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Abus sexuel : comment surmonter ce traumatisme ?

L’abus sexuel est souvent la cause de traumatisme pour les victimes laissant des séquelles à long-terme. Le psychologue clinicien Laurent Baucheron de Boissoudy donne ses conseils pour surmonter un abus sexuel.

Surmonter un traumatisme tel qu’un abus sexuel, nécessite courage et persévérance. Il laisse souvent une empreinte profonde chez les victimes. Par abus sexuel, on entend « toute utilisation du corps d’un enfant pour le plaisir d’une personne plus âgée que lui, quelles que soient les relations entre eux et même sans contrainte ni violence », selon le psychologue clinicien Laurent Baucheron de Boissoudy. Cette définition montre bien que l’abus sexuel ne se réduit pas à des activités impliquant uniquement les organes génitaux, mais bien le corps entier.

Le psychologue clinicien Laurent Baucheron de Boissoudy
Le psychologue clinicien Laurent Baucheron de Boissoudy.

L’agression sexuelle peut aussi être visuelle, montrer, regarder… ou par la parole, car des mots et des phrases sont parfois aussi blessants que les actes. Les séquelles psychologiques d’une agression sexuelle sont multiples. Chez l’enfant, elles seront l’altération de sa confiance envers les adultes, mais aussi envers toutes les personnes qu’il soupçonnera d’être des éventuels agresseurs, ainsi qu’une fragilisation de sa propre confiance en soi. « La victime d’une agression sexuelle développe souvent une inhibition, c’est-à-dire un repli sur soi. Elle peut aussi développer de l’agressivité et de la violence », explique le psychologue.

La peur

Lorsqu’elles deviennent adultes, les personnes qui ont été victimes d’une agression sexuelle ou qui ont été abusées rencontrent généralement un trouble au niveau de leur sexualité. Le souvenir traumatique est inscrit à la fois dans la tête sous forme d’images, dans le cœur sous forme d’émotions, notamment la peur, de colère et de tristesse et enfin dans le corps qui aura du mal à se détendre et à apprécier les contacts physiques. Il est important qu’une victime d’agression sexuelle soit encadrée. Ainsi, Laurent Baucheron recommande d’entreprendre une psychothérapie holistique, c’est-à-dire une psychothérapie qui prendra en compte les dommages réalisés au niveau du mental, de l’esprit, mais aussi des émotions et du corps de la victime.

« Les principes de base pour encadrer une victime d’agression sexuelle sont simples. La première chose à faire est de mettre la personne en confiance. Pour cela, il s’agit d’adopter une attitude basée sur la disponibilité et la bienveillance : écouter, ne parler que pour encourager l’autre à continuer de partager, ne pas juger et émettre d’opinion trop tranchée. Il faut aussi expliquer à la personne qu’elle est en train de souffrir, qu’elle a besoin d’aide et qu’il existe des solutions pour se guérir. » Malgré le soutien psychologique et physique de la victime par des professionnels et des proches, les séquelles restent souvent à vie.

« Une expérience traumatisante est d’être enregistrée dans l’inconscient de la personne. Il s’agit donc d’entreprendre un travail thérapeutique qui permettra ce qu’on appelle la résilience : donner du sens. » Se guérir d’un abus sexuel est un chemin délicat et douloureux qui passe par plusieurs étapes. Il existe des associations spécialisées pour ce genre d’accompagnement. L’aide des professionnels est indispensable, afin d’avancer tout en étant encadré par quelqu’un qui n’est pas sous l’emprise de ses émotions.

Qu’appelle-t-on un abuseur ?

Un abuseur est celui qui a autorité sur une autre personne, que ce soit un enfant, une personne handicapée ou plus faible que lui et qui abuse de son corps, ceci de multiples manières, soit par des attouchements, soit en ayant des rapports sexuels, soit en forçant l’autre à avoir des actes sexuels sur sa propre personne.

Pyschologue – Clinicien

Laurent Bûcheron de Boissoudy, psychologue clinicien, est membre de la Société des Professionnels en Psychologie (SPP). Il travaille dans une école pour enfants à besoins spéciaux, Ruth School à Rose-Hill et à l’ONG Open Mind qui assure la prise en charge thérapeutique d’enfants et d’adultes en souffrance à partir d’ateliers d’art thérapie. Il vient de rejoindre l’équipe thérapeutique du Centre Chrysalide qui œuvre pour la réhabilitation des femmes victimes de violences domestiques ou qui souffrent d’addiction.

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