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Coronavirus : Pourquoi il ne faut pas sombrer dans la psychose ?

Face à la pandémie du coronavirus, difficile de ne pas avoir peur. S’il est normal d’être inquiet dans cette situation encore inédite, il ne faut pas pour autant céder à la panique. C’est ce que nous explique le Dr Michael Atchia, président de l’Académie des Sciences et de la Technologie de Maurice (MAST).

Dr Michael Atchia.
Dr Michael Atchia.

Il y a quelques jours, l’OMS a décrété que le coronavirus était désormais une pandémie, doit-on avoir peur à Maurice ?

En tant que scientifique, je pense qu’il faut savoir garder un sens des proportions face à ce nouveau virus notamment par rapport aux autres virus qui existent et aux autres causes de décès prématurés chez l’Homme. Il faut dire non à la psychose et faire preuve de bons sens. On voit aujourd’hui des personnes qui dévalisent les rayons des supermarchés. Aujourd’hui, le gouvernement adopte des mesures de prévention qui ne peuvent que rendre la population plus disciplinée et plus coopérative. Face à cette situation, chaque personne doit y mettre du sien et faire des efforts pour adopter les recommandations sanitaires de l’OMS et de notre gouvernement.

Alors que la situation devient critique dans certains pays, comment ne pas céder à la psychose ?

C’est une occasion pour le monde entier d’agir et de marcher ensemble. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé tous les pays à «redoubler d’efforts immédiatement» pour lutter contre la pandémie de coronavirus. « J’appelle chaque gouvernement (…) à redoubler d’efforts – immédiatement », a-t-il déclaré dans un communiqué. «Puisque cette crise affecte tout le monde, nous avons tous un rôle à jouer. » Et Maurice a son rôle à jouer.

Faut-il minimiser l’impact de cette crise sanitaire ?

Bien qu’il ne faille pas minimiser l’impact de ce fléau, il faut savoir relativiser. Il n’y a qu’à regarder les chiffres. Aujourd’hui, on dénombre près 8 000 décès pour 200 000 cas de Covid-19. Mais si l’on compare le nombre de décès liés au coronavirus aux autres nombres de décès provoqués par les maladies cardiovasculaires (15 millions par an), aux cancers (10 millions par an), et aux maladies respiratoires incluant le SRAS, la grippe (3 millions par an) on se rend compte que c’est bien moindre.

D’autre part, il faut rappeler que les décès liés aux accidents de la route (1,3 million dans le monde, 100 à 200 à Maurice par an), à la consommation d’alcool et de drogue (respectivement 180 000 et 160 000 par an) et aux suicides (790 000 en 2017), on se rend compte que ces différentes causes font bien plus de ravages.

Le Covid-19 n’est pas la première épidémie qu’il y a eu. Entre 2002 et 2003, le SRAS (Syndrome Respiratoire Aigu Sévère), assez similaire au Covid-19, avait causé plus de 8 000 décès avant de disparaître en 2004. À cette époque, des mesures importantes de santé publique avaient été prises afin d’éliminer le virus. Parmi elles : quarantaine, restrictions de voyage, campagne de sensibilisation, contrôle dans les aéroports… Des mesures qui s’étaient révélées efficaces. Puis, entre avril 2009 à août 2010, le virus H1N1 avait défrayé la chronique. S’il n’a pas totalement disparu et qu’il revient chaque année, y compris à Maurice, les grandes campagnes de vaccination permettent de limiter son impact.

Enfin, il faut se rappeler que le coronavirus a un taux de mortalité très faible, environ 2 % qui varient en fonction de l’âge. Dans 80 % des cas, on guérit du Covid-19 sans hospitalisation. Mais le fait que ce soit un nouveau virus, qu’on ne sait pas encore très bien son mode de fonctionnement et que c’est un sujet couvert en continu par les medias du monde entier, cela crée forcément des inquiétudes.

Quelles leçons peut-on tirer du combat contre cette pandémie ?

Nous vivons aujourd’hui une crise mondiale. Mais cette pandémie nous force à repenser le monde. Pas plus tard qu’il y a quelques semaines, la NASA montrait des cartes de Wuhan en Chine, premier épicentre du coronavirus, presque vierge de pollution industrielle. C’est 20 % à 30 % de particules fines en moins dans l’atmosphère depuis que les usines de Wuhan sont à l’arrêt. Actuellement, on commence à voir le même effet en Italie. Quelques articles plus rares mentionnent les effets positifs de cette pandémie et des mesures qui ont été prises en Chine sur la biodiversité.

D’autre part, on voit le monde entier s’unir et être solidaire pour lutter contre ce fléau. Il y avait un avant Covid-19, il y aura un après, différent de ce que l’on connaissait. Nous serons obligés de revoir notre mode de vie, d’être plus responsables et de consommer local. Il faut dire NON à la peur et au stock de réserve, mais OUI à l’entraide et aux soins de ceux qui sont en difficulté.

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