Intervention par césarienne : Est-elle risquée pour les femmes enceintes ?

Maurice fait partie des pays dont le taux de césarienne reste assez élevé. Le Dr Farah Bolaky, gynécologue et obstétricienne à la Clinique Darné, tient à rassurer le public en ce qui concerne des risques et des dangers lors de cette délicate intervention.
À Maurice, le nombre de césariennes n’a cessé de croître depuis ces 10 dernières années. Selon les chiffres de l’Annual Health Statistics Report 2017, il faut compter une hausse de 47,9 % dans les hôpitaux publics et de 57,9 % dans les cliniques privées. Mais le Dr Farah Bolaky tient à rassurer que « la césarienne est une intervention très sûre. D’ailleurs, c’est l’intervention chirurgicale la plus pratiquée dans le monde. Cependant, l’indication doit être bien posée ».
La césarienne est une opération chirurgicale qui consiste à extraire le nouveau-né de l’utérus de sa mère lorsque l’accouchement par voie naturelle est impossible ou difficile. Cet acte, généralement pratiqué sous anesthésie locorégionale, consiste à pratiquer une incision dans le bas-ventre par laquelle l’obstétricien retire l’enfant. La césarienne peut être programmée en cas de difficulté prévisible ou alors s’inscrire dans une situation d’urgence, décidée au cours du travail. Il est bon de savoir qu’il existe plusieurs types de césarienne.
On retrouve la césarienne « extra-péritonéale » qui n’est effectuée que lorsque l’accouchement a été programmé. Cela demande une formation complémentaire de l’obstétricien et un investissement de toute l’équipe, mais tout le monde est gagnant, humainement et économiquement. « Au-delà de l’aspect technique, la césarienne extra-péritonéale est plus avantageuse, car la femme participe activement à son accouchement et les suites de couches sont plus simples et faciles », souligne-t-elle.
Cette césarienne est indiquée aux femmes avant même qu’elles n’entrent en travail. Le médecin devra vérifier si l’accouchement risque d’être difficile ou dangereux ou si la femme est sujette à des problèmes médicaux.
LA RUPTURE UTÉRINE
Toutefois, le Dr Bolaky fait ressortir que, comme pour toute intervention, il y a un tout petit risque de complications liées soit à la chirurgie soit à l’anesthésie. « Les résultats cliniques montrent que le risque est presque double pour les femmes ayant accouché par césarienne par rapport aux femmes ayant accouché par voie vaginale. Le risque est multiplié par trois pour les femmes après 35 ans. »
Enfin, elle ajoute que les risques à long terme de la césarienne sont sous-estimés ou méconnus. « La rupture utérine est une complication rare, mais dramatique avec un risque élevé d’anémie, d’infection maternelle, de mort périnatale ou de handicap moteur cérébral. » La césarienne n’est donc pas une option, car quelques fois, le médecin doit sauver la mère et/ou le bébé. « Il faut que la femme aussi comprenne que dans certains cas, on ne peut accoucher normalement par voie basse après une première césarienne, mais souvent en raison de la cicatrice sur l’utérus, beaucoup de médecins ne prennent le risque et proposent une deuxième césarienne. »




