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Nul n’est à l’abri d’une crise épileptique

1,5 % de la population combinée de Maurice et de Rodrigues est atteinte d’une forme d’épilepsie. Cette maladie peut toucher n’importe qui, a affirmé le Dr Afzal Curimbacus, neurologue. Il était l’invité de l’émission Allô docteur de Radio Plus.

La prévalence de l’épilepsie est de 1,5 % dans n’importe quelle population, selon certaines études. Ce qui place Maurice dans la ‘norme’. D’autres sources indiquent que cette maladie peut toucher entre 3 et 4 % d’une population, selon le Dr Afzal Curimbacus, neurologue à Neurocare Ltd.

Ce dernier explique que l’épilepsie, une maladie cérébrale chronique, est classée au 4ème rang des maladies neurologiques. C’est le résultat de « décharges électriques » anormales qui causent la condition épileptique du patient. Si la décharge touche la partie du cerveau qui contrôle la vision, le patient peut avoir un trouble visuel. Si c’est la partie qui touche les membres, il peut ressentir un engourdissement sur une partie de son corps. « Dans certains cas, le patient peut être conscient de ce qui lui arrive ou il peut être confus et ne pas réaliser les troubles qu’il est en train de subir », selon le neurologue.

Mais il arrive aussi que la décharge électrique touche le cerveau complètement, ce qui fait que la personne peut tomber et n’arrive plus à se contrôler. Une crise épileptique peut durer entre deux à trois minutes. Si elle dure plus longtemps, il faut transporter la personne à l’hôpital. « Une personne peut faire une crise épileptique. Si c’est occasionnel, cela ne veut pas dire qu’elle est épileptique, sauf si cela devient chronique » explique le Dr Curimbacus.

Surveiller les symptômes

Le diagnostic de l’épilepsie se fait le plus couramment à travers un électroencéphalogramme qui permet de capter les activités électriques dans le cerveau du patient. Cela se fait pendant la crise ou entre les crises. Il y a aussi d’autres examens qui peuvent être effectués : le scan du cerveau ou l’imagerie à résonance magnétique (IRM).

L’épilepsie peut toucher n’importe qui, peu importe l’âge. Mais il y a aussi des classifications en ce qu’il s’agit de l’épilepsie. Les bébés prématurés ou les moins d’un an, ceux entre 3 et 10 ans, pendant l’adolescence, les jeunes âgés entre 18 et 40 ans et les personnes âgées peuvent avoir des prédispositions. Le Dr Curimbacus note qu’avec le vieillissement de la population et la hausse des maladies neurologiques comme la démence ou l’Alzheimer, il y a une augmentation des crises épileptiques chez ce groupe de la population. Mais les manifestations de crises ne sont pas les mêmes chez les enfants que chez les adultes.

« Il y a des syndromes qui sont typiques chez les enfants et qu’on ne va pas retrouver chez les adultes comme le syndrome de l’absence », dit-il. Ainsi, l’enfant peut être en pleine activité et se figer pendant une dizaine de secondes et reprendre ses activités normalement. Ce qui peut arriver plusieurs fois dans la journée. Cela peut avoir une incidence sur ses études. Bien souvent, l’enfant ne réalise pas et c’est son entourage qui le remarque, par exemple la nuit où il y a des syndromes spécifiques.

Par ailleurs, une crise de l’épilepsie qui survient pendant l’enfance peut ne pas revenir à l’âge adulte.

Traitement

Le traitement principal de l’épilepsie consiste en la prise de médicaments qui sont efficaces dans 70 % des cas. Cependant, certains médicaments ont des effets secondaires, ce qui fait que certains patients arrêtent leur traitement. Cela peut s’avérer dangereux, car la crise peut être plus sévère, selon le neurologue. Parmi les effets secondaires : des dommages au foie, allergie qui peut provoquer des éruptions cutanées, la somnolence, le vertige, la prise de poids et des tremblements.

Un patient qui a une crise occasionnellement comme une fois par an n’est pas placé sous médicament. Mais il doit avoir une bonne hygiène de vie, éviter le surmenage, ne pas passer trop de temps devant la télévision, ne pas faire des activités qui peuvent le mettre à risque (métier lourd, en hauteur, devant un fourneau). Il ne doit pas consommer de l’alcool ou des substances illicites et éviter la lumière autant que possible.

Si une crise dure plus de cinq minutes au lieu de 2-3 minutes, il s’agit là d’une urgence médicale. Il est recommandé de conduire la personne à l’hôpital.

Il n’y a pas de guérison pour l’épilepsie, car une crise peut revenir n’importe quand. Ceux qui ne font pas de crise après l’arrêt de la prise de médicaments sur une période donnée peuvent être considérés comme ne plus souffrir de la maladie. La maladie est latente tout simplement.

Convulsion v/s crise épileptique
La convulsion est différente de la crise de l’épilepsie. La convulsion survient entre l’âge de 5 mois à 6 ans. À cet âge, le cerveau n’est pas encore assez mature et est sensible à la fièvre. Les symptômes d’une convulsion et d’une crise de l’épilepsie sont presque similaires, mais les deux sont bien distincts. Un enfant qui a fait une convulsion a le risque d’être atteint de l’épilepsie par la suite, selon le neurologue.

Edycs Epilepsy Group
Edycs Epilepsy Group a été établi depuis 1997 pour venir en aide à la communauté des épileptiques. Selon les chiffres, il y a 1,5 % de la population de la République de Maurice qui ont été diagnostiqués de diverses formes d’épilepsie.
Dans le passé, des patients ont été mis à l’écart, ont vécu dans l’anonymat, ont dû faire face à de la discrimination et n’ont pas eu accès à la scolarisation, à l’emploi.
L’Edycs Epilepsy Group compte quatre structures qui ont été mises en place : deux centres médicosociaux comprenant médecins, neurologues, ergothérapeutes, massothérapeutes. Une équipe multidisciplinaire offre des services gratuits à ces personnes. Il y a aussi une école spécialisée pour favoriser l’intégration sociale des bénéficiaires.

Faire face à une crise épileptique

Si on est témoin d’une crise épileptique chez un patient, il est important de l’éloigner de tout élément autour de lui qui pourrait le blesser. Si c’est une crise généralisée, il faut placer la personne en position latérale de sécurité, c’est-à-dire allongé du côté gauche. Il faut veiller à ce que la personne n’avale pas sa langue ou tout ce qu’il pourrait régurgiter.

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