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Dépression : une maladie qui ne doit pas être banalisée

La dépression est une maladie à laquelle il faut accorder de l’importance. Être dans le déni ou le refus d’en parler n’est pas la solution. L’encadrement et le soutien d’un professionnel de santé, tout comme le soutien familial, peuvent s’avérer utiles pour remonter la pente.

Il n’est pas aisé de reconnaître les signes de la dépression, mais il est important d’en parler une fois que le diagnostic est établi. C’est ce que fait ressortir Nicolas Soopramanien, psychologue clinicien et président de la Société des professionnels en psychologie. Pour lui, les chiffres officiels du Health Statistic Report sont loin de refléter la réalité, car nombre de cas ne sont pas rapportés.

« Les chiffres ne dépeignent pas la réalité de la situation, car de nombreux cas de dépression ne sont pas diagnostiqués », a-t-il expliqué lors de l’émission Allô docteur de Radio Plus.

« Il y a un plus grand nombre de cas de dépression compte tenu du train de vie actuelle. » Selon lui, il est évident qu’il y a plus de personnes qui souffrent de dépression due à la pression du travail, par exemple. Nicolas Soopramanien a ainsi affirmé qu’il est difficile de reconnaître les signes de dépression. « Dans certains cas, on peut considérer qu’une personne est d’humeur triste, mais on ne va pas penser qu’elle traverse une dépression », a-t-il ajouté.

Le psychologue a ainsi expliqué qu’il ne faudrait pas rester insensible aux changements d’humeur d’une personne. La dépression peut se manifester de différentes manières, selon Nicolas Soopramanien. Les symptômes peuvent être : une forme de tristesse ; un manque de vitalité ou d’engouement pour faire les activités habituelles ; l’isolement ; un manque de concentration, des troubles de mémoire ; un changement dans les habitudes alimentaires (soit on devient boulimique ou anorexique) ; des troubles du sommeil ; l’incapacité à ressentir du plaisir dans les choses qu’on aime ou on a l’habitude de faire.

Parmi les symptômes, on retrouve aussi une certaine négligence au niveau de l’hygiène (la personne ne s’occupe plus de ses cheveux, ne se rase pas si c’est un homme, porte les mêmes vêtements ou passe beaucoup de temps à dormir). Certains aussi broient des idées noires et ont des pensées négatives. La boule au ventre quand on va travailler et le sentiment de dégoût ne doivent pas non plus être considérés comme étant anodins. De tels symptômes doivent alerter la personne concernée ou son entourage sur son état de santé.

Toutes ces étapes arrivent graduellement et peuvent être liées à un mot, un évènement, la perte d’un être cher ou de son emploi, une date particulière ou encore le changement de saison qui influent alors le comportement et l’attitude d’une personne, a aussi expliqué Nicolas Soopramanien. Une bonne prise en charge est nécessaire afin de ne pas tomber dans la dépression excessive qu’est la mélancolie qui peut, à ce moment-là, engendrer une maladie psychiatrique.

Le psychologue clinicien a aussi fait ressortir que la période de la puberté peut être accompagnée d’une phase de dépression qui passe souvent inaperçue, à cause des crises de l’adolescence. « Il est possible de faire un discernement entre les deux si l’isolement ou le repli sur soi dépasse une certaine période ». En aucun cas, il ne faut laisser la personne dépressive livrée à elle-même. Au contraire, il est conseillé de tenter de petites approches pour lui parler, mais sans pour autant envahir son espace.

Pour le psychologue clinicien, il faut prêter une attention particulière à la baisse de la performance dans les études d’un enfant, par exemple, et ne négliger aucun petit détail. Il souligne : « Il ne faut pas hésiter de reconnaître et accepter de se faire soigner. Aller chez le psychiatre ne veut pas dire qu’on est fou et le traitement n’est pas à vie ».

Accompagnement psychologique

Le rôle du psychologue dans le traitement de la dépression n’est pas négligeable, selon Nicolas Soopramanien. Son apport peut être complémentaire. Le psychiatre est un spécialiste des maladies mentales, alors que le psychologue est formé à l’écoute active. À travers la thérapie de l’écoute, le psychologue va à la source du problème en posant les questions appropriées. Cela peut durer plusieurs semaines et il ne faut pas se laisser décourager si les résultats ne sont pas perceptibles au tout début.

Lors de cet accompagnement psychologique, le patient est revalorisé et un travail est effectué afin qu’il dépasse l’étape de culpabilité, de la dévalorisation et de la perte de l’estime de soi afin d’avoir de nouveau confiance en lui-même. Cela se fait par étape afin de reprendre petit à petit goût à la vie et nécessite le soutien de la famille également. Pour le psychologue, la personne dépressive doit pouvoir dire et mettre le doigt sur ce qui lui fait mal. Il n’y a pas une durée déterminée pour la dépression. L’accompagnement se fait au cas par cas et il est important de donner le temps au temps.

Vivre avec une personne dépressive peut être pénible. Selon Nicolas Soopramanien, il faut garder une attitude bienveillante envers la personne et l’entourer des choses qui lui font plaisir. Il a expliqué qu’il ne faut pas laisser la personne seule, lui accorder beaucoup d’attention et veiller à ce qu’elle prenne ses médicaments à la fréquence établie.

Prévenir la dépression

La dépression peut être prévenue. Il faut pour cela avoir une vie bien organisée afin de pouvoir faire face aux pressions de la vie de tous les jours, pour mieux la gérer et l’évacuer quand c’est nécessaire. Il faut avoir une bonne alimentation, pratiquer la marche, le yoga ou la méditation. Avoir un bon temps de sommeil est indispensable également. Les conflits et les sentiments ne doivent pas être refoulés. Il est important de dire son ressentiment. Le soutien d’un psychologue et d’un psychiatre est nécessaire afin de vaincre la dépression.

383 admissions au BSH

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que d’ici 2020, la dépression deviendra la deuxième cause d’invalidité à travers le monde après les troubles cardiovasculaires. Selon les chiffres de l’Annual Health Statistic Report 2017, 383 patients ont été admis à l’hôpital Brown Sequard pour cause de dépression.

Formes de dépression

La dépression peut être légère, modérée ou sévère. Le diagnostic est fait par un psychiatre qui, en fonction de la sévérité de la situation, va décider du dosage et de la fréquence des médicaments à donner au patient.
Il ne faut pas mélanger petite déprime – à la suite de la perte d’un être cher, par exemple – et dépression. « Si la déprime dure plus de deux semaines et que la personne n’arrive pas à surmonter cette étape malgré tous ses efforts, il est important de consulter un professionnel de la santé ». Pour Nicolas Soopramanien, il vaut mieux aller voir un médecin quand on n’est pas sûr de son état de santé que de ne pas y aller et être dans le déni.

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