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Maladies cardiovasculaires : plusieurs facteurs de risque sous-estimés chez la femme

La première cause de mortalité chez la femme dans le monde est la maladie cardiovasculaire. Pour cause : les facteurs de risque sont souvent méconnus ou sous-estimés et les symptômes négligés. Voici les conseils d’experts à l’occasion de la Journée mondiale du cœur, observée le 29 septembre.

De nombreuses femmes sous-estiment les symptômes qui apparaissent avant une crise cardiaque. C’est ce que fait comprendre le Dr Deshmukh Reebye, cardiologue. Pour ce dernier, les femmes ont plusieurs facteurs de risque qui ne sont pas assez pris au sérieux.

Outre la sédentarité et le surpoids, d’autres facteurs sont à prendre en considération chez la femme, notamment le tabagisme et l’alcool qui augmentent drastiquement le risque d’une maladie cardiovasculaire. « Il faut savoir que les artères des femmes sont plus fines et plus fragiles, d’où l’impact qui est plus drastique chez celles qui fument et les consommatrices d’alcool », explique le Dr Deshmukh Reebye.

La bonne santé du cœur passe par une alimentation saine

Le cardiologue explique qu’il suffit d’une à deux cigarettes pour augmenter significativement le risque de maladies cardiovasculaires. Par contre, le risque diminue considérablement deux à trois ans après la cessation du tabac. Idem pour l’alcool. « La femme tolère moins bien l’alcool. Le simple fait de consommer deux verres par jour est suffisant pour accroître le risque d’infarctus », indique-t-il.

Plusieurs symptômes sont méconnus des femmes, selon le médecin. Il y a plusieurs signes qui doivent les alerter. Parmi, on retrouve les palpitations, une sensation d’oppression de la case thoracique, des difficultés à respirer, une sensation de fatigue persistante, l’essoufflement à l’effort et parfois au repos. Des troubles digestifs et des nausées sont aussi parmi les autres signes à ne pas négliger.

« Il faut aussi comprendre que la femme a trois périodes dans sa vie hormonale qui sont étroitement liées aux risques élevés des maladies cardiovasculaires. Il s’agit de la contraception, la grossesse et la ménopause », explique le Dr Deshmukh Reebye.

Le syndrome métabolique

La ménopause peut augmenter le risque de maladie cardiovasculaire chez certaines femmes. « Cela dépend du degré de sévérité de certains symptômes », estime le médecin. Ce facteur de risque est encore plus présent chez les femmes qui ont eu une ménopause prématurée.

L’hypertension artérielle, si les symptômes sont négligés, peut causer des attaques cérébrales, des infarctus ou de l’insuffisance cardiaque. On retrouve aussi le diabète et le cholestérol qui font partie des autres facteurs de risque.

À Maurice, de nombreuses femmes souffrent de ces multiples complications. Elles risquent ainsi de faire face au syndrome métabolique qui englobe cette série de problèmes de santé, ayant en commun un mauvais métabolisme corporel.

L’impact du stress

Le stress peut à terme déclencher une maladie cardiaque ou un accident vasculaire cérébral (AVC), au même titre que le tabagisme, le diabète ou l’hypertension artérielle. Autre point soulevé par le médecin : le « marital stress ». Chez de nombreuses femmes, le stress chronique lié au couple et à la famille peut augmenter significativement le risque de cardiovasculaire, selon le médecin.

Suivi continu

Les symptômes sont souvent maladroitement associés à la fatigue habituelle et sont donc négligés. « C’est pour cette raison que les femmes tardent à se tourner vers un médecin », estime le Dr Reebye qui conseille un bilan médical régulier.

Le suivi continu se fait par le médecin généraliste. « Il faut pouvoir faire des examens régulièrement, par exemple chaque six mois. Ce n’est qu’avec ces suivis que le médecin pourra détecter des anomalies et référer la patiente à un médecin spécialisé pour le cœur », fait-il comprendre, tout en mettant l’emphase sur l’importance d’être à l’écoute de son corps et de ne pas banaliser les signes.

Les problèmes cardiovasculaires détectés à temps peuvent mener à une meilleure prise en charge et éviter les complications graves de la santé. « Il faut savoir que les femmes se remettent plus lentement d’une crise cardiaque», conclut le médecin.

Hygiène du cœur : privilégiez une cuisine saine

Les besoins nutritifs d’une femme diffèrent de ceux des hommes. Une bonne hygiène de vie et une alimentation saine, variée et équilibrée sont des solutions efficaces contre les maladies cardiovasculaires. L’hygiène de vie d’une femme n’est pas la même que celle d’un homme.

