Paris sportifs: des professionnels de la santé appellent à interdire sponsoring et promotion par les sportifs

Interdire aux sportifs de promouvoir les paris sportifs, interdire aux opérateurs de sponsoriser les compétitions et les équipes, donner au gendarme des jeux d’argent un pouvoir de sanction: l’association Fédération Addiction appelle lundi à mieux encadrer le secteur pour protéger les jeunes de l’addiction.
“Addiction, endettement, problèmes de santé mentale… derrière l’essor économique des paris sportifs se cachent des conséquences sanitaires et sociales préoccupantes”, affirme dans un communiqué le premier réseau d’addictologie de France, à la veille du premier match de l’équipe de France au Mondial de foot.
Alors que l’évènement s’annonce comme “un nouveau record” de mises, la Fédération Addiction (ex-Addictions France), qui réunit 850 établissements et services de santé et quelque 500 professionnels (soin, éducation, prévention…) propose 15 mesures “urgentes” pour “mieux encadrer le secteur des paris sportifs”.
“Pour que le pari reste un plaisir”, elle appelle notamment à “interdire le sponsoring des compétitions, clubs, équipes et événements sportifs” par les opérateurs, dont “la pression marketing est devenue omniprésente”, et cible “les jeunes hommes, en particulier ceux issus des quartiers populaires”.
Car “pour beaucoup de supporters, parier apparaît désormais comme une composante normale du spectacle sportif”, une banalisation d’autant plus “préoccupante” en l’absence, “en cette année de Coupe du monde, de campagnes de prévention d’ampleur des pouvoirs publics”.
Or les paris sportifs sont la “principale porte d’entrée des jeunes dans les jeux d’argent et de hasard” malgré leur interdiction aux mineurs.
La Fédération Addiction appelle donc aussi à “interdire aux sportifs, entraîneurs, consultants, commentateurs et autres personnalités du sport de promouvoir les paris sportifs”.
Elle souhaite aussi que l’Autorité nationale des jeux (ANJ), le gendarme du secteur, puisse “sanctionner par des amendes, voire des retraits de licence”, les opérateurs dont les messages publicitaires ne respectent pas la réglementation -interdiction de cibler des publics vulnérables, de promettre l’enrichissement…
Ces professionnels de l’addictologie souhaitent aussi voir menée une véritable politique interministérielle associant les ministères de la Santé, l’Éducation et la Jeunesse, “et non plus une politique pilotée principalement sous l’angle économique et fiscal”.
De son côté, l’AFJEL (Association française des jeux en ligne), qui regroupe les opérateurs, affirme dans un communiqué lundi que ces derniers “excluent les joueurs excessifs identifiés de leurs communications commerciales” et que des “plans sur la prévention du jeu excessif” sont validés par l’ANJ.
Le gendarme des jeux d’argent estime que 600.000 joueurs en France ont une forte probabilité d’être excessifs et qu’ils représentent à eux seuls 60% du produit brut des jeux, soit le chiffre d’affaires des opérateurs.




