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Maladies métaboliques : hausse inquiétante à Maurice

Maurice devrait mettre en place un centre spécialisé pour la prise en charge des personnes victimes d’accident vasculaire cérébral (AVC), de traumatisme crânien et de blessures médullaires. C’est ce que souhaite le professeur Anba Soopramanien, consultant en blessures médullaires et médecine de réadaptation en Angleterre.

Il n’y a pas de centre spécialisé pour la prise en charge des personnes victimes de traumatisme crânien, d’accident vasculaire cérébral (AVC) ou de blessures médullaires. Tel est le constat dressé par le professeur Anba Soopramanien, consultant en blessures médullaires et médecine de réadaptation en Angleterre. Il était l’invité de l’émission Allô Docteur ? de Radio Plus.

Il est d’avis qu’avec le grand nombre de personnes qui souffrent de ces types de pathologies à Maurice, la mise en place d’un tel centre aiderait grandement dans l’amélioration des soins des patients. Ce centre serait d’une grande aide pour leurs proches qui, grâce à la formation dont ils bénéficieraient, pourraient mieux encadrer le malade. Un centre spécialisé contribuera aussi, selon lui, à rendre les patients plus autonomes. Cette facilité existe ailleurs dans le monde a-t-il affirmé.

Le Professeur Anba Soopramanien sur le plateau de l’émission Allô Docteur.

« Il y a la rééducation à Maurice à travers d’excellents physiothérapeutes et ergothérapeutes, mais ce qui manque au pays, c’est une spécialisation dans les domaines précités et un travail en équipe », a expliqué le professeur Soopramanien. Il faut prendre en considération l’impact de ces différents problèmes de santé sur la famille, car certaines d’entre elles peuvent être complètement désemparées selon lui.

« C’est souvent difficile pour les proches d’accepter cette situation et ils souffrent non seulement physiquement, mais aussi psychologiquement » , a soutenu le médecin. D’où la volonté de la mise en place d’une structure pour améliorer la qualité de vie des personnes qui ont eu ce type de problème, mais aussi la qualité de vie de leurs proches.

« Nous voulons faire l’éducation et améliorer la prise en charge médicale depuis l’accident et au-delà, car ce n’est pas uniquement un problème médical, mais aussi médico-social également », a affirmé le professeur Soopramanien.

Faisant référence à la récente campagne de sensibilisation des autorités sur les accidents de la route, il a, cependant, estimé que l’accent a été mis sur les personnes décédées, alors que ce sont les accidents qui sont responsables de nombreux blessés graves qui souffrent de traumatisme crânien ou de paralysie qui découle de blessures médullaires.

« Il y a environ 1000 cas de traumatisme crânien annuellement à Maurice et une cinquantaine de cas de blessures médullaires. Cela ne paraît pas énorme, mais cela a une grande implication sur les familles, car chaque cas est un cas de trop », a expliqué le médecin qui s’occupe aussi de la neuroréhabilitation en Angleterre.

Selon lui, il y a des similitudes entre l’AVC et le trauma crânien. Cependant, ceux qui ont un traumatisme crânien peuvent récupérer mais le risque que leur motricité soit réduite existe. Toutes les techniques de réhabilitation utilisées dans les cas d’AVC sont aussi utiles pour la prise en charge de personne victime de traumatisme crânien.


Accident vasculaire cérébral

L’accident vasculaire cérébral peut avoir différentes origines : ischémique (caillot de sang qui empêche la circulation du sang vers le cerveau) ; hémorragique (saignement dans le cerveau probablement dû à une tension qui a été mal soignée) ou attaque ischémique, mais temporaire (caillot qui a bloqué les artères principales, mais l’effet n’est pas durable).

Selon le Dr Anba Soopramanien, une mauvaise hygiène de vie des Mauriciens (mauvaise alimentation et absence ou peu d’activités physiques) est en partie responsable des AVC. « C’est inquiétant que Maurice soit un des pays au monde où il y a autant de maladies métaboliques comme le diabète », a-t-il expliqué.

Selon lui, les Mauriciens consomment trop d’aliments frits, ne profitent pas assez des loisirs en plein air et ne prennent pas suffisamment en considération les conséquences des maladies métaboliques.

Et, si au niveau du stade aigu de l’AVC, il y a une bonne prise en charge, des lacunes sont notées au niveau de la réhabilitation, selon le médecin. « Les patients semblent être complètement abandonnés », a-t-il affirmé. Pour lui, la prise en charge telle qu’elle se pratique actuellement n’est pas à la hauteur d’un pays que Maurice.

La prise en charge par les membres de la famille est aussi importante. Diverses possibilités existent à ce niveau-là, selon le Dr Soopramanien, que ce soit pour soulever le patient ou le déplacer efficacement.

Il y a aussi des moyens qui peuvent les aider à manger et de retrouver une certaine motricité pour réaliser des tâches simples du quotidien.


Le FAST de l’AVC

Dans le jargon britannique, agir FAST est indispensable en cas d’un AVC. Le F c’est le Facial drooping où une partie du visage, habituellement un seul côté, s’affaisse. Le A c’est l’Arm weakness – c’est-à-dire une faiblesse au niveau des membres supérieurs.

Le S signifie le Speech difficulty – la difficulté pour le patient de s’exprimer et le T pour Time, qui est la nécessité d’intervenir très vite afin de donner un traitement approprié en cas d’AVC aigu.


Séquelles de l’AVC

Les séquelles de l’AVC dépendent de la localisation du problème. Normalement, c’est la partie opposée qui est affectée. « Si le problème est du côté gauche du cerveau, la paralysie va apparaître davantage du côté droit », a expliqué le professeur Soopramanien.

Le langage est également affecté, ainsi que la déglutition (difficulté à avaler). Le patient risque d’avoir des problèmes pour réguler sa vessie, souffrira d’un problème de communication et de tachycardie. La paralysie sera, soit motrice ou sensitive, ou une combinaison des deux.

Dans certains cas, il y a également un problème visuel. Cela peut engendrer des problèmes psychologiques, comme la peur et l’anxiété chez le patient.

Par ailleurs, une personne ayant subi une blessure médullaire ne pourra pas utiliser efficacement ses mains. Sans une intervention, au bout de quelque temps, les articulations vont devenir raides. L’utilisation d’atèles et des exercices réguliers peuvent contribuer à lui donner une certaine autonomie.

Selon le professeur, une personne souffrant de blessure médullaire aura des problèmes pour uriner, mais aussi pour aller à la selle et avoir des relations sexuelles. Une bonne prise en charge peut lui donner un peu d’autonomie et de dignité.

Le professeur Soopramanien n’a pas caché son étonnement que des adultes doivent porter des couches après un AVC, des blessures médullaires ou un traumatisme crânien tandis qu’ailleurs, grâce à une prise en charge adaptée, cela est rare.


Neuram Foundation

La Neuram Foudation organise une conférence internationale les 16 et 17 mai sur la paraplégie. Des sommités dans le domaine médical et autres vont y participer. L’objectif de cette conférence est de sensibiliser sur le sujet, mais également d’aider les médecins et autres professionnels de la santé pour améliorer la prise en charge des patients atteints d’AVC, des blessures médullaires et des traumatismes crâniens et aussi pour prévenir les escarres.

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