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Pathologie : le cancer du côlon en hausse constante à Maurice

Le cancer du côlon peut être évité. En sus d’une alimentation saine et équilibrée, il faut aussi faire un test de dépistage si on remarque un saignement dans les selles. C’est ce qu’a expliqué le Dr Farouk Bholah, conseiller en gastroentérologie au ministère de la Santé.

« Le cancer du côlon est hautement dangereux, car il est en hausse et il est responsable d’un grand nombre de décès. » C’est ce qu’a affirmé le Dr Farouk Bholah, conseiller en gastroentérologie au ministère de la Santé. Selon lui, il y a un plus grand nombre de décès chez les personnes atteintes du cancer du côlon que les autres types de cancer.

Le conseiller en gastroentérologie, Dr Farouk Bholah.

« Nous pouvons avoir plus de cancers du sein à Maurice par exemple, mais ce n’est pas ce type de cancer qui tue le plus, mais c’est bien celui du côlon », a-t-il précisé, et cela en raison du dépistage difficile de ce type de cancer dont les symptômes sont invisibles.

« Quand on le découvre, il est peut-être déjà à un stade avancé », a-t-il expliqué. Ainsi, ce n’est que quand la maladie a bien progressé que les premiers signes vont apparaître.

C’est le cas dans deux tiers des cancers du côlon qui sont dépistés. Le symptôme le plus typique : les traces de saignement dans les selles. Il peut aussi avoir des changements dans la fréquence des selles.

« S’il y a assez de sang, on va le remarquer à l’œil nu, mais si ce n’est pas le cas, ce ne sera pas visible. C’est un saignement occulte. Il est possible également d’avoir la présence de glaire dans la selle », selon lui. Si le cancer est à un stade avancé, cela peut s’accompagner d’une perte d’appétit et de poids.

Comme c’est le cas de la plupart des cancers, le risque augmente plus on avance avec l’âge. Selon le Dr Bholah, il y a une hausse annuelle de 10% du cancer du côlon. La progression est rapide et il y a plusieurs facteurs qui peuvent expliquer cela et ils sont multiples, souligne-t-il. Il y a une interaction entre les différents facteurs.

« Auparavant, on parlait de facteurs génétiques. Dans certaines familles, il y a plus de cas de cancer que d’autres. Mais cela ne représente que 5%, en cas de facteur génétique puissant », a soutenu le Dr Bholah. Et en ce qu’il s’agit du facteur génétique moyen, c’est entre 20 et 25%. En d’autres mots, 75% des personnes qui ont le cancer n’ont pas un facteur génétique fort.

« Il y a peut-être un petit facteur génétique qui est présent, mais ce n’est pas l’élément déclencheur », a précisé le gastro-entérologue.

Le cancer du côlon est devenu le cancer le plus commun chez les hommes et a devancé celui de la prostate. Chez la femme, le cancer du côlon a surclassé celui du col de l’utérus et se situe en deuxième position derrière le cancer du sein, a aussi fait ressortir le gastro-entérologue.


Facteurs déclenchants

Parmi les facteurs déclenchants du cancer, il y a la cigarette et l’excès d’alcool. Le tabac augmente le risque d’avoir le cancer par 10%. Idem pour l’abus d’alcool. Les deux combinés augmentent le risque d’avoir le cancer du côlon par 20%.

À Maurice, il y a aussi le facteur métabolique qu’il faut prendre en considération. L’équilibre entre la masse musculaire et la graisse est important et doit être respecté. Une personne active aura plus de masse musculaire que de graisse et c’est l’inverse quand il s’agit d’une personne sédentaire.

Le poids sera peut-être identique chez les deux sujets, mais les proportions différentes, ce qui est mauvais pour la santé. En cas d’obésité, les cellules grasses peuvent provoquer le cancer. L’obésité est un facteur de risque du cancer.

La graisse dans le corps secrète des produits chimiques qui favorisent le développement du cancer. En pratiquant une activité physique régulière, on va réduire la proportion de graisse pour avoir plus de muscles et cela a un effet protecteur.

Les changements métaboliques ont un grand effet sur le cancer, souligne le Dr Bholah. L’obésité conduit aussi au diabète ; le diabète est en lui-même un autre facteur de risque pour avoir le cancer. Il y a plus de personnes atteintes du cancer chez les diabétiques que chez les personnes qui n’ont pas le diabète.

De plus, avec le rajeunissement des maladies métaboliques, cela engendre un rajeunissement du cancer également.


Dépistage

Le dépistage du cancer du côlon peut se faire à travers l’analyse de la selle pour rechercher une éventuelle trace de saignement. Le ministère de la Santé travaille actuellement sur une étude pilote autour du dépistage précoce de cette maladie. Il devrait être lancé dans quelques mois.

Le dépistage précoce ne se fait pas systématiquement. Il y a au préalable une évaluation des risques: âge et antécédent familiaux, entre autres. En cas de présence de saignement, un examen par coloscopie est effectué pour confirmer le diagnostic.

La coloscopie peut être effectuée chaque 10 ans chez un patient sain. Cependant, si des traces de polypes ont été découvertes, l’examen doit se faire à un intervalle plus court. Au cours de cet examen, les polypes sont enlevés afin de prévenir un éventuel cancer du côlon.

La fréquence de la coloscopie se fait au bout de 10 ans après un premier examen si aucune trace de polypes n’a été détectée. Le cancer du côlon est ainsi évitable, car il est possible d’intervenir avant que les cellules cancéreuses n’apparaissent.

Qualité des aliments à prendre en compte …

Selon les études, il y a des facteurs déclenchants qui jouent un rôle dans l’apparition de certains types de cancer. Parmi il y a le mode de vie. Selon le Dr Bholah, le mode d’alimentation a drastiquement changé. Si auparavant on consommait beaucoup de fruits et légumes, tel n’est plus le cas de nos jours.

Aujourd’hui, les viandes et les poulets occupent une place prépondérante dans l’alimentation au détriment des fruits et légumes, pourtant nécessaires, puisqu’ils apportent de nombreuses vitamines essentielles pour le bon développement du corps.

« Les fruits et légumes qui contiennent beaucoup de fibres, vitamines et antioxydants, entre autres, ont un effet protecteur contre le cancer », précise le gastro-entérologue. Pour lui, consommer un repas bien équilibré avec la quantité de fruits et de légumes nécessaire est bénéfique pour la santé.

La qualité de nos aliments peut aussi poser problème, selon le Dr Bholah. En effet, les aliments étant industrialisés peuvent contenir des produits chimiques néfastes à la santé. « Auparavant, on consommait du poulet élevé dans la cour, maintenant ce sont des poulets nourris avec des produits pour les faire grossir rapidement. De plus, les poulets sont plus gras que ceux d’autrefois », a-t-il expliqué.

Il a ajouté que d’après quelques observations effectuées dans certains pays, ceux qui ont consommé beaucoup de viande sont plus à risque d’avoir un cancer que ceux qui en ont mangé moins. La viande rouge peut ainsi être associée avec le cancer du côlon, tout comme la graisse animale.

Il a, toutefois, précisé qu’il est difficile de faire une étude pour l’affirmer, car on ne peut demander à un groupe de personnes de manger de la viande pour découvrir s’ils auront le cancer. « On ne peut que faire une rétrospective pour voir ce qui se passe dans la société », a-t-il fait ressortir.

Il a aussi expliqué que les végétariens sont moins à risque d’avoir le cancer du côlon, mais qu’il ne faudrait pas prendre uniquement ce facteur en considération puisque le cancer peut avoir d’autres facteurs déclenchants.

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