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Syndrome de l’instestin irritable : pourquoi ces douleurs abdominales?

SYNDROME DE L’INTESTIN IRRITABLE

Dr Warren Le Franc : « Ce trouble du tube digestif peut réduire considérablement la qualité de vie »

Pathologie dite fonctionnelle, le syndrome de l’intestin irritable (SII) provoque des douleurs abdominales, une constipation ou une diarrhée. Cependant, aucune anomalie des organes en cause n’est repérée au moyen des examens courants tels que l’endoscopie, sur les radiographies, les biopsies ou les analyses de sang. Le point avec Dr Warren Le Franc.

Dr Warren Le Franc.
Dr Warren Le Franc.

Trouble du tube digestif connu pour réduire considérablement la qualité de vie du patient, le syndrome de l’intestin irritable (SII) est une des conditions gastro-intestinales les plus répandues. Très variables, les symptômes ressemblent à plusieurs autres maladies intestinales. Toutefois, il n’y a pas de méthodes spécifiques en particulier pour diagnostiquer ce syndrome. Ce n’est qu’après avoir éliminé toutes les autres possibilités à travers des tests très spécifiques tels que la colonoscopie, la biopsie et les tests sanguins que les médecins arrivent au diagnostic, indique Dr Warren Le Franc, médecin généraliste pour la compagnie Médecins à Domicile, sis à Ébène.

Selon le professionnel de santé, environ 10 à 15 % des adultes et adolescents à travers le monde développent des symptômes similaires à ceux du SII. Les études démontrent que les femmes sont trois fois plus affectées que les hommes. « Des pistes existent, comme un temps de transit colique plus lent chez elles, un seuil de sensibilité viscérale plus bas ou encore le fait que les femmes sont plus sujettes à conserver des symptômes séquellaires de gastroentérite. En effet, les infections gastro-intestinales, même bénignes, multiplient par deux à trois le risque de SII. On retrouve dans 15 à 20 % un syndrome de l’intestin irritable faisant suite à une infection intestinale », renchérit-il. Il ajoute que vu que la dépression est deux fois plus fréquente chez la femme, or un syndrome anxio-dépressif fait partie des facteurs contributifs du syndrome de l’intestin irritable, tout comme les débalancements hormonaux causés par le cycle menstruel.

Concernant les facteurs de risque, Dr Warren Le Franc indique qu’un ensemble de facteurs environnementaux en interaction avec des facteurs comportementaux, physiologiques et psychosociaux pourraient être incriminés. « Jusqu’à présent, il n’y a pas d’explication claire et fiable qui existe concernant les facteurs de risque du SII. Cependant, en se basant sur les causes, on peut conclure qu’entre autres, les prédispositions génétiques, les infections intestinales, le type d’alimentation, le cycle menstruel chez les femmes ainsi que le stress émotionnel contribuent à cette pathologie », fait-il ressortir.

Les symptômes

Dr Warren Le Franc soutient que cette condition de santé peut affecter petits et grands. Mais la majorité développe les premiers symptômes à l’adolescence et dans la vingtaine. Toutefois, il dira que les symptômes apparaissent et disparaissent à des intervalles irréguliers. Généralement, trois sous-catégories du syndrome en fonction du type de symptômes principaux sont distinguées : syndrome avec douleur et diarrhée, syndrome avec douleur et constipation et syndrome avec douleur, diarrhée et constipation. Par rapport à la douleur abdominale dans le cadre du SII, il indique que c’est par définition chronique, si elle est d’une durée de plus de trois mois ou intermittente en survenant au moins trois jours par mois au cours des trois derniers mois. Mais encore, si sa survenue est associée à une modification de la fréquence ou de la consistance des selles, dit-il. Ce dernier explique pareillement que la douleur peut être décrite comme une sensation de crampe ou un inconfort abdominal souvent soulagée par la défécation ou le passage de gaz. « Une grande partie des patients décrivent aussi la présence de mucus dans les selles. D’autres symptômes incluent le ballonnement, les flatulences, la distension abdominale et une sensation d’évacuation incomplète. Une exacerbation en lien avec des facteurs émotionnels peut également être décrite. À noter que les symptômes se manifestent généralement durant la journée ».

Quid des traitements médicaux ?

Le traitement du SII est purement symptomatique. Ceux qui souffrent principalement de constipation peuvent utiliser certains laxatifs, tandis que ceux qui souffrent de diarrhée peuvent se tourner vers les médicaments anti diarrhéiques, fait ressortir le docteur. Il ajoute que les douleurs abdominales sont quant à elles traitées avec des médicaments anticholinergiques qui bloquent les spasmes des muscles intestinaux. « Les probiotiques sont des bactéries qui font partie de la flore intestinale. Ils peuvent soulager les symptômes du SII en favorisant le développement de bonnes bactéries dans les intestins. Par ailleurs, traiter les facteurs de risque tels que la dépression et les infections intestinales seront bénéfiques au patient », dit-il.

Comment prévenir le SII

Avoir une bonne santé physique et mentale ainsi qu’une bonne alimentation est primordiale, explique Dr Warren Le Franc. « La pratique régulière d’une activité physique a tendance à accélérer le transit des gaz et cela aide à prévenir les ballonnements. De plus, pratiquer un sport aide à diminuer les stress qui est un facteur de risque du SII. » Par ailleurs, comme la nutrition joue un grand rôle dans la prévention de cette condition, il parle des FODMAP (Lactose, Fructose, Fructanes, Oligosaccharides, Sorbitol…).

« Ce sont des sucres qu’on retrouve dans de nombreux aliments tels que les pommes, les poires, le miel et certains chocolats, entre autres. Ces composés sont susceptibles de se fermenter dans les intestins et cela va occasionner une production de gaz qui vont provoquer ainsi une distension de l’intestin et des flatulences. Il est donc essentiel de limiter ces aliments ainsi que le gluten ». Et si le SII est négligé, quelles sont les complications de santé ? À cette question, il répond que le syndrome de l’intestin irritable, n’étant qu’un trouble fonctionnel des intestins, n’entraine pas de complications à long terme et n’augmente pas le risque de souffrir d’autres maladies de l’intestin. Cependant, une forme sévère du syndrome peut avoir un impact négatif sur le train de vie quotidienne des patients et cela, éventuellement, diminue leur qualité de vie », conclut-il.

Points importants

Le syndrome de l’intestin irritable est un diagnostic d’exclusion. Il faut toutefois garder en tête les signes/symptômes d’alarme comme une perte de poids considérable, la présence de sang dans les selles, une diarrhée importante surtout la nuit, l’âge à laquelle la condition se manifeste (plus de 50 ans) et l’histoire familiale de cancer colorectal.  Si, toutefois, le patient présente ces signes d’alarme, cela peut signifier qu’il y a une maladie autre que le SII et des investigations en profondeur seront requis afin d’éliminer la possibilité des maladies plus graves comme le cancer et l’inflammation des intestins. Il est donc très important de consulter un médecin.

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