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[Allô Docteur] Polyarthrite rhumatoïde : Une maladie chronique qui déforme les joints

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Observée le mardi 12 octobre, la Journée mondiale de l’arthrite est l’occasion de mieux comprendre la maladie auto-immune, la polyarthrite rhumatoïde. Maladie évolutive et chronique, elle entraîne des douleurs fréquentes. Dans l’émission Allô Docteur de mardi dernier, le Dr Iswaraj Ramracheya, endocrinologue est revenu sur les différents aspects de la maladie.

Dr Iswaraj Ramracheya, endocrinologue
Dr Iswaraj Ramracheya, endocrinologue

En 2019, près de 100 000 personnes se sont présentées dans les hôpitaux du service public pour des problèmes de rhumatisme et d’arthrite selon le ministère de la Santé. Parmi les diverses formes de rhumatisme, on retrouve la polyarthrite rhumatoïde. Il s’agit d’un rhumatisme inflammatoire chronique se manifestant par des articulations gonflées et douloureuses. Il évolue par poussées. Il s’agit d’une maladie auto-immune où l’immunité agresse le corps du patient. « C’est ce qui va entraîner une inflammation des articulations et provoquer des douleurs », explique le Dr Iswaraj Ramracheya qui est diabétologue, endocrinologue et spécialiste en médecine interne.

Souvent appelée « arthrite chronique », la polyarthrite rhumatoïde est une pathologie qui est deux à trois fois plus fréquente chez les femmes que les hommes. Et selon le médecin, les troubles apparaissent chez les personnes âgées de 40 à 60 ans. « La maladie affecte plus particulièrement les mains et les pieds. Ces deux parties du corps peuvent être affectées en même temps », précise le Dr Iswaraj Ramracheya. Mais, au-delà des mains et des pieds, la maladie peut toucher tous les autres joints du corps, notamment les genoux, les épaules, les coudes ou encore les hanches. Quand la maladie devient chronique, les joints sont souvent enflés et les articulations sont difformées. De ce fait, les déformations accompagnées de douleurs affectent la qualité de vie du patient qui n’arrive plus vraiment à être autonome selon le médecin.

Rigidité

« Souvent, le patient va se coucher plus ou moins sans douleurs. Mais au réveil, il ressent une certaine rigidité au niveau des joints. Cette raideur peut durer environ une demi-heure avant que les articulations redeviennent normales », indique-t-il. Ceux qui sont les plus affectés sont souvent les fumeurs, mais aussi les personnes souffrant d’autres complications d’auto-immune. Selon le médecin, les saisons peuvent également jouer un rôle et affecter davantage les patients. « En hiver, le risque de voir la maladie surgir est plus élevé qu’en été. On ne connaît pas la raison vraiment, mais il se pourrait que durant l’hiver, il y ait plus de virus qui circulent », ajoute l’endocrinologue.

Le Dr Iswaraj Ramracheya indique que les patients ayant des problèmes de parodontopathie, notamment des inflammations aux gencives. Ils sont également exposés à plus de risque d’avoir la polyarthrite rhumatoïde. Le plus important est, selon le médecin, de reconnaître les symptômes. « L’un des problèmes auxquels nous faisons face est que les gens ne savent pas reconnaître ces conditions. C’est aussi pour cette raison qu’on observe chaque année la Journée mondiale de l’arthrite. C’est l’occasion d’en parler, d’expliquer aux gens quels sont les symptômes auxquels ils doivent faire attention et savoir quand consulter », indique le médecin. Pour ce dernier, avoir l’avis d’un professionnel dès l’apparition des douleurs peuvent aider à détecter la maladie le plus tôt possible. Cela peut éviter d’avoir des complications plus sévères. « En l’absence de traitement, les joints sont déformés et le risque de perdre l’autonomie des doigts ou des bras est plus élevé », fait-il ressortir.

Avec les nouvelles recherches, le médecin précise qu’il est désormais possible de trouver une meilleure solution aux problèmes de rhumatismes. Pour ce qui est du diagnostic de la maladie, plusieurs critères sont pris en considération. D’abord, il y a la vérification des joints afin de savoir s’ils sont enflés ou douloureux. « Ensuite, il y a les symptômes constitutionnels tels que la fièvre, la fatigue, la raideur des joints, le manque d’appétit ou encore des malaises », ajoute le Dr Iswaraj Ramracheya. Pour ce qui est des traitements, il explique qu’il y a en premier lieu le contrôle des symptômes, notamment à travers la gestion de la douleur qui se fait par des anti-inflammatoires. Ensuite, il y a les médicaments qui diminuent les risques d’avoir des complications graves de la maladie. Lors d’intenses douleurs, les patients sont alors mis sur des stéroïdes (cortisones), ce qui va réduire aussi les inflammations. Finalement, il y a des médicaments biologiques qui vont agir dans des zones précises du corps pour soulager les symptômes.

Attention également à la goutte

La goutte est également reconnue comme un rhumatisme et provoque tout aussi bien d’intenses douleurs dans les articulations. « Des dépôts sont accumulés dans les joints et les zones les plus concernées sont les pieds », indique le Dr Iswaraj Ramracheya. Ceux qui sont les plus affectés sont notamment ceux qui consomment l’alcool en grande quantité ou encore consomment un excès de protéines provenant des viandes rouges, et qui ne boivent pas assez d’eau. Le médecin attire aussi l’attention sur la prise de certains médicaments qui élimine l’eau de l’organisme et entraîne ainsi la goutte.

Les différentes formes de rhumatismes et d’arthrites

« À Maurice, on attribue toutes les douleurs et inflammations des joints au rhumatisme alors qu’il y a des spécificités », fait comprendre le Dr Iswaraj Ramracheya. Il existe donc plusieurs formes de rhumatismes. D’abord, on retrouve la polyarthrite rhumatoïde (rheumatoid arthritis) où les articulations sont enflammées. Ensuite, il y a l’arthrose (ostéoarthrites) où les joints ne sont pas enflammés, mais sont enflés. « Cela concerne souvent les gens qui, de par leur métier, ont connu une usure au niveau des joints », ajoute-t-il, tout en précisant que les deux mains ne sont pas affectées de la même façon. On retrouve aussi l’arthrite psoriasique qui affecte plus particulièrement les patients ayant le psoriasis. Cette maladie de la peau peut, en effet, affecter également les articulations. Idem chez les patients qui souffrent de lupus.

Allô Docteur sur Radio Plus, chaque mardi à 9h00

C’est le rendez-vous de chaque mardi sur les ondes de Radio Plus. Allô Docteur, émission spéciale dédiée à la santé, fait un focus sur une thématique différente chaque semaine, de 9h00 à 10h00. Les auditeurs peuvent également participer à l’émission en appelant sur le 208 4999 ou le 208 5999. De plus, les internautes ont la possibilité de suivre l’émission en Facebook Live sur la page defimedia.info et défisanté.

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