« Language Matters » : Une campagne pour repenser le langage autour des addictions lancée par le Centre de Solidarité

Pour commémorer la Journée mondiale contre l’abus et le trafic de drogues 2026, le Centre de Solidarité (CDS) lance officiellement Language Matters, une initiative nationale visant à faire évoluer les mots utilisés pour parler de l’usage de substances, de la réhabilitation et des personnes concernées.
Pour le Centre de Solidarité, cette démarche ne relève pas d’une simple réflexion sur le vocabulaire. Elle s’inscrit dans une interrogation plus large sur la manière dont le langage influence les perceptions, oriente les décisions, conditionne les réponses institutionnelles et participe à la qualité de l’accompagnement proposé aux personnes.
Depuis 1988, le Centre de Solidarité intervient auprès des personnes impactées par l’usage de substances, de leurs familles, des professionnels et des communautés. Cette expérience de terrain a permis au CDS d’observer une réalité souvent sous-estimée : les mots utilisés pour décrire une situation ne sont jamais neutres. Ils influencent la manière dont une personne est perçue, la façon dont son entourage réagit, les réponses qui lui sont proposées et parfois même la manière dont elle se perçoit elle-même.
Au fil du temps, certains termes se sont imposés dans le langage courant, les médias, les institutions et parfois même dans les milieux professionnels. Des mots tels que « drogués », « toxicomane ou ex toxicomane », «zombi», «fimer brown» ou encore certaines expressions fatalistes et stigmatisantes sont devenus familiers. Pourtant, derrière cette apparente banalité, ils véhiculent souvent des représentations qui réduisent une personne à une condition, à un comportement ou à une partie de son histoire.
Pour le Centre de Solidarité, cette question dépasse largement le cadre de la communication.
Le langage constitue l’un des premiers points de contact entre une personne et la société qui l’entoure. Il influence le regard porté sur elle avant même qu’un accompagnement ne commence. Il peut contribuer à renforcer la distance, le jugement et la stigmatisation. Il peut aussi favoriser une meilleure compréhension des situations, soutenir l’accès au support et permettre des réponses plus adaptées.

« Pendant longtemps, les discussions autour de l’usage de substances se sont concentrées sur les comportements, les produits, les services ou les politiques publiques. Ces dimensions demeurent essentielles. Mais après plusieurs décennies de travail sur le terrain, nous considérons qu’il est également temps d’examiner le langage qui structure ces réalités. Les mots influencent les perceptions, orientent les décisions, façonnent les pratiques professionnelles et peuvent avoir un impact direct sur la manière dont l’accompagnement est proposé. Language Matters constitue la première étape d’une réflexion plus large sur la façon dont nous parlons des personnes concernées par l’usage de substances et sur les conséquences que ce langage peut avoir sur leurs parcours », explique Urvashi Dabysing, Managing Director du Centre de Solidarité.
À travers Language Matters, le Centre de Solidarité souhaite encourager un langage plus précis, plus rigoureux et plus respectueux des réalités humaines. L’objectif n’est ni d’édulcorer les situations ni d’atténuer la gravité des problématiques liées à l’usage de substances. Il s’agit au contraire de les décrire avec davantage de précision, sans réduire les personnes concernées à une étiquette.
L’initiative repose sur une conviction simple : une description plus juste permet une compréhension plus juste. Et une compréhension plus juste favorise des réponses plus pertinentes.
Dans le cadre de son lancement, Language Matters donnera la parole à une diversité d’acteurs concernés par ces enjeux : psychologues, professionnels de terrain, représentants d’institutions, partenaires internationaux, organisations de la société civile, parents, personnes engagées dans un parcours de réhabilitation ainsi que membres de l’équipe du Centre de Solidarité.
À travers cette pluralité de voix, CDS souhaite montrer que la question du langage ne concerne pas uniquement les spécialistes de la communication. Elle touche à la santé, à l’accompagnement, à l’éducation, à la justice sociale, aux droits humains et à la responsabilité collective. La campagne de lancement se déploiera sur dix jours à travers une série de contenus éducatifs, de témoignages et d’interventions d’experts. Elle invitera le public à réfléchir aux mots utilisés dans les conversations quotidiennes, les espaces professionnels, les médias et les institutions. Au-delà de cette campagne, Language Matters constitue la première étape visible d’un travail de fond que le Centre de Solidarité entend poursuivre dans la durée avec différents partenaires et acteurs concernés.
À propos du Centre de Solidarité
Fondé en 1988, le Centre de Solidarité (CDS) est une institution spécialisée dans le rétablissement à long terme des personnes confrontées à l’usage problématique de substances. Il propose un programme résidentiel structuré 24/7, fondé sur les approches Projet Homme et Communauté Thérapeutique. Reconnu pour son ancrage professionnel et sa cohérence méthodologique, CDS œuvre à la construction d’un système de rétablissement durable à Maurice.
Site web : https://centredesolidarite.org