« Bien que les deux sexes ont besoin d’un apport adéquat dans les mêmes nutriments, les quantités seront différentes », explique Diane Desmarais, nutritionniste. En effet, à la ménopause, les femmes développent plus de risques de développer une maladie cardiovasculaire, fait ressortir Diane Desmarais. « Elles perdent en quelque sorte la protection hormonale et elles doivent donc faire plus attention ».

Un bon régime alimentaire est de mise pour éviter les complications cardiovasculaires. « Une consommation réduite en glucides, soit en féculents tels que le pain, les pâtes, le riz et le sucre éviteront l’excès de triglycérides dans le sang ainsi que le surpoids au niveau de l’abdomen ». De plus, une consommation suffisante en acides gras essentiels oméga 3 et 6 est importante. Ils se trouvent essentiellement dans le poisson gras et les graines de lin, de tournesol et de courge, ainsi que des amandes, des noix et leurs huiles.

Légumes verts et fruits

« En plus d’être des sources d’acides gras, les fibres solubles absorbent l’excès de cholestérol dans le tube digestif. L’on en retrouve dans des sons d’avoine et des fruits qui sont de bons alliés pour le cœur ». Diane Desmarais explique aussi que les protéines végétales présentes dans les légumineuses, tofu et noix, le riz complet en quantité modérée et les légumes apportent, non seulement des fibres, mais assurent la satiété en protégeant le cœur et l’organisme en général. Les légumes verts à feuilles sont particulièrement bénéfiques, de même que les légumes et fruits de couleurs vives pour leur apport en antioxydants, dont les vitamines A, C et E. Ces derniers agissent sur la protection des artères.

Pour protéger le cœur, la nutritionniste conseille d’éviter certains aliments, notamment ceux pré-cuisinés et industriels, les viandes transformées, les sorties régulières au restaurant, le sucre et le fast-food. «Tous ces aliments augmentent l’inflammation, ce qui crée un durcissement des artères. Le taux élevé de cholestérol et de triglycéride, avec le diabète de type 2 et l’hypertension, le tout associés est un cocktail dangereux pour s’exposer à une maladie cardio-vasculaire ».

Pour une meilleure hygiène du cœur, Diane Desmarais recommande de privilégier la cuisine saine à la maison. «Vous pouvez inclure des aliments bénéfiques dans votre assiette, faire du sport tous les jours et gérer votre stress ».

Santé du cœur : bougez !

Une bonne hygiène de vie passe par trois facteurs, outre une alimentation équilibrée, il est tout aussi primordial de se reposer et de pratiquer un sport. « Tout le monde n’est pas sportif. Il faut avant tout ne pas mener une vie sédentaire. Bouger permet aux muscles du corps et du cœur de travailler », inique Stephan Manique, coach sportif professionnel.

Le repos est aussi un aspect à prendre en compte pour une meilleure hygiène de vie. «Outre les 7 à 8 heures de sommeil par nuit, nous avons aussi besoin de repos. Une petite sieste en journée permet de reposer son corps et son esprit face au stress du quotidien ».

La santé du cœur n’est pas une question de sexe, selon le coach sportif. « Une femme peut être plus endurante qu’un homme. Nous le voyons souvent dans les trails par exemple».

Le sport ne rime pas nécessairement avec salle de gym. « Chacun pratique du sport a son rythme. Faire de la marche au minimum 30 minutes trois fois par semaine est suffisant. Donnez priorité aux exercices cardio. Si on cherche à être juste en forme, trois séances par semaine à raison d’une heure seraient suffisantes». Au travail notamment, il n’est pas recommandé de rester trop longtemps dans la même position. « Accordez-vous des pauses de 5 minutes chaque 1 h 30 et pratiquez une petite marche ».

L’activité physique pratiquée régulièrement a des effets démontrés sur la fonction cardiaque.

À court terme, la fréquence cardiaque est moins élevée et le cœur moins sollicité. De plus, l’effort que le cœur doit faire pour éjecter le sang vers les artères est moins important. La consommation maximale d’oxygène étant plus élevée se traduit par une capacité cardio-respiratoire de meilleure qualité.

La santé du cœur n’est pas une question de sexe

À la longue, vous développerez une augmentation de la capacité à réaliser un effort de courte durée sans oxygène. Ces effets positifs se développent en quelques semaines, mais à condition que la pratique soit régulière.

En cas d’arrêt des activités physiques, les effets disparaissent en moyenne entre 3 et 6 semaines.

 

 

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