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[Infection urinaire] Dr Daureeawoo : « Une femme sur cinq aura fort probablement une infection urinaire au cours de sa vie »

Les infections des voies urinaires sont très fréquentes chez les personnes âgées et les femmes sont plus souvent touchées que les hommes.  Ces infections sont responsables d’au moins de 10 millions de visites chez le médecin chaque année. Elles peuvent récidiver après une ou plusieurs infections et environ 80 à 90 % des infections urinaires sont causées par un seul type de bactérie.

« Une infection des voies urinaires est causée par des bactéries qui pénètrent dans les voies urinaires par l’urètre (le tube qui permet le passage de l’urine de la vessie) », explique le Dr Irfaan Daureeawoo.  Les bactéries peuvent alors se déplacer vers le haut des voies urinaires, infectant la vessie (cystite) et parfois, le système supérieur, les reins (une pyélonéphrite).

infection urinaire
Les femmes sont plus souvent touchées que les hommes.

De plus, l’infection urinaire est plus fréquente chez les femmes et les filles parce que leurs urètres sont plus courts et plus proches du rectum, ce qui facilite la migration des bactéries dans les voies urinaires. D’ailleurs, selon le médecin, une femme sur cinq aura fort probablement une infection urinaire au cours de sa vie.

Pour ce qui est du diagnostic, la bandelette urinaire (stick) est l’examen de premier choix : la présence du leucocyte, nitrites et/ ou globules rouges et la présence des symptômes urinaires confirment une infection urinaire.  « Une prise de sang, le sédiment urinaire et la culture d’urine sont aussi utilisés pour mieux adapter le traitement d’antibiotique.  Une imagerie du système urinaire, échographie rénale ou scanner tomographie sont parfois effectués en cas de suspicion d’autres causes d’infection urinaire », indique le médecin.

Traitement

Dans le plus grand nombre de cas, le traitement d’une infection urinaire se fait en ambulatoire, par le médecin généraliste via des antibiotiques oraux.  D’ailleurs, l’hospitalisation n’est pas nécessaire sauf en cas de contre-indication ou l’incapacité de recevoir des médicaments oraux selon le Dr Daureeawoo.

« Dans ce cas et aussi si des signes de septicémie sont présents, notamment la fièvre, l’hypotension et une baisse de passage d’urine, une admission à l’hôpital pour un traitement intraveineux est indiquée », fait-il ressortir.  Souvent, en milieu hospitalier et en présence d’une infection sévère, le microbiologiste est sollicité pour mieux adapter le traitement antibiotique selon la disponibilité des résultats de la culture d’urine et de la prise de sang.  « En cas d’infections récidives fréquentes, une antibioprophylaxie peut être indiquée, mais il existe un risque d’effets secondaires et une résistance du germe à l’antibiotique », précise-t-il.

Une infection urinaire peut récidiver.

Facteurs de risque

  • Diabète
  • Sexe féminin
  • Immunosuppression
  • Grossesse
  • Précédente infection urinaire / calcul / anomalie du système urinaire
  • Sonde urinaire en place / intervention urologique récente
  • IU acquise à l’hôpital
  • Âge avancé
  • Traitement antibiotique récent
  • Infections récidivantes (quatre épisodes ou plus par an)
  • Activité sexuelle, plus souvent avec un nouveau partenaire sexuel
  • Mauvaise hygiène
  • Démence : Au fur à mesure que la démence progresse, il est plus difficile de maintenir une hygiène personnelle (par exemple, se laver régulièrement, changer de vêtements). Cela accentue le risque de développer une infection urinaire.

Signes et symptômes :

  • Douleur ou sensation de brûlure en urinant (dysurie)
  • Le besoin d’uriner immédiatement (appelé urgence)
  • La sensation de ne pas pouvoir uriner complètement
  • Uriner plusieurs fois : pollakiurie
  • Urine sanglante ou malodorante
  • Douleur abdominale
  • Douleur dans le haut du dos et sur le côté (flanc)
  • La fuite involontaire d’urine
  • Fièvre légère (température élevée entre 37° et 38°)
  • Délire ou une confusion aiguë plus fréquente chez les personnes âgées

Délire et l’infection urinaire chez les patients âgés

En gériatrie, le délire est considéré comme une urgence médicale.  Les infections urinaires peuvent emmener vers une aggravation significative du comportement d’une personne, menant vers un « état de confusion aigu » ou « délire ». Le délire est une altération de l’état mental d’une personne et se développe progressivement en un ou deux jours. Le délire se présente sous différents types et les symptômes peuvent inclure de l’agitation ou de l’angoisse, une difficulté de concentration, des hallucinations ou des idées délirantes, une somnolence ou un retrait inhabituel. Les symptômes du délire varient en gravité au cours de la journée.  Si le délire est causé par une infection urinaire, le traitement par un antibiotique approprié peut aider à atténuer les symptômes de confusion.

Il faut aussi bien noter que le délire n’est pas une maladie mentale ni synonyme de démence.  Une prise en charge et un diagnostic précoce du délire permettent un rétablissement.  Les patients présentant un délire aigu sont soumis à une analyse urinaire une prise de sang incluant la fonction thyroïdienne, les vitamines B12, acide folique et un scan du cerveau.

Prévention

  • Boire beaucoup d’eau sauf contre-indication (insuffisance cardiaque).
  • Ne pas retenir l’urine pour trop longtemps.
  • Les femmes : Essuyez de l’avant vers l’arrière pour empêcher les bactéries des intestins de pénétrer dans les voies urinaires.
  • Nettoyez la région génitale tous les jours et avant les relations sexuelles. Videz complètement la vessie après les relations sexuelles et aussi avant de se coucher.
  • Prévenir la constipation, car cela peut empêcher la vessie de se vider correctement, ce qui peut à son tour provoquer une infection urinaire.
  • Si une sonde urinaire est utilisée, suivez de bonnes mesures de prévention des infections.

Complications

  • Non traitée, l’IVU peut se propager au rein, causant plus de douleur et l’évolution de la maladie provoquant ainsi une septicémie (urosepsis).
  • Infections récurrentes.
  • Des lésions rénales permanentes dues à une infection urinaire non traitée.
  • Risque élevé chez les femmes enceintes d’accoucher prématurément ou de poids faible du nouveau-né.
  • Rétrécissement de l’urètre (sténose) chez les hommes présentant une infection récurrente.
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