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Thyroïde : les seniors plus concernés par les dérèglements

Les dérèglements de la thyroïde peuvent rendre la vie des seniors difficile avec plusieurs complications de santé, dont le risque d’un cancer de la thyroïde. Le gynécologue Chandra Ramdaursingh nous en dit plus.

Située à la base du cou, la thyroïde est un organe en forme de papillon et dont la fonction est essentielle pour le corps. Il s’agit, plus précisément d’une glande endocrine dont le rôle principal est la fabrication d’hormones, notamment la T3 et T4. Cet organe, comme toutes les autres parties du corps, est aussi affecté avec l’âge.

Ces deux hormones ont l’iode comme l’un de leurs composants indispensables. De plus, la quantité d’hormones produites par la thyroïde est également contrôlée par d’autres glandes, dont l’hypothalamus et l’hypophyse, situés dans le cerveau. Lors de cette fabrication d’hormones, il se peut qu’il y ait des dérèglements.

« On constate deux types de dérèglements. Le premier est connu comme l’hypothyroïdie qui correspond à une insuffisance de production des hormones T3 et T4. Ensuite, il y a l’hyperthyroïdie qui, elle, est marquée par un ralentissement au niveau de la production de ces hormones », explique le gynécologue Chandra Ramdaursingh.

Dans le cas d’hypothyroïdie, on constate un état de fatigue quasi permanent, ainsi qu’une prise de poids, une sécheresse cutanée et la constipation. Pour ce qui est de l’hyperthyroïdie et qui correspond à un surplus hormonal, on retrouve certains signes, tels que l’énervement, la perte de poids, les diarrhées, l’épuisement et une possibilité de souffrance cardiaque.

Les femmes, elles, sont plus concernées par l’hypothyroïdie. De plus, avec l’âge, la fréquence avance, c’est-à-dire, le risque chez les femmes de plus de 65 ans est plus élevé.

Les causes de la maladie

Plusieurs causes peuvent être à l’origine de ce dérèglement, dont une carence en iode. Ensuite, les causes les plus communes sont dues aux maladies auto-immunes dont la thyroïdite de Hashimoto et la lymphocytaire atrophique. Ces deux maladies comprennent des anticorps qui sont dirigés contre la thyroïde, menant ainsi à une inflammation chronique qui engendre une destruction progressive de la glande.

D’autres dérèglements ont des causes post-thérapeutiques, surtout après une radiothérapie du cou ou une chirurgie de la thyroïde. Ce trouble est aussi héréditaire et se transmet souvent de génération en génération.

Cancer de la thyroïde

Chez les seniors, la vigilance est de mise. Les cancers de la thyroïde sont rares, mais restent un potentiel danger pour ceux qui souffrent des troubles de la thyroïde. Le traitement de base d’un cancer de la thyroïde implique l’ablation de la glande.

Les signes qui doivent vous alerter

Avec une insuffisance d’hormones, tout le métabolisme du corps est ralenti. Parmi les signes les plus communs, on note une différence sur le plan cutané. Le visage est « enflé », avec des traits plus « épais » et les doigts sont boudinés avec le teint qui risque de jaunir.

Aussi, la rareté des hormones diminue les poils. Cheveux, sourcils, poils du corps deviennent plus rares et cassants. Il y a aussi un ralentissement psychomoteur. La sensation de fatigue est persistante, avec le risque d’une prise de poids et l’apparition de douleurs articulaires, ainsi que de fréquentes crampes.

L’affaire du Levothyrox

Le traitement classique contre l’hypothyroïdie, à savoir la lévothyroxine, ne parvient pas à faire disparaître les symptômes dans un cas sur dix, d’après une étude présentée récemment. La lévothyroxine est la molécule qui supplée une thyroïde déficiente pour permettre aux malades de retrouver un équilibre hormonal.

En France, elle est au cœur de l’affaire du Levothyrox, médicament qui, après un changement de formule en 2017, a provoqué assez d’effets secondaires pour être abandonné par un demi-million de personnes en quelques mois. Une étude réalisée par des chercheurs de l’université de Groningue (Pays-Bas) montre que cette molécule n’est pas une panacée, même si elle est bénéfique à de nombreux malades.

“Malheureusement, environ 10% des patients traités par des hormones thyroïdiennes continuent de ressentir des symptômes et des perturbations pour leur bien-être, alors même que leur niveau d’hormones thyroïdiennes est dans la normale”, a expliqué le principal auteur de l’étude, Hanneke Wouters, citée dans un communiqué de la Société d’endocrinologie, en congrès à Chicago.

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