Covid-19 : Quel est l’impact du virus sur les poumons ?

Alors que les patients présentant une forme sévère de Covid-19 continuent d’affluer dans les hôpitaux du monde entier, les médecins ont découvert que la maladie s’attaquait aux poumons de manières différentes. Si certains décrivent un syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA), d’autres présentent un œdème pulmonaire de haute altitude (OPHA). Le point avec le Dr Rajiv Kumar, pneumologue et président de la Mauritian Respiratory Society.

Comment le covid-19 affecte-t-il les poumons ?
Le covid-19 est une maladie causée par le SARS-CoV-2, un virus de la famille des coronavirus. Ce n’est pas la première fois que nous faisons face à cette famille de virus. En 2002, le SRAS faisait son apparition, en 2012 le MERS.
« Comme les autres maladies dues à des coronavirus, celle du covid-19 entraîne une infection respiratoire sévère. La maladie peut être bénigne, modérée ou prendre une forme plus sévère. Lorsque la maladie est bénigne, elle n’affecte pas les tissus du poumon. Les poumons commencent à s’endommager quand il y a des complications de la maladie. C’est à ce moment-là que l’on parle de pneumonie. La pneumonie survient dans les formes modérée, sévère et critique de la maladie. Ce que l’on remarque à l’image dans les poumons de ces patients se sont comme des poussières dans les tissus pulmonaires », explique le Dr Rajiv Kumar, pneumologue.
Que sait-on aujourd’hui sur la façon dont la maladie touche le système respiratoire ?
(Dr Kumar) Le covid-19 est une nouvelle maladie pour laquelle on en apprend un peu plus chaque jour. D’après les données que nous avons des médecins du monde entier, il semblerait que la maladie montre des schémas différents pour les formes modérées à critique. Mais en règle générale, elle occasionne une pneumonie. Dans 5% des cas, la pneumonie s’aggrave et entraîne une détresse respiratoire aiguë (SDRA) qui se traduit par un manque d’oxygène dans le sang.
Le syndrome de détresse respiratoire aiguë est un stade de la maladie où les tissus du poumon agissent comme une éponge mouillée. Il y a alors une présence de fluides dans les tissus. Les poumons perdent de leur élasticité ne pouvant plus se gonfler d’air correctement. Tous ces changements font qu’il est difficile pour les poumons d’envoyer la bonne quantité d’air dans le sang.
La plupart des patients ayant un SDRA doivent être sous respirateur artificiel pour maintenir leur taux d’oxygène dans le sang. C’est ce dont il s’agit lorsque l’on entend parler de “réanimation” et “d’intubation”. Le but étant de sauver les parties du poumon qui sont en bonne santé tout en diminuant les dommages causés.
Qu’implique la réanimation chez un patient ?
Le taux de mortalité pour les patients atteints de covid-19 en réanimation est de plus de 50%. Cela s’explique par le fait que les patients ont besoin d’une plus longue période d’intubation. L’intubation prolongée entraîne d’autres problèmes qu’il faut aussi gérer.
Parmi eux, réside des problèmes de nutrition, de système de gestion des fluides, de septicémie, ou encore de défaillance d’organes notamment pour le cœur, les reins ou le foie.
Certains patients montrent des signes de détresse respiratoire aiguë, d’autres un œdème pulmonaire de haute altitude, quelle est la différence ?
Le syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) se manifeste par des essoufflements, appelés dyspnée. Infections bactériennes, infections virales, pneumonie, septicémie, overdose… les causes sont multiples.
L’œdème pulmonaire de haute altitude (OPHA) est aussi connu comme le mal aigu des montagnes. Nous voyons souvent cet état chez les alpinistes de haute altitude.
Quand ils sont à 30 000 pieds au-dessus du niveau de la mer, le niveau d’oxygène diminue de 50%. Ce changement soudain va entraîner des difficultés respiratoires si la personne ne s’y est pas acclimatée. Des médecins italiens ont constaté ce phénomène chez certains patients souffrant du covid-19. Le SDRA, quant à lui, est plus fréquent dans la vie courante.




