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Depuis l’introduction des vaccins, l’incidence des méningites a diminué

Méninges enflammées, fièvre, vomissement, pleurs, irritation, refus de se nourrir. La méningite est une maladie qui touche dès la naissance. Plus elle surgit tôt, plus elle s’avère dangereuse pour l’enfant. Explications du Dr Ryad Joomye, pédiatre.

La méningite est une inflammation des méninges. C’est la contamination du liquide qui circule autour du cerveau par un germe. Survenant dès la naissance, elle peut être dangereuse pour les nouveaux nés. « Pour les nouveaux nés, la bactérie (souvent le strepto B) contamine l’enfant au moment de l’accouchement. C’est un germe qui colonise le vagin », explique Ryad Joomye. « Une brèche dans la poche d’eau peut permettre à la bactérie d’atteindre le bébé. L’infection dans ce cas précis commence ‘in utero’ et provoque un accouchement prématuré. »

Le pneumocoque et le méningocoque (qui est plus rare à Maurice) sont souvent contractés par les plus grands. « Le germe passe par la sphère ORL et pénètre dans le sang pour atteindre le cerveau », précise le médecin. La méningite chez l’enfant est essentiellement virale ou bactérienne. Toutefois, la maladie peut se propager. L’infection atteint alors le cerveau à proprement dit : une encéphalite. Chez le nouveau-né, elle peut causer léthargie, fièvre, hypotonie, détresse respiratoire et décompensation cardiaque.

Choc septique

Les nourrissons souffriront de fièvre, vomissement, pleurs, irritation, refus de s’alimenter et photophobie (une sensibilité accrue à la lumière voire une intolérance totale à celle-ci), alors que les plus grands enfants souffriront de fièvre, maux de tête, vomissement, photophobie, faiblesse et frissons.

« Très souvent, ces patients doivent être traités en unité de réanimation pédiatrique ».

De nos jours, il existe des vaccins contre la méningite, fait ressortir le pédiatre. « Depuis l’introduction de ces vaccins, l’incidence des méningites a diminué. Le vaccin anti- pneumococcique est disponible dans les dispensaires à Maurice. Le vaccin hexavalent est aussi disponible dans les dispensaires. Il y a l’immunisation contre l’haemophilus influenza. Depuis l’introduction de ce vaccin à large échelle, la méningite haemophilus influenza a quasi disparu. » Il existe aussi des vaccins contre le méningocoque. Les formules pédiatriques ne sont pas disponibles à Maurice, mais sont utilisées en Europe.

La méningite peut être dévastatrice, indique le pédiatre. « Le taux de mortalité est non négligeable. Dans l’immédiat : la maladie provoque souvent un choc septique avec insuffisance du système cardiorespiratoire, hypertension intracrânienne, encéphalite avec convulsions, abcès cérébral, inflammation de vaisseaux sanguins avec parfois infarctus cérébral. À long terme : épilepsie, retard mental, surdité, hydrocéphalie soit une accumulation d’eau dans le crâne, infirmité motrice cérébrale entre autres. La liste est longue. »

La méningite bactérienne se traite par le biais des antibiotiques par voie intraveineuse aussitôt que possible. « Un diagnostic rapide par ponction lombaire est nécessaire avant l’introduction des antibiotiques. » Les méningites virales ne répondent pas aux antibiotiques. Elles auront besoin d’un traitement symptomatique, soit antidouleur, hydratation et dans certains cas un antiviral.

Il est bien sûr possible d’anticiper les complications. « Très souvent, ces patients doivent être traités en unité de réanimation pédiatrique », selon le pédiatre. La prévention passe par le vaccin. Bien que ces derniers ne protègent pas à 100 %, ils diminueront drastiquement le taux de méningite. Les plus jeunes étant les plus vulnérables, le vaccin devra se faire tôt. « Ceux ayant été en contact avec un patient ayant eu le méningocoque devront prendre un antibiotique pour leur propre sécurité. »

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