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Dr Pascale Dinan : « Il faut éviter l’isolement prolongé des seniors après le déconfinement »

Cela ne fait aucun doute, les deux mois que nous avons tous passés en confinement ont eu des répercussions sur notre vie quotidienne. Notamment chez les seniors, qui en plus d’être répertoriés comme personnes à risque, se sont brusquement retrouvés isolés. Une situation difficile à vivre pour certains, non sans conséquences sur la santé. Alors que les modalités du déconfinement ont animé de vifs débats, le Dr Pascale Dinan, médecin gériatre et présidente de l’ONG Groupement FIAPA, tient à ce que les seniors ne soient pas laissés de côté et qu’ils soient écoutés.

Le confinement vécu par nos seniors

Trouver des occupations pour mieux vivre le confinement, sacrifier sa vie sociale, être dans l’impossibilité d’aller faire ses courses, avoir des inquiétudes quant au suivi hospitalier pour les maladies chroniques ou autres pathologies, voilà ce à quoi sont confrontés les seniors au quotidien. Les plus de 60 ans sont souvent ceux qui aident leurs parents plus âgés, mais sont aussi bénévoles dans des ONG. Certains aident un voisin ou une personne âgée pendant la journée pour apporter du soutien à ceux qui sont isolés. D’autres ont dû faire face à un décès pendant le confinement et à la dure réalité qu’impose celui-ci. Enfin, l’après-confinement soulève également certaines inquiétudes.

Qu’en est-il de ceux qui sont dépendants ?

En ce qui concerne les seniors dépendants, que ce soit à domicile, en institutions ou en maisons de retraites, ces derniers se sentent vulnérables face au risque d’infection au nouveau coronavirus. La plupart des établissements ont pris des mesures de confinement total pour leurs aînés et leurs personnels qui fonctionnent sur un système de roulement. Malgré des mesures visant à protéger leurs résidents, les familles n’ont pu entrer en contact avec leurs proches que par le biais du téléphone ou des réseaux sociaux, du moins pour ceux qui savent utiliser ces moyens de communication modernes.

D’autre part, la peur de pouvoir être infecté par un membre du personnel asymptomatique est bel et bien réelle. Les médecins se sont vu refuser l’entrée dans certains établissements et ont dû délivrer des vaccins et ordonnances médicales devant les grilles. Des résidents auraient souhaité pouvoir être pris en charge quotidiennement en visioconférence avec leur médecin. D’autres se demandent si les moyens de protection comme les masques, les solutions hydroalcooliques et les gants sont disponibles en quantité suffisante.

« Il faut faciliter le déconfinement de nos aînés »

La situation actuelle est, pour certaines personnes âgées, source d’angoisse permanente. Afin qu’ils retrouvent un mode de vie plus serein, le Dr Pascale Dinan explique qu’il faut faciliter le déconfinement.

Pour cela, la gériatre propose de faciliter la réalisation de tests rapides et PCR au sein des établissements, auprès de personnes âgées à domicile et de garantir les conditions de leur administration.

Elle suggère de « renforcer l’encadrement médical et soignant des maisons de retraite et des établissements d’hébergement tout en garantissant leur financement », mais aussi d’« assurer une permanence de médecins ou de gériatres joignables par les établissements pour bénéficier d’un appui supplémentaire ».

« Lors du déconfinement, il faut à tout prix éviter la discrimination par l’âge ou l’âgisme en prolongeant le manque d’activités physiques, sociales et un isolement qui peut entraîner des troubles psychologiques et une baisse de l’immunité pouvant engendrer des maladies », insiste le Dr Dinan. Elle ajoute que l’âge à lui seul n’explique pas la vulnérabilité face au Covid-19. Il existe d’autres facteurs tels que l’obésité, les traitements par chimiothérapie, l’insuffisance cardiaque ou respiratoire chronique.

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