MaladiesRhumatismesSlider

Polyarthrite rhumatoïde : un mal qui ronge plusieurs personnes

L’émission « Allô Docteur » de mardi était axée sur la polyarthrite rhumatoïde, dont la Journée mondiale sera observée le 12 octobre. Cette maladie chronique inflammatoire, qui affecte les articulations, peut être très invalidante si le traitement approprié n’est pas administré au patient. C’est ce qu’a indiqué la doctoresse Aminah Fokeerbux-Dauhoo, rhumatologue.

La polyarthrite rhumatoïde gagne du terrain à Maurice. Le nombre de cas répertoriés est passé de 104 567 en 2013 à 111 615 en 2017. C’est ce qu’a fait ressortir la doctoresse Aminah Fokeerbux-Dauhoo, rhumatologue à l’hôpital Dr A. G. Jeetoo, en se référant aux derniers chiffres de l’Annual Health Statistic Report du ministère de la Santé. Elle intervenait dans l’émission Allô Docteur de Radio Plus en marge de la Journée mondiale de l’arthrite observée le 12 octobre.

La polyarthrite rhumatoïde fait partie des diverses maladies associées à la rhumatologie. Selon la doctoresse Aminah Fokeerbux-Dauhoo, les causes sont pour l’heure méconnues, mais il existe des facteurs de risque d’ordre génétique, hormonal et environnemental.

« Nombreux sont ceux qui ne savent pas encore qu’ils souffrent d’une de ces maladies, car ils n’ont pas été diagnostiqués », a fait observer la rhumatologue. Elle a ajouté qu’ils sont plusieurs à attribuer certains symptômes à la fatigue et ils ne se font donc pas diagnostiquer. « Ce n’est que lorsque les douleurs sont plus intenses qu’ils se présentent chez un médecin. »

Douleurs, raideurs…

La spécialiste a précisé qu’au commencement de la maladie, les signes sont à peine perceptibles. La polyarthrite rhumatoïde ne se manifeste pas soudainement. Elle peut toutefois avoir des facteurs déclencheurs comme le stress, une infection ou d’autres pathologies. Les douleurs arrivent progressivement jusqu’à ce que les signes soient plus visibles, ce qui nécessite alors une prise en charge médicale.

Parmi les signes de la polyarthrite rhumatoïde : douleurs aux petites articulations ; raideurs matinales dans les membres ; ainsi que rougeurs et gonflement des articulations qui peuvent causer de nombreuses contraintes au niveau de la motricité.

Le Dr Fokeerbux-Dauhoo a souligné qu’il faut bien faire la distinction entre les douleurs liées à la polyarthrite rhumatoïde et celles dues à l’arthrose. « L’arthrose est une maladie dégénérative du cartilage. Au fur et à mesure, cela peut toucher l’os. Ce n’est pas une maladie inflammatoire », a indiqué la spécialiste.

Selon elle, ce sont les femmes qui sont les plus touchées par la polyarthrite rhumatoïde, en raison de la différence hormonale. Avec l’âge et la ménopause, il y a une diminution des hormones protectrices que sont l’œstrogène et la testostérone.

La polyarthrite rhumatoïde étant une maladie chronique, seule une bonne prise en charge peut apporter un soulagement au patient qui doit prendre diverses précautions. Il doit, par exemple, avoir une alimentation saine. Il doit donc éviter les aliments trop salés, sucrés et gras de même que les fast-foods. Il est recommandé de pratiquer régulièrement une activité physique, de bien gérer le stress et d’avoir de bonnes nuits de sommeil.

Les maladies associées au rhumatisme peuvent se manifester dès le plus jeune âge, selon la spécialiste. « Il existe des cas de rhumatisme juvénile qui surviennent avant 18 ans. Dans d’autres cas, une personne peut être affectée de 30 à 50 ans ou vers 60 ans », dit-elle.

La polyarthrite rhumatoïde ne peut être prévenue. Il est donc important de se faire diagnostiquer dès l’apparition des premiers signes afin de recevoir les traitements appropriés avant l’aggravation de la maladie. La maladie étant chronique, le patient n’a d’autre choix que d’apprendre à vivre avec, en suivant un traitement. C’est ce qu’ont préconisé le Dr Fokeerbux-Dauhoo et Ashan Purmessur, président de l’Association Rheumatology Concerns, qui est aussi intervenu dans l’émission.

Traitements

La prise en charge des patients se fait au cas par cas, selon le Dr Aminah Fokeerbux-Dauhoo. « Chaque patient est différent. Il faut donc une approche intégrale et intégrée », estime-t-elle. Les traitements sont médicamenteux au départ couplé d’un traitement non pharmacologique. Le service public propose plusieurs traitements en fonction des conditions de santé du patient et de la disponibilité des médicaments.

Ashan Purmessur insiste qu’une fois diagnostiqué, un patient doit avoir son traitement rapidement. Il souligne que certains patients ont dû arrêter leur activité professionnelle, ne pouvant plus supporter la douleur vu que leurs médicaments n’étaient plus efficaces au bout de quelque temps. Certains ont même tenté de mettre fin à leurs jours, selon lui.

« Osez consulter sans tarder »

La Journée mondiale de l’arthrite observée le 12 octobre s’articulera autour du thème « Osez consulter sans tarder ». Dans cette optique, l’Association of Rheumatology Concerns (ARC) organise une grande campagne de sensibilisation le mardi 23 octobre à la mairie de Port-Louis à partir de 9 h 30. Des causeries sont prévues avec la participation de plusieurs professionnels de santé. L’ARC invite les patients à se faire diagnostiquer s’ils constatent des signes des maladies associées à la rhumatologie. L’objectif étant de leur donner le traitement approprié dans les plus brefs délais.

Une ONG pour encadrer les patients

Fondée il y a six mois, l’Association of Rheumatology Concerns (ARC) a pour objectif de soutenir les patients qui souffrent de diverses maladies associées à la rhumatologie. L’organisation non gouvernementale (ONG) les aide également à passer les étapes difficiles de la maladie. C’est ce qu’a expliqué Ashan Purmessur, président de l’association.

Selon lui, le nombre d’adhérents augmente peu à peu, grâce aux campagnes de sensibilisation qui menées à travers l’île et sur le réseau social Facebook. L’ARC bénéficie de la collaboration de divers professionnels de santé (pathologistes, physiothérapeutes, nutritionnistes, psychologues) pour l’encadrement de ses membres, afin de leur donner de précieux conseils dans la gestion de leur maladie. « Ces professionnels nous expliquent les divers problèmes liés à l’arthrite et à la rhumatologie et ils donnent des conseils selon leur domaine respectif une fois par mois. »

Selon Ashan Purmessur, les patients souffrant de rhumatisme ou d’une des maladies associées ne savent pas forcément à quelle porte frapper pour avoir le traitement approprié. D’où la création de l’ARC. L’association plaide aussi en faveur d’un traitement biologique à l’intention des patients. Celui-ci s’est avéré efficace dans de nombreux cas pour avoir amélioré la qualité de vie des patients, a précisé le président de l’association.
L’ARC compte une soixantaine de membres. Elle les réunit chaque troisième samedi du mois au centre communautaire de Trèfles. Ceux intéressés à s’inscrire peuvent appeler sur le 5255 4094 pour tout renseignement.

Vos Commentaires

Articles Liés

Bouton retour en haut de la page