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La maladie de Parkinson n’est pas une fatalité

Dès les premiers symptômes de la maladie de Parkinson, une bonne prise en charge peut contribuer à retarder ou à stabiliser l’évolution de la maladie. C’est ce qu’ont expliqué les invités de Caroline dans l’émission Allô Docteur sur les ondes de Radio Plus.

La maladie de Parkinson est la diminution d’un certain nombre de neurones. Cela affecte la motricité du patient. « Il y a deux aspects de la maladie de Parkinson : moteur (mouvements incontrôlés au repos et raideur du corps) et non-moteur (troubles de sommeil, angoisse, constipation et fatigue dans certains cas) », a expliqué le Dr Mohamed Afzal Curimbacus, neurologue qui exerce dans le privé. Le docteur a souligné que la personne peut aussi subir des effets secondaires de la maladie en raison des médicaments qu’il doit prendre afin de stabiliser son état.

La maladie de Parkinson est liée au vieillissement. Selon le neurologue, avec la population vieillissante, il est évident que le nombre de cas de la maladie va augmenter. Actuellement, elle touche 3 % de la population de plus de 60 ans et 4 % de ceux qui sont âgés de plus de 80 ans ont le risque d’avoir la maladie. En général, les premiers symptômes de la maladie peuvent se manifester entre 50 et 60 ans. Cependant, ceux qui ont été exposés aux facteurs de risque tels que les pesticides ou herbicides peuvent avoir le Parkinson avant l’âge de 50 ans. La maladie peut aussi être due au facteur héréditaire. Mais, sa véritable cause est idiopathique, c’est-à-dire qu’elle n’est pas encore bien définie.

Les symptômes de la maladie de Parkinson sont des tremblements de la main au repos, une lourdeur et rigidité des membres, un changement dans la voix, un visage impassible entre autres. Les symptômes peuvent aussi être ressentis que sur une moitié du corps. Dans 70 à 80 %, le malade ne va pas remarquer ces changements. C’est son entourage qui peut les observer au fil du temps.

La maladie de Parkinson n’est pas à confondre avec celle de l’Alzheimer qui touche davantage le côté cognitif du patient. Cependant, les deux maladies sont liées au vieillissement. Les symptômes de Parkinson sont remarquables bien avant ceux de l’Alzheimer qui surviennent à un âge plus avancé. « L’Alzheimer n’est pas un trouble de mouvement mais un trouble cognitif. Lobe temporal (partie du cerveau s’étendant de chaque côté du crâne, en arrière des tempes situées derrière le lobe frontal et en-dessous du lobe temporal) peut être affecté et altérant ainsi la mémoire. La personne peut avoir des pertes de mémoire », a expliqué le Dr Curimbacus. Le Parkinson peut aussi entraîner un trouble cognitif mais cela arrive avec le temps.

Si la maladie de Parkinson ne peut être prévenue, cependant une bonne hygiène de vie peut contribuer à diminuer les risques. Une alimentation saine et équilibrée, riche en antioxydant, oméga 3, calcium, vitamine D et B6, peut aider à réduire le risque de la maladie.

Prise en charge à ‘Joie de vivre universelle’

Le centre récréationnel ‘Joie de vivre universelle’ s’occupe de la prise en charge des patients souffrant de la maladie de Parkinson et de l’Alzheimer. Il accueille les patients de stages un et deux et propose diverses activités selon une approche holistique, a expliqué Uma Sooben, la présidente fondatrice de l’Organisation non-gouvernementale (ONG). Le centre propose des cours de théâtre, poterie, danse, yoga, tai-chi, activités en plein air et des jeux de société, entre autres. Toutes ces activités visent à retarder les effets de la maladie.

Selon l’ergothérapeute Rouhan Dilmahommed, « les différentes thérapies proposées par le centre ne peuvent arrêter les traitements médicamenteux. Les thérapies sont complémentaires et les exercices que nous proposons sont primordiaux », a-t-il expliqué. Il a aussi affirmé que des études ont démontré que des patients qui ont fait des exercices régulièrement pendant 30-45 minutes ont développé une plus grande agilité. De plus, la maladie n’a pas évolué. L’ergothérapeute poursuit que ces exercices aident à ne pas augmenter la dose des médicaments. Selon lui, un patient souffrant de Parkinson aura besoin de prendre plus de médicaments avec l’évolution de sa maladie.

Le centre va bientôt proposer un encadrement des patients de stage trois. L’ergothérapeute reconnaît qu’au fur et à mesure que la maladie progresse, il est de plus en plus difficile pour la famille d’encadrer convenablement le patient.

Cinq stages de la maladie

La maladie de Parkinson comprend cinq stages : un à cinq.

  1. Lors du premier stage de la maladie, le patient demeure encore fonctionnel et autonome.
  2. Au stage deux de la maladie, les mouvements du patient sont plus lents. Il a plus de difficultés à effectuer les mouvements.
  3. Au stage trois, le patient peut perdre l’équilibre et faire de petits pas en marchant. Il a aussi des difficultés pour amorcer un tournant, ce qui peut le faire tomber.
  4. Au stage quatre, le patient ne peut plus s’occuper de lui et dépend beaucoup de ses médicaments.
  5. Au stage cinq, la maladie a bien progressé et le patient peut demeurer alité et perdre toute son autonomie. Il peut aussi souffrir d’hallucination et de démence et avoir des difficultés pour déglutiner.

Il est à noter que les personnes souffrant de Parkinson ont la même espérance de vie qu’une personne qui n’est pas malade.

Traitements médicamenteux et thérapeutiques

La maladie de Parkinson nécessite la prise de certains médicaments. Le traitement initial est d’augmenter la quantité de dopamine dans le cerveau. La dopamine va agir sur les récepteurs du cerveau. Ce qui aidera à régler le problème des effets moteurs de la maladie et ainsi améliorer l’état de santé du patient. Il y a d’autres médicaments appelés agonies, réservées aux plus jeunes patients, qui vont stimuler les récepteurs du cerveau directement.

Il y a aussi des traitements non-pharmacologiques avec des mouvements et activités physiques réguliers. Cela peut contribuer à stabiliser ou à atténuer les effets de la maladie, permettant au patient d’être autonome le plus longtemps possible. Ces sessions de thérapie, avec des ergothérapeutes et physiothérapeutes, entre autres, sont proposées principalement à ceux qui sont au stage un et deux de la maladie.

Les effets non-moteur de la maladie (insomnie, angoisse et dépression, constipation et fatigue peuvent être liés aux effets secondaires des médicaments ou à la maladie) doivent être pris en considération. Avec le temps, d’autres troubles de perception, des hallucinations ou encore un début de démence avec les facultés cognitives vont être affectées. Là également, il y a des traitements avec des médicaments. Il est important que les patients fassent un suivi médical régulier. Tout changement doit être notifié au médecin.

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