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[Allô Docteur] Les troubles du sommeil ne doivent pas être banalisés

Les troubles du sommeil ne sont pas une fatalité mais il ne faut pas les banaliser. Si le problème persiste, il est important de consulter un professionnel de la santé pour éviter qu’il n’empire. C’est ce qu’a expliqué Dr (Mme) Nusrat Suffee, psychiatre à l’hôpital Dr A. G. Jeetoo, lors de l’émission Allô docteur de Radio Plus, dans le contexte de la Journée du sommeil qui a été observée le vendredi 13 mars.

30% de la population ont dû connaître un trouble du sommeil à un moment ou un autre de sa vie. Même s’il est récurrent chez certaines personnes, ce phénomène n’est toutefois pas une fatalité ont affirmé  Dr (Mme) Nusrat Suffee, psychiatre à l’hôpital Dr A. G. Jeetoo, et Dr (Mme) Ridwana Timol, neuropsychologue dans le privé. Elles étaient au micro de Caroline et Jean-Marie lors de l’émission Allô docteur de Radio Plus.

Selon la psychiatre, les troubles du sommeil sont la conséquence d’autres facteurs qu’il faut traiter. Elle ajoute : « Si c’est en conjonction avec un trouble psychiatrique, il est important de pouvoir le traiter car la personne peut commettre l’irréparable. Il faut en parler le plus rapidement possible et chercher de l’aide. »

La neuropsychologue recommande de ne pas s’alarmer. « Nous sommes tous sujet à des troubles du sommeil à un certain moment mais ils deviennent un problème lorsque cela persiste et qu’ils engendrent une incapacité de dormir sur plus de deux semaines ou des années a-t-elle fait ressortir. Ce qui nécessite alors le soutien d’un professionnel de santé afin de trouver une solution. » Selon elle, il existe des troubles du sommeil comme l’apnée du sommeil qui peut nuire à la santé respiratoire et cardiovasculaire. Il faut alors faire un diagnostic précis et soigner de façon adéquate. « En toute circonstance, il faut en parler à un professionnel de santé afin d’identifier l’origine du problème. »

L’insomnie

L’insomnie est le trouble du sommeil le plus connu et le plus fréquent. Il se caractérise par le fait qu’on ne dort pas suffisamment. Mais une personne n’est pas considérée comme insomniaque si elle n’a pas assez dormi une nuit ou deux. D’après la Dr Suffee, une personne est considérée comme souffrant de l’insomnie quand elle ne dort pas pendant trois jours dans une semaine pendant un mois. La personne peut avoir de la difficulté à trouver le sommeil ; se réveiller plusieurs fois pendant la nuit ou se réveiller vers 3 ou 4 heures du matin et ne pouvant se rendormir par la suite. Au final cela aura un impact sur sa vie personnelle et professionnelle dû, par exemple, à un manque de concentration. La psychiatre précise : « Ce trouble du sommeil est plus fréquent chez les femmes et les personnes âgées et il peut provenir de causes extérieures liées à son environnement ou des intérieures liées à des problèmes psychologiques ou émotionnelles. »

Les troubles du sommeil peuvent découler de l’anxiété et de la dépression. « Le sommeil et le désir de manger sont naturels, nous devons dormir et nous devons manger. Quand il y a un changement à ce niveau-là, c’est souvent en raison de la dépression qui signale que quelque chose cloche », a expliqué Dr Suffee. S’il faut une période d’observation d’un mois pour poser le diagnostic de l’insomnie, des moyens simples pour essayer de trouver le sommeil sont proposé entretemps, a souligné la psychiatre. Si les symptômes persistent, la prise de médicaments est recommandée.

Les différents cycles

Le sommeil comprend plusieurs cycles. Si un bébé peut dormir plus de 20 heures par jour, un adulte n’en a besoin que de six à huit selon le cycle normal. Cela diminue par la suite avec le vieillissement. Il y a plusieurs stages de sommeil : léger, début de l’approfondissement du sommeil et le mouvement rapide des yeux où si on soulève la paupière de la personne, on va voir son œil bouger frénétiquement. Un adulte qui dort bien fait quatre à cinq cycles de sommeil par nuit, de 100 minutes chacun. Ainsi 400 à 500 minutes équivalent à sept à huit heures de sommeil.

Il est possible de faire une sieste (power naps) de pas plus de 40 minutes pendant la journée afin de booster l’organisme. Il est souvent recommandé de le faire après le déjeuner. Cela permet d’être mieux concentré car le corps aura récupéré de l’énergie. Il n’est pas recommandé de faire une sieste après 18 heures car on risque d’avoir du mal à trouver le sommeil pendant la nuit.

Conseils pour bien dormir

Si une personne éprouve du mal à dormir, il est préférable d’éviter les siestes pendant la journée, les lumières vives ou la lumière bleue des écrans (télévision, tablette, portable) le soir et le bruit avant d’aller au lit. Il faut essayer de mettre son corps dans un état de relaxation pour inciter le sommeil. La caféine et les boissons alcoolisées sont proscrites également tout comme un repas trop copieux le soir. Il faut adopter la même routine car cela aide à trouver le sommeil, et éviter de décaler l’heure du sommeil au-delà d’une heure.

Dr Ridwana Timol préconise le ‘Cognitive behaviour for insomnia’ où le patient décrit son profil afin de cerner si son problème est affectif ou psychologique, métabolique ou hormonal… À partir de là, on définit un programme et un protocole basés sur la vie personnelle de la personne afin qu’elle retrouve une routine normale. C’est la méthode la plus efficace sans médicaments pour traiter l’insomnie.

Journée du sommeil

La Journée du sommeil, qui est à sa 20e édition cette année, vise à sensibiliser la population sur l’importance de bien dormir et d’attirer son attention sur les conséquences d’une mauvaise nuit et contribuer à prévenir et traiter les troubles du sommeil.

Selon Dr (Mme) Nusrat Suffee, le sommeil occupe un tiers de la vie d’une personne. Ainsi une personne de 60 ans a passé 20 ans de sa vie à dormir. La Journée du sommeil vise aussi à rappeler les bienfaits du sommeil. Une personne qui a bien dormi est fraîche et dispos pour affronter la journée et s’adonner à ses activités.

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