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[Cancer] Le « juste soin » : entre dépistage responsable et accompagnement humain

Le mois de février est marqué par plusieurs initiatives de sensibilisation à la lutte contre le cancer, notamment autour du 4 février, date consacrée à la promotion de la prévention, du dépistage et d’une prise en charge adaptée. Dans ce contexte, la Clinique Ferrière de Bon Secours met en lumière sa philosophie du « juste soin », une approche qui vise à proposer des décisions médicales mesurées, tout en plaçant le patient au cœur du parcours de soins.

Dans cette dynamique de sensibilisation, la Clinique Ferrière de Bon Secours met en avant son engagement en faveur d’un dépistage responsable et d’une prise en charge centrée sur la personne. Cette orientation s’inscrit notamment dans le thème 2025–2027 « Unis par l’Unique » et rejoint la philosophie du « juste soin » défendue au quotidien par l’équipe médicale, qui vise à adapter chaque décision thérapeutique à la situation et aux besoins spécifiques du patient.

Le « juste soin » : c’est quoi ? L’approche du « juste soin » vise à éviter aussi bien la surmédicalisation que la sous-médicalisation, tout en plaçant le patient au cœur des décisions qui concernent sa santé, dans un climat de confiance et de dialogue. Et la direction de la Clinique Ferrière précise que cette approche repose sur une conviction essentielle : « chaque patient est unique et mérite une prise en charge adaptée à sa situation, plutôt qu’un protocole appliqué de manière systématique. » Concrètement, le « juste soin » se traduit par des décisions médicales raisonnées et fondées sur l’écoute. Il s’agit de proposer ce qui est réellement utile, ni trop, ni trop peu, en tenant compte des besoins de chaque patient.

Le dépistage : une arme redoutable contre le cancer

Le dépistage précoce joue un rôle clé dans la lutte contre le cancer. Détecter la maladie à un stade précoce permet d’augmenter significativement les chances de guérison et de limiter le recours à des traitements lourds. Détectés tôt, les cancers les plus fréquents à Maurice sont traitables.

En effet, à Maurice, le fardeau du cancer n’a cessé de s’alourdir au cours des deux dernières décennies. Le nombre de cas a plus que doublé, passant de 1 394 en 2001 à 2 841 nouveaux cas en 2023, selon les données du Mauritius National Cancer Registry. Cette évolution souligne l’importance d’une approche renforcée en matière de prévention, de dépistage et de prise en charge adaptée selon la directrice de la clinique, Stéphanie Raghoonauth.

Parmi les cancers les plus fréquemment diagnostiqués à Maurice, le cancer du sein arrive en tête chez les femmes, avec un taux de 65,7 cas pour 100 000 femmes par an, suivi des cancers du côlon, du rectum et de l’anus (15,5 cas pour 100 000 femmes). Chez les hommes, le cancer de la prostate est le plus répandu, avec 23,4 cas pour 100 000 hommes par an, suivi également par les cancers colorectaux (18,5 cas pour 100 000 personnes).

Ces cancers font justement partie de ceux pour lesquels un dépistage ou une détection précoce, lorsqu’ils sont menés de manière pertinente et adaptée, peuvent améliorer significativement le pronostic. « Détectés à un stade précoce, ils sont souvent plus faciles à traiter et permettent, dans de nombreux cas, de limiter le recours à des traitements lourds, en cohérence avec l’approche du juste soin défendue par la Clinique Ferrière », indique-t-elle.

Dépister avec justesse

Dans le cadre du processus de dépistage lui-même, cette approche se traduit par une volonté claire : accompagner les patients de manière juste et progressive, en privilégiant leur bien-être et leur sécurité. « Les médecins de La Clinique Ferrière de Bon Secours encouragent ainsi l’auto-surveillance et le recours à des examens de première intention, plus légers et moins invasifs, avant d’envisager des investigations plus lourdes », fait-on comprendre.

Les deux docteures, Dr Maëva l’Enclume et Dr Anne-Sophie Jérôme.

Par exemple, selon les antécédents du patient et son historique familial, une échographie mammaire pourra être prescrite en première intention pour le dépistage du cancer du sein, plutôt qu’une mammographie. De même, pour le cancer colorectal, le dépistage débute par la recherche de sang dans les selles, laquelle permettra de déterminer la nécessité de recourir à une colonoscopie.

« Parce qu’il n’existe pas de parcours unique face au cancer, notre équipe médicale privilégie une approche individualisée à chaque étape du dépistage. Nos médecins prennent donc le temps d’écouter les patients, de connaître leurs antécédents et leurs facteurs de risque mais aussi leurs préoccupations et leurs ressentis », ajoute-t-elle.

