Ebola : Maurice renforce ses mesures de prévention et de contrôle aux frontières

Face aux flambées actuelles de la maladie à virus Ebola dans plusieurs pays africains, le gouvernement mauricien a décidé de renforcer son dispositif de prévention afin de protéger la population et de maintenir un niveau élevé de préparation sanitaire.
Le Conseil des ministres a donné son aval à une série de mesures de santé publique destinées à réduire les risques d’importation du virus à Maurice. Ces dispositions concernent notamment les voyageurs en provenance de la République démocratique du Congo, de l’Ouganda et du Soudan du Sud, trois pays actuellement touchés par des épidémies d’Ebola.
Restrictions pour certains voyageurs
Parmi les mesures annoncées figure l’interdiction temporaire d’entrée sur le territoire mauricien pour les ressortissants étrangers ayant séjourné, transité ou voyagé dans l’un de ces trois pays au cours des 21 jours précédant leur arrivée.
Les citoyens mauriciens ainsi que les étrangers détenteurs d’un permis de travail, d’un permis de résidence, d’un permis d’occupation (occupation permit), d’un visa d’affaires ou d’un visa d’études pourront toutefois entrer à Maurice. Ils seront cependant soumis à une quarantaine obligatoire de 21 jours à leur arrivée.
Afin d’encadrer ces dispositions, une période de quarantaine sera officiellement déclarée du 8 juin au 7 août 2026 en vertu de la Quarantine Act 2020. Le SAJ Recreation Centre servira de centre de quarantaine désigné pour les personnes concernées.
Déclaration de santé obligatoire avant le voyage
À compter de l’entrée en vigueur des nouvelles mesures, tous les passagers se rendant à Maurice devront remplir un formulaire de déclaration sanitaire avant leur embarquement.
Les voyageurs arrivant par avion devront compléter le formulaire « All-in-One Travel Form », tandis que les passagers voyageant par voie maritime devront remplir un formulaire de déclaration de santé spécifique.
Les autorités prévoient également un dépistage sanitaire obligatoire et une évaluation des risques à tous les points d’entrée du pays, notamment à l’aéroport et au port.
Toute personne présentant des symptômes compatibles avec la maladie à virus Ebola fera l’objet d’un isolement immédiat et d’une évaluation clinique.
Événements internationaux concernés
Dans le cadre des mesures de précaution, le ministère de la Santé et du Bien-être a recommandé aux ministères, organismes publics et institutions gouvernementales de limiter l’organisation d’événements internationaux impliquant des participants provenant des pays touchés.
Dans ce contexte, la 59e session plénière du Southern African Development Community Parliamentary Forum, prévue aux Seychelles en juillet 2026, se tiendra uniquement en mode virtuel.
Par ailleurs, les organisateurs du 18e US-Africa Business Summit, qui devait avoir lieu à Maurice du 26 au 29 juillet 2026, ont été invités à reporter l’événement jusqu’à nouvel ordre.
Un plan national de préparation déjà activé
Le ministère de la Santé souligne que Maurice dispose déjà d’un plan national de préparation actualisé pour faire face aux fièvres hémorragiques virales, notamment Ebola et la maladie à virus Marburg.
Les systèmes de surveillance aux frontières ont été renforcés et incluent notamment le contrôle thermique des voyageurs, l’examen des déclarations de santé, des entretiens d’évaluation des risques et un suivi sanitaire lorsque cela est jugé nécessaire.
Les mesures de prévention et de contrôle des infections ont également été renforcées dans les établissements de santé, notamment en ce qui concerne l’utilisation appropriée des équipements de protection individuelle.
Collaboration avec les organismes internationaux
Le ministère de la Santé et du Bien-être indique poursuivre sa collaboration étroite avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) ainsi que la Commission de l’océan Indien.
L’objectif est d’assurer une surveillance continue de la situation épidémiologique et d’adapter les mesures préventives en fonction de l’évolution des risques.
Selon les autorités, ces dispositions s’inscrivent dans une démarche de précaution visant à préserver la santé publique tout en garantissant la capacité du pays à réagir rapidement en cas de menace sanitaire liée à Ebola.




