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Confinement : halte à la consommation d’alcool pour lutter contre le stress

En cette période de confinement total lié au COVID-19 au pays, une hausse de la consommation de l’alcool au domicile est à craindre avec les conséquences suivantes : ses nombreux effets sur la santé, la violence domestique et une baisse de vigilance pour respecter les gestes barrières, entre autres. Donc, attention au danger, surtout si vous consommez de l’alcool pour lutter contre le stress du confinement. Il y a le risque que cela devienne une habitude aux conséquences néfastes. Voici les explications du Dr. Sha Ahmad Mouniir Durgahee et Dr Abhijay Runjeet.

« La consommation d’alcool ou de l’éthanol principalement sous forme de boisson est impliquée à des degrés divers dans plus de 200 problèmes de santé différents. Les effets de l’alcool sur la santé sont nombreux », indique le médecin généraliste et psychiatre Dr Abhijay Runjeet. Il ajoute que l’alcool peut aussi entraîner, en outre, une dépendance tout en augmentant les risques de lésions traumatiques chez une personne ou encore causer plusieurs troubles neuropsychiques, des cancers, certaines infections, des maladies cardiovasculaires ou encore de l’appareil digestif.

Dr Abhijay Runjeet.

« La dose totale d’alcool absorbée et le mode de consommation plus que le type d’alcool chez le jeune buveur ou l’adulte qui en boit au quotidien sont les deux facteurs importants de nocivité. Ainsi une relation dose effet est démontrée. C’est-à-dire que le risque augmente avec le taux de consommation. De plus, c’est la quantité d’alcool pur qui compte et qui est calculable à partir de la quantité de boissons consommées en tenant compte de leurs proportions respectives en alcool, » dit-il.

Il précise que, comme ce sont les vaisseaux sanguins qui propagent de l’alcool dans tout le corps, ce dernier se voit donc totalement affecté par les effets des boissons alcoolisées et leur décomposition dans l’organisme. « Cette assimilation entraîne aussi la production de métabolites. Or, ces substances, si elles sont en trop grand nombre, provoquent un affaiblissement des défenses immunitaires face aux maladies. C’est pourquoi le fait de boire de l’alcool outre mesure, nous rend plus vulnérables à un rhume ou à d’autres infections, parmi le Covid-19, » explique le Dr Abhijay Runjeet.

De plus, en consommant de l’alcool, une personne est alors susceptible de souffrir d’un manque de vitamines. « Cela est dû en partie au fonctionnement de l’alcool lui-même, mais également aux habitudes alimentaires des grands buveurs qui ont une alimentation très peu diversifiée ou déséquilibrée. Or, une mauvaise alimentation couplée à un manque de vitamines entraîne à son tour un affaiblissement du système immunitaire. Donc, une plus grande sensibilité face à la maladie, » affirme le médecin généraliste. Il fait aussi remarquer que face à un virus qui est mortel comme le Covid-19, l’alcool est un facteur contributif à l’aggravation rapide de la santé d’une personne infectée.

Les buveurs sont-ils plus sensibles à la pneumonie ?

Pour sa part, le Dr. Sha Ahmad Mouniir Durgahee qui est un spécialiste en chirurgie thoracique, cardiovasculaire et pulmonaire à Wuhan, dira que les cliniciens observent depuis longtemps une association entre la consommation excessive d’alcool et les effets néfastes sur la santé liés au système immunitaire comme une sensibilité à la pneumonie.

« Au cours des dernières décennies, cette association a été étendue à une plus grande probabilité de syndromes de détresse respiratoire aiguë. L’alcool perturbe les voies immunitaires de manière complexe et apparemment paradoxale. Ces perturbations peuvent altérer la capacité du corps à se défendre contre les infections, contribuer aux dommages des organes associés à la consommation d’alcool, mais encore entraver la récupération après une lésion tissulaire, » soutient le professionnel de santé.

Ce dernier explique que les effets combinés de l’alcool sur l’immunité innée et l’immunité adaptative affaiblissent considérablement les défenses d’une personne. Cela prédispose ainsi les buveurs chroniques à un large éventail de problèmes de santé, y compris les infections et inflammations systémiques, renchérit-il. « En plus de la pneumonie, la consommation d’alcool est liée à des maladies pulmonaires, notamment la tuberculose, le virus respiratoire syncytial et le syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA), entre autres. L’alcool perturbe aussi la fonction ciliaire dans les voies respiratoires supérieures et altère la fonction des cellules immunitaires qui sont des macrophages alvéolaires et des neutrophiles, tout en affaiblissant la fonction de barrière des épithéliums dans les voies respiratoires inférieures, » renchérit le Dr Durgahee.

Il conclut en faisant ressortir que souvent les lésions pulmonaires provoquées par l’alcool ne sont pas détectées jusqu’à ce qu’une infection respiratoire entraîne des maladies pulmonaires plus graves que celles observées chez les non-buveurs.

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