Consciente que le dépistage peut être une étape anxiogène, l’équipe médicale de la clinique accorde aussi une importance particulière à l’accompagnement humain selon la directrice. Ainsi, les patients sont entourés par des équipes attentives qui les soutiennent à chaque étape du parcours. « Informer et dialoguer sont des éléments essentiels pour permettre au patient de comprendre les décisions médicales et d’y consentir de manière éclairée », insiste-t-elle.

L’Unité de Soins Palliatifs : Un pilier du « juste soin »

Dans cette approche du « juste soin », l’unité dédiée au soulagement des symptômes occupe une place centrale. Elle s’inscrit dans la logique du thème « Unis par l’Unique » en mettant l’accent sur une prise en charge adaptée.

Entièrement pensée autour des besoins spécifiques des patients, cette unité vise à soulager les symptômes liés à la maladie ou aux traitements, à améliorer le confort, à préserver la qualité de vie et à offrir une écoute attentive et bienveillante à chaque étape du parcours de soins.

Portée par une approche pluridisciplinaire, cette unité traduit une conviction : prendre soin ne se limite pas à traiter une pathologie, mais consiste avant tout à accompagner la personne dans toute sa singularité. « Elle reflète également l’engagement de la clinique à privilégier une prise en charge respectueuse, centrée sur la qualité de vie du patient, en évitant toute démarche thérapeutique disproportionnée, y compris lorsque la médecine curative atteint ses limites », fait ressortir la directrice.

Questions à Stéphanie Raghoonauth, directrice générale de la Clinique Ferrière de Bon Secours

Stéphanie Raghoonauth, directrice générale de la Clinique Ferrière de Bon Secours.
  • En quoi le thème « Unis par l’Unique » résonne-t-il particulièrement avec la vision de la Clinique Ferrière de Bon Secours ?

Ce thème fait vraiment écho à notre vision du soin. À la Clinique Ferrière de Bon Secours, nous considérons chaque patient comme une personne unique, et non comme un numéro. Chacun a son histoire, ses besoins, ses valeurs, sa manière de vivre la maladie. Certains patients sont seuls, d’autres entourés de leur famille ; certains prennent eux-mêmes les décisions qui les concernent, tandis que d’autres préfèrent s’en remettre à leurs proches.

Cette approche est encore plus marquée en soins palliatifs. Face à cette diversité de situations, nous nous mobilisons collectivement en mettant en commun les compétences de tous : soignants, médecins traitants et spécialistes. Cette collaboration permet une prise en charge globale, respectueuse de l’unicité de chaque patient.

Les infirmiers jouent notamment un rôle clé en recueillant des informations précieuses sur le vécu du patient, afin d’aider les médecins à ajuster au mieux les traitements.

  • Comment ce principe se traduit-il concrètement dans la prise en charge des patients atteints de cancer au quotidien ?

Chez nous, chaque patient est pris en considération dans toute son unicité. Dans le cadre du dépistage, cela signifie comprendre ses antécédents, ses angoisses, et l’accompagner à chaque étape. Nous souhaitons exercer une médecine de proximité : nous connaissons nos patients et ils nous connaissent. Nous encourageons l’auto-surveillance, et les patients n’ont pas peur de venir nous voir lorsqu’il y a quelque chose qui les inquiète.

Lorsqu’ils viennent consulter, nous ne nous précipitons pas pour leur prescrire les traitements les plus coûteux ou les plus invasifs. Nous avançons de manière progressive, en fonction des possibilités du patient et de ses besoins réels.

En soins palliatifs, la prise en charge du cancer repose sur une approche pluridisciplinaire. Les choix de traitement sont discutés entre différents spécialistes, mais les besoins et les souhaits du patient restent centraux dans tout ce que nous faisons. C’est le patient que nous écoutons en priorité. C’est ainsi que nous travaillons au sein de l’unité de soins palliatifs.

  • En quoi la qualité de vie et le confort du patient sont-ils, selon vous, des enjeux essentiels de la prise en charge du cancer ?

Les traitements contre le cancer sont souvent très agressifs et peuvent entraîner de nombreux effets secondaires : douleurs, inconforts, nausées, mais aussi une forte angoisse dès le début du parcours de soins. Nous savons que le mental joue un rôle essentiel dans le combat contre la maladie.

Notre rôle est donc aussi d’améliorer la qualité de vie des patients. En soins palliatifs, nous intervenons pour améliorer leur confort tout au long du traitement, mais également pour prendre en charge certaines complications, comme les plaies. Nous pouvons intervenir à tout moment afin d’aider à préserver, autant que possible, la qualité de vie du patient.

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