire, sa famille… », a expliqué la fondatrice de MenoWISE.
Selon elle, le manque d’information autour de cette période de la vie peut entraîner des incompréhensions au sein du couple. « Sans une bonne compréhension de la ménopause, le partenaire ne peut soutenir pleinement sa conjointe. Il fera sa propre interprétation des changements qui s’opèrent chez celle-ci. Des malentendus surgiront, la communication sera affectée, tout comme les rapports intimes », a-t-elle indiqué.
Ateliers et sessions d’information
Depuis deux ans, MenoWISE accompagne des femmes périménopausées, ménopausées et post-ménopausées à travers des ateliers et des sessions d’information. Environ 200 femmes ont déjà participé aux différentes activités proposées par l’organisation.
Au fil des rencontres, Sabrina Quirin-Lecellier dit avoir constaté un besoin récurrent : celui d’impliquer davantage les hommes dans ces discussions. « Lors des récentes sessions d’information et de sensibilisation que j’ai animées, les femmes disaient d’elles-mêmes qu’elles auraient souhaité que leur époux reçoivent les mêmes explications, afin qu’ils puissent mieux comprendre ce par quoi elles passent. Je crois qu’il est grand temps d’ouvrir la conversation aux hommes », a-t-elle affirmé.
Parmi les difficultés les plus souvent évoquées par les participantes figurent les changements qui touchent la vie intime du couple. « Le déclin de la libido, la baisse du désir sexuel — souvent accentués par la fatigue et les inconforts vaginaux — modifient la qualité et la fréquence des rapports intimes. C’est une réalité dans de nombreux couples », a souligné Sabrina Quirin-Lecellier.
Elle estime que ces sujets restent encore difficiles à aborder, car ils touchent directement à l’intimité. « Les rapports sexuels s’estompent ou deviennent un acte qui ne relève plus du plaisir, mais d’une obligation. C’est une raison pour laquelle je parle toujours de la santé sexuelle et vaginale, sans tabou, dans mes interventions », a-t-elle ajouté.
Changements physiques et émotionnels
La fondatrice de MenoWISE rappelle aussi que la périménopause et la ménopause entraînent des changements physiques et émotionnels qui peuvent fragiliser l’équilibre du couple lorsqu’ils ne sont pas compris. « Lorsqu’on ne relie pas les changements émotionnels et physiques à la transition hormonale, on a tendance à “blâmer” la femme pour son attitude. On lui dira d’aller se faire soigner pour son stress ou sa nervosité, alors qu’il s’agit parfois d’une déficience œstrogénique », a-t-elle expliqué.
Elle évoque également certaines remarques qui peuvent affecter l’estime de soi des femmes concernées. « On lui fera remarquer qu’elle a grossi, vieilli… Ces remarques ne peuvent que la faire se sentir diminuée dans sa féminité, y compris au sein de son couple », a confié Sabrina Quirin-Lecellier.
L’atelier du 17 mai prendra donc la forme d’une conversation interactive. L’objectif sera de permettre aux femmes et aux hommes de poser leurs questions et d’échanger librement sur cette transition hormonale. « Cette interactivité vise à recueillir et à accueillir la parole des hommes et des femmes sur la périménopause, la ménopause et la post-ménopause », a précisé la Menopause Health Practitioner/Menopause Doula. Au-delà des aspects liés aux symptômes et aux traitements, les discussions porteront également sur la relation de couple durant cette période.
Avoir les bonnes informations
Au cours de ses deux années d’accompagnement, Sabrina Quirin-Lecellier dit avoir constaté que de nombreuses femmes recherchent avant tout des informations fiables. « Le premier besoin, et le plus important, c’est d’avoir les bonnes informations sur la ménopause. Nous sommes inondés de toutes sortes de contenus en ligne sur le sujet. Malheureusement, il est difficile pour de nombreuses femmes de faire le tri », a-t-elle expliqué.
Elle met aussi en garde contre certaines solutions présentées comme universelles. « Il est essentiel de comprendre qu’en matière de ménopause, il n’existe pas de solution “one size fits all”. Beaucoup se laissent séduire par des produits au marketing agressif, remplis de promesses censées atténuer certains symptômes », a-t-elle fait ressortir.
Au-delà des informations médicales, elle estime que les femmes ont également besoin d’écoute et de compréhension. « Les femmes témoignent du soulagement qu’elles ressentent en pouvant s’exprimer librement, tout en obtenant des réponses à leurs nombreuses questions », a-t-elle affirmé.
MenoWISE ne limite pas ses interventions à la santé hormonale. L’organisation a déjà abordé des thèmes comme la santé vaginale, la sexualité ou encore la ménopause en entreprise. Elle a également collaboré récemment avec l’ONG PILS dans le cadre de programmes communautaires sur la ménopause.
La femme mauricienne sur tous les fronts
Pour Sabrina Quirin-Lecellier, la ménopause doit être abordée dans toutes les sphères de la vie quotidienne. « La ménopause est un sujet qui requiert une approche holistique, car cette phase de la vie d’une femme peut profondément impacter son bien-être », a-t-elle indiqué.
Elle souligne aussi que les femmes mauriciennes cumulent aujourd’hui de nombreuses responsabilités. « La Mauricienne occupe une place centrale au sein de son foyer et de la société. Elle est professionnelle, entrepreneure, gère sa famille et s’occupe parfois de ses parents âgés. Elle est sur tous les fronts », a-t-elle expliqué.
Selon elle, cette transition survient souvent à un moment charnière de la vie personnelle ou professionnelle des femmes. « Être ménopausée ne signifie pas faire le deuil de sa sexualité. Il est essentiel d’aborder la ménopause de manière globale, en tenant compte de ses dimensions physiques, émotionnelles, sociales et professionnelles », a conclu Sabrina Quirin-Lecellier.




