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Rhumatologie : un nouveau protocole pour le traitement du rhumatisme à l’étude

Les maladies associées à la rhumatologie sont en hausse à Maurice. Des professionnels et l’Association of Rheumatology Concerns (ARC) déplorent la faiblesse des traitements de base. La Santé annonce qu’elle travaille sur un protocole pour satisfaire tous les malades.

Les personnes souffrant de maladies associées à la rhumatologie sont très remontées quant au sort qui leur est réservé. « Avec le traitement de base proposé, on se retrouve alité et totalement dépendant en raison de notre situation de handicap. Nous souhaitons un traitement à la biothérapie, plus efficace.»

Mais ce traitement coûteux a été interrompu dans le service de santé public. Il était pourtant dispensé aux patients aux cas les plus sévères. « Cette situation est discriminatoire », avait indiqué la députée Malini Sewocksing du PMSD dans une question à l’Assemblée. Le mi nistre Anwar Husnoo avait répondu qu’il allait « look into it », que le traitement soit cher ou pas. Plus d’un mois après, rien n’a changé.

Selon Arshan Purmessur, président de l’Association of Rheumatology Concerns (ARC), de nombreux patients vivent une grande détresse. « La douleur est si intense que les calmants ne suffisent pas à les soulager ». Ainsi, un rhumatisme sévère a contraint Gyanah A. à quitter son emploi. Idem pour Anuradha R. souffrant d’arthrite. «J’ai besoin d’aide dans toutes mes tâches quotidiennes. La douleur est atroce. Le fauteuil roulant n’est d’un grand secours pour mes déplacements. Je ne peux plus sortir, je n’ai plus de vie, d’activités sociales ». L’envie de se suicider lui a même traversé l’esprit.

« Nombre de patients franchissent le pas”, indique un médecin sous couvert de l’anonymat. Il s’occupe des patients souffrant de polyarthrite ou maladie rhumatique et musculo-squelettique, entre autres. « En raison de la douleur atroce et d’une santé déclinante, les patients deviennent dépressifs. Difficile de les soulager», déplore-t-il.

Selon Arshan Purmessur, nombreux sont ceux qui ont abandonné toute activité professionnelle et sont alités, soit devenus infirmes, faute d’un traitement approprié. «C’est inacceptable de ne pas disposer d’un traitement adéquat dans le service public » s’insurge-t-il.

Selon l’Annual Health Statistics Report 2017, elles étaient 71 084 personnes à consulter l’hôpital public pour cause de rhumatisme, de douleurs musculaires ou des membres en 2017. 40 531 autres souffraient d’arthrite, de goutte et de douleurs articulaires. Soit un total de 111 615 patients. « Il est urgent de disposer des traitements appropriés pour assurer une meilleure qualité de vie aux patients.»

Avec le traitement de biothérapie, ajoute le médecin, la paralysie des patients peut être prévenue si elle est traitée dès les premiers symptômes de la maladie. « Ce type de traitement est plus efficace et a fait ses preuves l’an dernier. Il permet d’éviter toutes interventions chirurgicales à la suite de la paralysie d’un patient. La biothérapie reviendrait moins cher qu’un traitement de base et palliatif ».

Nous avons sollicité le ministère de la Santé pour des précisions sur les traitements disponibles dans le service public. On nous a répondu que les informations seront communiquées dès que possible.

Traitements chers

La Santé travaille sur un nouveau protocole pour traiter ceux qui souffrent de maladies rhumatologiques, devait affirmer au Defi Quotidien le ministre Anwar Husnoo. « Je concède que ces traitements rhumatologiques coûtent cher. Un système d’échelle graduée est à l’étude. Nous essayons de trouver un système pour que ceux qui n’ont pas les moyens bénéficient d’un traitement gratis. Si un patient a les moyens, il devra contribuer la moitié du prix du médicament. Les prix du traitement varient entre Rs 30 000 et Rs 50 000 par patient. Nous voulons offrir le même traitement à tous. Ce n’est pas facile à réaliser », conclut-il.

Traitement discriminatoire ?

« Tout patient devrait bénéficier du même traitement », avait soutenu la députée Malini Sewocksingh à l’Assemblée. « Pas question de faire de la politique sur le dos des patients souffrant de rhumatisme. Nous ne voulons simplement pas de discrimination » a-t-elle expliqué au Défi Quotidien. Lors de la PQ du 3 août dernier, elle a déploré que le traitement de biothérapie ait été stoppé dans le service public, au plus grand dam d’une vingtaine de patients souffrant de maladies rhumatiques et musculo-squelettiques.

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