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Gynécologie : causes et traitements du syndrome des ovaires polykystiques

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), dû à un problème hormonal, peut avoir des conséquences graves, s’il n’est pas traité convenablement. Dans bon nombre de cas, c’est à la suite d’un examen en raison de règles irrégulières que le problème est découvert.

Une pilosité excessive au niveau de menton, des favoris, de la poitrine, du ventre, des jambes et une décoloration sous le bras, dans le cou et les plis de la peau sont quelques-uns des signes du syndrome des ovaires polykystique (SOPK). Cependant, ces signes ne sont souvent pas pris en considération. Ils sont considérés comme une chose normale, dans certains cas, jusqu’à ce qu’un diagnostic tombe par rapport à un problème de règles irrégulières et/ou de fertilité.

C’est ce qu’ont expliqué Dr Iswaraj Ramracheya, endocrinologue et consultant en diabétologie au ministère de la Santé et le Dr (Mme) Himla Bhoma, consultante en gynécologie et obstétrique à l’hôpital Dr A. G. Jeetoo. Ils étaient les invités de l’émission Allô docteur de Radio Plus.

« Le SOPK est un groupe de symptômes qui apparaît lors d’un problème hormonal », a fait ressortir Dr Ramracheya. Avec le débalancement, une femme produit davantage d’hormones mâles soit la testostérone. D’où la pilosité excessive à certains endroits. Ce problème peut être associé au mode de vie et aux habitudes alimentaires, a ajouté Dr Bhoma. « Avec le train de vie actuelle, on se tourne de plus en plus vers la restauration rapide et cela engendre l’obésité et d’autres problèmes métaboliques comme le diabète et l’hypertension. Avec le temps, les ovaires deviennent paresseux et ils sont alignés dans la périphérie, augmentant le volume de la surface à l’intérieur de l’utérus. Survient alors l’aménorrhée qui est un arrêt des règles. »

Graduellement, d’autres symptômes vont apparaître. Parmi, on retrouve l’acné, la pilosité excessive et la chute des cheveux. Toutefois, le plus gros problème c’est l’infertilité qu’il faut gérer avec les autres complications qui surviennent en même temps. Ce qui rend difficile la gestion de tous les troubles, a précisé Dr Bhoma. Le SOPK peut commencer dès les premières règles, a ajouté Dr Ramracheya mais à cet âge, il est difficile de poser un diagnostic. Une baisse de poids peut sonner l’alerte du problème. L’historique familial peut aussi aider car le risque de présenter un SOPK est génétique dans un cas sur deux. Dans le monde, 15 à 20% de femmes sont concernées par ce problème.

Selon Dr Bhoma, si aucun traitement n’est effectué, les patientes encourent le risque de développer le cancer du sein ou de l’endomètre. « Il ne faut pas banaliser ce problème, » ont fait ressortir les deux spécialistes. Ainsi, si une femme présente l’un ou l’autre des signes mentionnés plus haut, si elle a des règles irrégulières et des difficultés à enfanter, il est recommandé d’avoir un avis médical. Idem en cas de chute de cheveux qui peut ne pas nécessairement provenir d’un stress.

Dr Bhoma note que dans de nombreux cas, le problème n’a pas été pris en considération. Les symptômes ont été « ignorés » au départ et ce n’est que vers la quarantaine que bon nombre de femmes se présentent avec ce problème et des cellules développées au niveau de l’utérus. « Il nous faut alors décider s’il faut tout retirer ou proposer un autre traitement, a expliqué Dr Bhoma. Quand un médecin demande propose une alimentation saine et équilibrée, de perdre du poids et de pratiquer une activité physique régulièrement, ce n’est pas anodin. Cela fait partie d’un début de traitement. »

Par la suite, une analyse sanguine est effectuée afin de déterminer quel type de traitement sera le plus approprié pour la patiente. Le risque de développer le diabète pendant la grossesse étant élevé, il est recommandé de faire des analyses, a ajouté Dr Ramracheya.

En cas de SOPK, il est recommandé de consulter un endocrinologue ou un gynécologue. Dans certains cas, les deux sont complémentaires dépendant de la nature du problème et de son ampleur.

Mode de vie sain

Le SOPK peut nécessiter un encadrement psychosocial car il risque d’engendrer des problèmes de dépression, d’anxiété et des ronflements. Cela augmente aussi le risque d’avoir une crise cardiaque ou un accident vasculaire cérébral.

C’est ce qu’ont affirmé Drs Iswaraj Ramracheya et Himla Bhoma. Dr Ramracheya a souligné l’importance d’avoir un mode de vie sain et de bannir la cigarette si on souffre de ce syndrome. Parmi les traitements disponibles, il y a la prise de médicaments antidiabétiques ou la chirurgie dans certains cas. En cas de règles irrégulières, la prise de pilules contraceptives, en consultation avec son médecin, peut s’avérer nécessaire. Dans 75% des cas, les femmes ont un problème de fertilité mais il est important de savoir si le problème ne vient pas du conjoint.

SOPK et kystes

Le Dr Bhoma a expliqué qu’outre le SOPK, les règles irrégulières peuvent être dues à un kyste rétentionnel, une hémorragie, une endométriose et ne concerne pas forcément les ovaires Dans certains cas, il faut attendre la ménopause avant de l’enlever.

Le SOPK étant dans certains cas héréditaire, il n’est pas possible de le prévenir. Une alimentation saine et équilibrée et la pratique régulière d’une activité physique peuvent contribuer à les prévenir.

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