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Démence : 12 000 personnes souffrent d’Alzheimer à Maurice

Il ne faut pas avoir peur de la maladie d’Alzheimer. S’informer sur cette maladie est important afin de pouvoir la prévenir et assurer une meilleure prise en charge de la personne atteinte de cette pathologie.

Il est estimé que 12 000 personnes souffrent de la maladie d’Alzheimer à Maurice. Avec le vieillissement de la population, ce nombre est appelé à augmenter selon le Dr (Mme) Poonam Bissessur, psychiatre à l’hôpital Dr A. G. Jeetoo. Elle était l’invitée de l’émission Allô Docteur de Radio Plus. Selon elle, ce chiffre de 12 000 serait plus important, car de nombreux cas n’ont pas été diagnostiqués.

En dépit des caractéristiques de la maladie, qui sont une dégradation de la mémoire, du raisonnement, du comportement et de l’attitude des personnes atteintes dans leurs activités quotidiennes, il ne faut pas en avoir peur, a-t-elle soutenu. La psychologue et spécialiste en psychogérontologie Laurence Kisnorbo a abondé dans le même sens. Elle apporte son soutien à l’Association Alzheimer.

L’Alzheimer est une maladie chronique et évolutive qui se dégrade au fur et à mesure, c’est-à-dire qu’elle empire avec le temps, a expliqué le Dr Bissessur. La prise en charge est importante afin que le malade puisse conserver son autonomie le plus longtemps possible ou encore retarder l’échéance des symptômes, ont précisé les deux invitées de l’émission.

Une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer va perdre son sens de l’orientation, ainsi que ses facultés en termes de temps et d’espace. « Elle ne pourra pas faire des calculs et va perdre sa capacité d’apprendre de nouvelles choses », selon elle. De plus, il y a aussi une perte au niveau du langage et du jugement.

« Dans certains cas, il y a également un problème de comportement. La personnalité de la personne change et elle peut devenir agressive », explique la psychiatre. Selon cette dernière, « le malade peut oublier ce qu’il a mangé la veille ou ne pas se rappeler que son enfant s’est marié, par exemple ». Elle explique aussi que d’autres malades peuvent faire preuve d’irritabilité et être agacés.

Dégradation de la mémoire

L’Alzheimer est une maladie incurable. Le processus de la dégradation de la mémoire est irréversible, mais il est possible de retarder l’échéance ou de stabiliser le malade en encadrant ce dernier avec efficacité, ont expliqué Laurence Kisnorbo et le Dr Bissessur. Toutefois, au bout d’une certaine période, la maladie va continuer à progresser et ses effets se feront ressentir de plus en plus, ont-elles précisé. « La prise de certains médicaments peut être favorable pour certaines personnes et retarder effectivement la maladie », a dit la psychiatre.

Autonomie : la clé pour aider les malades

Une dégradation prononcée de la maladie a été notée chez les patients privés de leur autonomie, d’où l’importance d’une bonne prise en charge a dit le Dr Bissessur. « Quand le patient conserve son autonomie et bénéficie d’un bon encadrement de la part des personnes de son entourage, c’est-à-dire qu’elles disposent des informations nécessaires sur la maladie, nous remarquons qu’il y a une nette amélioration sur l’état de santé du malade », a-t-elle affirmé.

Laurence Kisnorbo fait remarquer qu’une personne très sociable peut changer du jour au lendemain, par exemple elle peut se replier sur elle-même, se montrer moins disposée au dialogue et s’isoler durant une fête familiale.

Nul n’est à l’abri de la maladie d’Alzheimer ont fait ressortir les deux invitées de l’émission. Selon le Dr Bissessur, un lien très fort existe entre la maladie d’Alzheimer et le mode de vie d’une personne, comme la sédentarité, l’obésité, l’hypertension, le diabète, les maladies cardiovasculaires ou l’AVC. « Ce sont des facteurs de risque qui pourraient être à l’origine de la maladie d’Alzheimer », a-t-elle expliqué.

En conséquence, une alimentation saine et équilibrée, ainsi que la pratique régulière d’une activité physique peuvent contribuer à prévenir la maladie ou retarder son échéance.

Vie sédentaire et cigarettes

L’Alzheimer peut être prévenu. Pour cela, il faut travailler sur les facteurs de risque, comme la cigarette et une vie sédentaire. Il est ainsi recommandé d’avoir une alimentation saine et équilibrée et pratiquer une activité physique régulièrement, comme une marche de 30 minutes.

La stimulation du cerveau est aussi importante. Elle se fait à travers des jeux, comme les mots fléchés ou le sudoku. La lecture permet aussi de contribuer à prévenir la démence. Il est aussi important de rompre l’isolement en allant à la rencontre des autres dans des groupes de troisième âge par exemple ou en participant à des activités sociales ou familiales.

Clinique de dépistage

Le ministère de la Santé vient de mettre en place un nouveau service à l’hôpital Victoria. Il s’agit du « Early Dementia Diagnosis Clinic » qui a pour objectif d’assurer le dépistage précoce de la maladie. Dès que les premiers signes se manifestent, il est important d’établir un diagnostic afin de détecter s’il s’agit bel et bien de démence ou d’un autre problème de santé.

Les différents hôpitaux régionaux assurent aussi un dépistage primaire des patients à travers des consultations assurées par des médecins et des psychiatres qui y sont postés. Le dépistage se fait à travers des questions précises. Avec l’ouverture de ce nouveau département à l’hôpital Victoria, les personnes présentant des signes d’Alzheimer y seront référées par leur médecin traitant.

Pour des stratégies d’encadrement durables

La prise en charge d’une personne souffrant d’Alzheimer est importante. Le malade doit être traité avec amour, empathie et bénéficier d’un soutien indéfectible de ses proches. Embaucher un garde-malade peut être d’une grande aide pour les membres de la famille qui peuvent souffler de temps en temps.

Encadrer un malade souffrant d’Alzheimer ou autre type de démence peut s’avérer éreintant, ont fait ressortir le Dr Poonam Bissessur et Laurence Kisnorbo. Ainsi, la prise en charge est importante dès le début de la maladie, car, ainsi, il est plus aisé de mettre en place des stratégies qui vont être durables et efficaces dans le long terme a précisé Laurence Kisnorbo.

Selon le Dr Bissessur, la maladie a un impact physique, psychique et psychologique sur la personne et peut influer sur la vie sociale et économique de sa famille. « Au fur et à mesure, la situation financière risque de devenir difficile pour aider le patient à faire face à sa maladie », selon elle. Cependant, peu importe la condition du malade, il est vital de le soigner dans la dignité et avec amour et affection.

Il est important que le proche ou la personne qui s’occupe d’un malade souffrant d’Alzheimer prenne du temps pour souffler. Cela contribuera à faciliter la prise en charge du malade, soulignent Laurence Kisnorbo et le Dr Bissessur. Cet aspect est important, car tout signe d’irritabilité du proche ou de l’aide-soignant peut être incompris par le malade. Ce dernier risque fort de s’en offusquer, car les malades souffrant d’Alzheimer sont susceptibles et ressentent de manière vive les émotions qu’ils perçoivent.

L’accompagnement, est important, car il permet au malade de rester autonome le plus longtemps possible. Parmi les mesures à mettre en place à la maison pour un accompagnement efficace, on retrouve des étiquettes à coller sur les placards pour indiquer au malade où les affaires sont rangées, a expliqué Laurence Kisnorbo.

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