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Coupe du monde : les matchs nocturnes peuvent-ils nuire à votre santé ?

Les soirées de Coupe du monde sont souvent synonymes de passion, de suspense… et de nuits écourtées. Mais veiller tard pour suivre son équipe favorite n’est pas sans conséquence. Fatigue, baisse de vigilance, troubles du sommeil et risques pour la santé : le Dr Keshika D. Naran, médecin urgentiste, fait le point.

Dr Keshika D. Naran

L’enthousiasme du football peut dérégler notre horloge biologique

La Coupe du monde est un rendez-vous incontournable pour des millions de supporters. Pourtant, derrière l’excitation des matchs diffusés tard dans la nuit se cachent des effets parfois méconnus sur notre organisme.

Selon le Dr Keshika D. Naran, médecin urgentiste à Life Medical Clinic Tamarin, le premier impact concerne directement notre horloge biologique, aussi appelée rythme circadien.

« Veiller tard pour suivre les matchs perturbe le cycle naturel veille-sommeil. En retardant l’heure du coucher, l’organisme produit moins de mélatonine, l’hormone qui favorise l’endormissement. Le sommeil devient alors plus difficile à trouver et sa qualité diminue », explique-t-elle.

Lorsque ces nuits courtes se répètent pendant plusieurs jours, une véritable dette de sommeil peut rapidement s’installer, avec des répercussions sur le fonctionnement quotidien.

L’émotion du match maintient le cerveau en éveil

Au-delà de l’heure tardive, l’intensité émotionnelle des rencontres joue également un rôle important.

Les buts, les retournements de situation, le suspense ou encore le stress lié à la compétition provoquent une libération d’adrénaline et de cortisol, deux hormones qui maintiennent le cerveau en état d’alerte.

Résultat : même après le coup de sifflet final, il peut être difficile de retrouver un état de détente propice au sommeil.

« Certaines personnes mettent longtemps avant de réussir à s’endormir après un match, ce qui prolonge encore davantage leur temps d’éveil », souligne le Dr Naran.

Les écrans aggravent encore les troubles du sommeil

Le visionnage des matchs sur un téléviseur, un smartphone ou une tablette ajoute un facteur supplémentaire.

La lumière bleue émise par ces appareils freine la production de mélatonine, ce qui retarde encore davantage l’endormissement.

Associée à l’excitation du match, cette exposition favorise un sommeil plus court, plus léger et ponctué de réveils nocturnes.

Autrement dit, même si l’on parvient à dormir quelques heures, le sommeil obtenu est souvent moins réparateur.

Une seule nuit écourtée peut déjà avoir des effets

Contrairement aux idées reçues, il n’est pas nécessaire d’accumuler plusieurs nuits blanches pour ressentir les conséquences du manque de sommeil.

Dès le lendemain d’une seule nuit raccourcie, certaines personnes peuvent éprouver une fatigue importante, une baisse de concentration, un ralentissement des réflexes ainsi qu’une diminution des performances cognitives.

Le médecin souligne également que la mémoire, la motivation et l’humeur peuvent être affectées.

Chez les personnes souffrant d’hypertension, de diabète ou de maladies cardiovasculaires, ce manque de sommeil peut même provoquer un déséquilibre temporaire de leur état de santé.

Vigilance en baisse et risques pour la santé

Les conséquences ne s’arrêtent pas à la fatigue.

Le manque de sommeil augmente le risque d’erreurs au travail, réduit la vigilance au volant et favorise l’anxiété, le stress ainsi que l’irritabilité.

Si les nuits écourtées deviennent fréquentes tout au long de la compétition, leurs effets peuvent s’étendre à plus long terme.

Le Dr Keshika D. Naran rappelle qu’une privation répétée de sommeil peut contribuer à une baisse de l’immunité, à une prise de poids, à une augmentation de la tension artérielle ainsi qu’à un risque accru de maladies métaboliques et cardiovasculaires.

Quelques gestes simples pour profiter des matchs sans trop perturber son sommeil

Pour les passionnés de football, il n’est pas forcément nécessaire de renoncer aux rencontres nocturnes.

Le médecin recommande avant tout de conserver des horaires de sommeil aussi réguliers que possible.

Elle conseille également d’éviter les boissons caféinées, les boissons énergisantes et les repas trop copieux en soirée.

Après le match, mieux vaut limiter rapidement l’utilisation des écrans supplémentaires et favoriser une ambiance calme, sombre et silencieuse afin de faciliter l’endormissement.

Lorsque l’emploi du temps le permet, une courte sieste de 20 à 30 minutes peut aider à récupérer sans perturber la nuit suivante.

Enfin, le Dr Naran insiste sur la prudence des personnes qui doivent conduire de longues distances ou exercer des professions nécessitant une vigilance constante.

« Le plaisir du sport est essentiel, mais il ne doit pas se faire au détriment de la santé », conclut-elle.

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