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Stévia : une alternative plus saine que le sucre raffiné ?

Le stévia est un édulcorant provenant des feuilles de la plante de stévia, cultivée depuis des centaines d’années au Paraguay et au Brésil. Au fil des années, le stévia s’est fait une place sur le banc des aliments santé, apparaissant comme une alternative plus saine au sucre blanc. Mais est-il réellement meilleur pour la santé ? Le point avec Vasambal Manikkam, Dr. en sciences des aliments et nutrition.

Qu’est-ce que le stévia ?

Connu comme la plante la plus sucrée au monde, le stévia fait partie de la famille des édulcorants non nutritifs. Ces derniers sont des substituts aux édulcorants nutritifs et contiennent très peu, voire aucune calorie. Comme ils sont beaucoup plus doux que le sucre de canne, une toute petite quantité est nécessaire pour sucrer ses boissons ou ses gâteaux. D’ailleurs, le stévia est 250 à 300 fois plus sucré que le sucre de canne. On le trouve dans nos supermarchés et autres épiceries sous forme de poudre, de mini pastilles et même à l’état liquide. Cet édulcorant a le même goût que le sucre classique, à la différence qu’il peut laisser parfois un arrière-goût un peu amer.

Quels sont les avantages du stévia pour la santé ?

feuille de stéviaLe stévia présente plusieurs avantages d’un point de vue santé. Le premier est bien évidemment sa très faible teneur en calorie. Attention, toutefois à bien lire les étiquettes pour ne pas tomber dans l’excès, car selon les marques, la concentration en stévia peut être plus ou moins élevée. En général, une petite pastille suffit pour atteindre le goût recherché.

D’autre part, le fait qu’il ne fournit aucune énergie et qu’il soit entièrement éliminé par l’organisme peut expliquer pourquoi il n’a pas d’effets sur le taux de glucose et qu’il possède bien moins de calories que le sucre classique. Cependant, Vasambal Manikkam nous met en garde : “Il faut garder à l’esprit que le stévia n’est en aucun cas une solution pour traiter ou inverser le prédiabète, le diabète de type 2 et/ ou l’obésité”. En effet, le meilleur remède reste d’adopter une alimentation équilibrée, de boire beaucoup d’eau et de marcher au moins 15 à 30 minutes par jour.

Enfin, il peut être intéressant de l’utiliser en cuisine à la place du sucre, notamment pour les pâtisseries puisque pour l’équivalent d’une tasse de sucre, il suffit d’un quart de tasse, voire moins, de poudre de stévia.

Quels sont les effets négatifs du stévia ?

Même si le stévia est perçu comme une alternative plus “saine” et naturelle au sucre de table, cela ne veut pas dire qu’il faut en consommer plus et souvent pour autant. D’autant plus que le stévia est très rarement proposé sous sa forme naturelle. En effet, pour être sous forme de poudre ou de pastilles, il est transformé par des procédés chimiques.

D’ailleurs, les seniors ayant des problèmes de santé comme l’hypertension, le diabète, ou d’autres maladies et qui sont sous traitement devraient toujours demander l’avis d’un médecin avant d’opter pour le stévia. Certaines interactions entre l’édulcorant et les médicaments pourraient survenir et occasionner des complications. Il faut aussi prendre en considération que chaque individu a son propre métabolisme, ce qui marche pour une personne peut ne pas fonctionner pour une autre.

D’autre part, certains effets secondaires ont été relevés chez les personnes âgées, tels que des ballonnements, des maux d’estomac ou encore des nausées. Et des études ont révélé que l’édulcorant avait des incidences sur la flore intestinale et pouvait potentiellement interagir avec le système immunitaire, rendant les seniors plus vulnérables aux infections.

Enfin, les substituts du sucre comme le stévia sont souvent beaucoup plus chers que le sucre de canne brut ou raffiné. Et quand on sait que le corps a besoin de sucre (saccharose) pour bien fonctionner, a-t-on réellement besoin de remplacer le sucre par un édulcorant ? Lorsque le sucre est consommé avec modération, il n’affecte pas la santé. Surtout que la plupart des aliments que nous consommons quotidiennement nous en fournissent déjà suffisamment (fruits, légumes, pâtes, riz, pain, biscuits, gâteaux, ketchup, etc.). De plus, l’OMS recommande un apport en sucre équivalent à 50 g par jour pour un adulte, c’est-à-dire moins de 13 cuillérées à café. Et pour une meilleure santé, l’organisation préconise 6 cuillères à café par jour. Le problème vient de ce que nous consommons en plus comme les sodas, les aliments transformés et les jus de fruit. Ce n’est donc pas nécessairement le sucre de table qu’il faut pointer du doigt.

Finalement, le plus important est de garder un œil sur son régime alimentaire. S’il contient trop de sucre, peut-être faut-il simplement le réduire. Mais s’il fallait faire un choix, mieux vaut tout de même privilégier le stévia que les édulcorants artificiels.

Diabète et sucre, sont-ils vraiment incompatibles ?

Il est important de comprendre que les édulcorants artificiels ou naturels comme le stévia ne sont pas nécessaires pour contrôler le diabète. En effet, les diabétiques peuvent très bien utiliser du sucre de table, de préférence non raffiné, pour sucrer leurs aliments s’ils en ont besoin. Il suffit de l’utiliser avec parcimonie. Par exemple, on peut très bien tartiner ses tranches de pain avec une petite cuillère de confiture. Ce conseil n’est pas uniquement valable pour les diabétiques. Le sucre de table n’est pas dangereux pour la santé quand il est consommé avec modération. « Ce qu’il faut à tout prix éviter, ce sont les sucres ajoutés, ceux que l’on retrouve principalement en grande quantité dans les aliments transformés de nos supermarchés », indique Vasambal Manikkam.

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