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[Santé mentale] Le Dr Curimbacus : « Ceux qui souffrent de Parkinson ou de l’Alzheimer sont les plus vulnérables pendant le confinement »

Quelles sont les séquelles du confinement sur la santé mentale ? Pour certaines personnes, ce n’est pas facile de rester confinées chez elles pendant deux mois. D’autres ressentent de l’appréhension à l’approche de la fin du confinement. Comment y remédier ? Caroline et Jean-Marie, animateurs de l’émission « Allô docteur », se sont entretenus à ce sujet avec le Dr Mohamed Afzal Curimbacus, neurologue.

Dr Mohamed Afzal Curimbacus-neurologue
Dr Mohamed Afzal Curimbacus, neurologue.

Le Dr Mohamed Afzal Curimbacus avance que les personnes âgées – elles sont 200 000 à Maurice – et celles souffrant de la maladie de Parkinson ou d’Alzheimer sont plus exposées aux troubles mentaux dus au confinement. « Le cerveau humain est fragile, mais il est très actif, un peu comme le processeur d’un ordinateur. Les personnes âgées ont la santé fragile. En cette période de confinement, elles ont peur d’aller à l’hôpital si elles sont malades. Elles préfèrent dépendre de leurs médicaments, mais si jamais elles n’en ont pas, les symptômes d’angoisse vont s’accentuer. N’oublions pas que nos seniors aiment bien suivre les actualités à la télévision et ils sont encore plus stressés que les jeunes par ce qu’ils apprennent et par ce qu’ils voient », fait ressortir le médecin.

L’autre groupe de personnes à être affectées sur le plan moral, ce sont les front liners, surtout le personnel soignant qui est le plus exposé au Covid-19, indique le Dr Curimbacus. « Tout cela joue sur leur mental. Soigner les patients en temps de pandémie est une grosse pression psychologique. N’oublions pas qu’après, ils doivent aller en quarantaine et il y a un moment où ils ont l’impression qu’ils n’en peuvent plus. Ils risquent même de faire un burn-out », fait-il remarquer.

Que préconise-t-il pour les personnes affectées moralement ? « Il faut socialiser, aller à la rencontre des autres, faire de l’exercice et regarder les émissions de bien-être physique sur Internet », conseille-t-il. Cela peut être nouveau pour certains, mais il faut savoir s’adapter à la situation.

L’Alzheimer et la maladie de Parkinson

L’Alzheimer, rappelle-t-il, est une maladie progressive et incurable qui affecte les personnes âgées de 65 ans ou plus. La personne a des troubles de mémoire, ce qui affecte son fonctionnement. Quant à la maladie de Parkinson, elle affecte la personne au niveau de la marche et peut aussi provoquer la démence. 0,3 % des personnes âgées sont touchées par cette forme de maladie et elles dépendent alors des autres. Le cerveau étant fragilisé, la personne est donc plus vulnérable, au risque d’être gagnée par l’angoisse. « Les médicaments sont très importants pour ces personnes. Celles qui s’occupent des malades doivent faire preuve de beaucoup de compréhension », souligne le Dr Curimbacus.

Il souligne que si la personne âgée est active, c’est un avantage, car ainsi les médicaments agissent mieux et améliorent le cerveau. Le neurologue avance que dans les jours à venir, l’on devrait se pencher sur les cas de cette catégorie de personnes pour les inciter à faire plus d’activités physiques. L’encadrement et le support familial sont tout aussi importants.

L’autre catégorie de personnes sujettes à des troubles mentaux en cette période de confinement, ce sont celles qui souffrent de la bipolarité. « Les personnes bipolaires sont un peu comme un disque dur qui a crashé. La personne est affectée à deux niveaux : ‘high’ ou ‘low’. Si c’est ‘high’, elle sera en colère et constamment irritée. Si c’est ‘low’, elle sera dépressive. Dans ce cas, elle sera en proie à l’angoisse et se demandera ce qui va arriver », explique le neurologue.

Toutefois, il y a toujours une solution, soutient le Dr Curimbacus. Il s’agit d’un bon encadrement qui pourra aider la personne. D’ailleurs, depuis le confinement, de jeunes professionnels ont mis en place une plateforme pour les patients. « À Maurice, la communauté médicale a fait un travail extraordinaire », observe-t-il.

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