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Le fibrome peut avoir une incidence au moment de la grossesse

Il est possible de bien vivre tout en ayant un fibrome. Sauf lorsqu’il y a des douleurs et un désir de fonder une famille. Tout dépend aussi de la localisation du fibrome. C’est ce qu’a expliqué le Dr Vayesen Pyneeandee, obstétricien et gynécologue, qui exerce dans le privé, lors de l’émission Allô docteur de Radio Plus.

Le fibrome est une tumeur bénigne. Il est assez commun chez les femmes de plus de 30 ans particulièrement. « Environ 30 à 35 % de femmes au-dessus de 30 ans peuvent avoir un fibrome », explique le Dr Vayesen Pyneeandee. Outre l’âge, cela dépend aussi de l’appartenance ethnique. Selon lui, le fibrome touche davantage les descendants d’Africains et d’Asiatiques. Mais les femmes qui ont accouché plusieurs fois, qui connaissent un déséquilibre hormonal et qui sont en surpoids, sont plus à risque.

Dr Vayesen Pyneeandee
Dr Vayesen Pyneeandee.

La surconsommation d’alcool est aussi un facteur de risque. Il en est de même pour le facteur de l’hérédité. Une femme dont la maman a eu un fibrome a plus de risque d’avoir un fibrome à son tour. Mais il y a aussi une corrélation entre l’apparition d’un fibrome et le fait d’avoir connu plusieurs grossesses. Quand une femme a trop d’œstrogènes et est en surpoids elle a tendance à développer un fibrome, car elle a moins de progestérone. Une forme de traitement c’est de donner de l’hormone déficitaire.

Il existe un risque très faible (0,5 %) d’avoir un cancer à cause de la présence d’un fibrome, a affirmé le spécialiste. Il y a certaines conditions qui font que le fibrome peut dégénérer et devenir cancéreux, mais c’est très rare. Le gynécologue a toutefois précisé que malgré le fait que ce soit une tumeur bénigne, le fibrome peut provoquer plusieurs complications. Tout dépend de sa localisation.

Le fibrome se développe au niveau du muscle de l’utérus, le myomètre. À partir de là, il va se diffuser soit à l’intérieur de l’utérus (fibrome interstitiel) ou à l’extérieur (fibrome sou-séreux) ou à l’intérieur de la cavité (sous-muqueux). Selon le type de fibrome il y a des complications et symptômes. Le fibrome saigne par rapport à sa localisation comme dans l’utérus et la cavité du vagin. Les fibromes qui sont interstitiels ne saignent pas.
Le gynécologue a voulu être rassurant en expliquant que le fibrome n’est pas un sujet tabou et qu’il ne faut pas avoir peur ou honte d’en parler. « 50 % des fibromes sont découverts lors d’un examen gynécologique de routine. On peut vivre normalement avec un fibrome qui ne présente aucun symptôme. Cela ne nécessite aucun traitement ni d’intervention chirurgicale pour être enlevé » a-t-il affirmé.

Mais il y en a d’autres qui, dépendant de leur localisation, doivent être traités. « Il ne faut pas s’alarmer dans ce genre de situation », a fait ressortir le gynécologue. « Les fibromes qui n’ont pas de signes ne doivent pas être traités. Il n’y a que ceux qui présentent des symptômes ou un problème qui nécessitent un traitement », a-t-il soutenu. Cela dépend aussi de sa taille et de sa localisation et du désir de grossesse de la femme, a ajouté le spécialiste.

Parmi les problèmes, il y a la pesanteur qui fait que la femme aura envie d’uriner régulièrement si le fibrome s’appuie sur sa vessie. Elle peut aussi être constipée ou sentir un ballonnement avec le ventre qui est gros et lourd. La femme qui a un fibrome peut avoir une embolie ou phlébite qui sont des compressions des veines dans les pieds. « Tous ces symptômes sont dûs à un fibrome qu’il faut opérer », a expliqué l’invité de l’émission Allô docteur.

Faut-il enlever un fibrome ?

Il n’est pas nécessaire d’enlever un fibrome aussi longtemps qu’il ne présente pas de symptômes. Il ne devrait pas être enlevé non plus lors d’une césarienne, car cela risque de provoquer une hémorragie qu’il serait difficile d’arrêter.

Le choix d’enlever un fibrome dépend aussi de la patiente, de son âge, de la localisation de la tumeur et du nombre de fibromes, car cela va définir la technique d’intervention. Le désir d’enfanter de la femme est aussi pris en considération. Dans certains cas, il faut enlever l’utérus qui est un organe qui a une valeur sentimentale et est déterminant pour la féminité. « Ce n’est pas au médecin de décider mais à la patiente en ayant une connaissance de toute la panoplie de solutions », explique le Dr Pyneeandee.

Un fibrome peut poser problème lors d’une grossesse. Cela peut entraîner une fausse couche ou un accouchement prématuré. Il peut être un facteur de complications.

Le traitement passe par plusieurs étapes. Dans 50 % des cas, cela ne nécessite pas de traitement. Lors d’une grossesse, la taille va augmenter. Il ne faut pas sous-estimer un fibrome et bien le contrôler pendant une grossesse.

La présence d’un ou de plusieurs fibromes peut avoir une incidence sur la vie sexuelle d’un couple. Il peut engendrer des douleurs lors des relations sexuelles. Le conjoint devrait encadrer et soutenir sa compagne pour l’aider à traverser cette étape.

Polype et fibrome

Le polype se développe à partir d’un tissu mou et le fibrome à partir du muscle. Le polype peut être bénin ou malin alors que le fibrome est une tumeur bénigne dans la majorité des cas.
Le fibrome peut être détecté par le toucher et peut être de la taille d’une citrouille qui peut donner l’impression que la femme est enceinte. Outre l’échographie, il y a aussi l’hystéroscopie qui consiste à passer une caméra par le vagin pour voir la cavité de l’utérus. Cela se fait sous anesthésie locale. Il y a aussi l’examen par imagerie à résonnance magnétique (IMC). L’échographie est l’outil le plus important, qui va permettre de déterminer si un fibrome doit être enlevé ou pas.

Mesures de prévention

Afin de prévenir l’apparition de fibrome, il est conseillé de ne pas consommer du soja qui est rempli d’œstrogènes. Il faut surveiller son alimentation, pratiquer une activité physique régulière. Marcher 45 minutes, trois à quatre fois par semaine, est recommandé. Cela permet de diminuer les pathologies féminines tout comme les risques de maladies non-transmissibles (obésité, hypertension, diabète, maladies cardiovasculaires).

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