
La prise en charge précoce du pied diabétique et l’importance d’une approche multidisciplinaire ont été au centre d’une conférence organisée par le ministère de la Santé et du Bien-être le mercredi 17 juin 2026 au Paul Octave Wiéhé Auditorium à Réduit.
À cette occasion, trois spécialistes de l’University Hospitals of Leicester NHS Trust, au Royaume-Uni, ont partagé leur expertise avec des médecins, infirmiers et étudiants mauriciens. Les intervenants étaient le Dr Sew-Chine Marie-France Kong Yao Fah, diabétologue et médecin consultant, Rajesh Jogia, chirurgien podiatrique consultant, et Rachel Berrington, infirmière praticienne spécialisée en diabète et responsable des soins du pied diabétique.
Le principal message de la rencontre était clair : de nombreuses complications liées au diabète, notamment les amputations, peuvent être évitées grâce à un diagnostic précoce et à une prise en charge coordonnée par plusieurs professionnels de santé.
L’importance d’agir tôt

Selon les experts, les ulcères du pied diabétique représentent un défi majeur de santé publique dans le monde. Une intervention rapide permet non seulement de réduire les complications, mais aussi de limiter les coûts et les ressources nécessaires aux traitements.
À l’inverse, une prise en charge tardive est souvent associée à des hospitalisations plus longues, à des interventions chirurgicales plus lourdes et à un risque accru d’amputation. Les spécialistes ont insisté sur l’importance d’orienter rapidement les patients vers les services appropriés dès l’apparition des premiers signes de complications.
Un risque d’amputation largement accru

Lors de sa présentation, le Dr Sew-Chine Marie-France Kong Yao Fah a souligné qu’à l’échelle mondiale, une amputation d’un membre inférieur liée au diabète est réalisée toutes les 30 secondes. Elle a également indiqué que les personnes diabétiques sont plus de vingt fois plus susceptibles de subir une amputation que les personnes non atteintes de la maladie.
La spécialiste a rappelé que la prévention passe notamment par l’adoption d’un mode de vie sain, un bon contrôle de la glycémie et de la tension artérielle ainsi qu’un suivi médical régulier. Ces mesures contribuent également à ralentir la progression des maladies rénales chroniques et à réduire le risque de maladies cardiovasculaires.
Une équipe multidisciplinaire essentielle

Pour sa part, Rajesh Jogia a expliqué que le traitement du pied diabétique nécessite l’intervention de plusieurs professionnels travaillant ensemble. Parmi eux figurent les diabétologues, infirmiers spécialisés, microbiologistes, chirurgiens, radiologues, chirurgiens vasculaires, podiatres, orthésistes ainsi que les spécialistes de la cicatrisation.
Cette approche multidisciplinaire permet d’assurer une prise en charge globale du patient, depuis le contrôle du diabète jusqu’au traitement des infections, des problèmes circulatoires et des plaies.
Prévenir et favoriser la cicatrisation
Les experts ont également mis en avant l’importance des techniques dites d’« off-loading », qui consistent à réduire la pression exercée sur les zones touchées par les ulcères du pied.
Selon Rachel Berrington, ces méthodes permettent d’accélérer la cicatrisation, de prévenir l’aggravation des lésions et de réduire le risque d’infection.
La conférence a ainsi permis de rappeler que le dépistage précoce, l’accès rapide aux soins spécialisés et la collaboration entre différents professionnels de santé demeurent des éléments clés pour améliorer la prise en charge du diabète et réduire le risque d’amputation.




