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Maladie irréversible : Les symptômes de la BPCO ne doivent pas être négligés

La Broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) ne concerne pas que les fumeurs. La maladie ne doit pas être banalisée non plus, a fait comprendre le Dr Subhraj Mudoo, pneumologue à la Chest Clinic de Port-Louis.

Comme c’est le cas partout dans le monde, la Broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) est une maladie méconnue à Maurice. Ses symptômes, presque similaires à ceux de l’asthme, prêtent parfois à confusion. La BPCO est une inflammation des bronches. Certains patients ont aussi tendance à banaliser une toux productive (avec flegme). Ce n’est que quand la maladie est arrivée à un stade avancé et que le patient est de plus en plus essoufflé qu’il pense à consulter un médecin. Mais cette maladie peut faire beaucoup de ravages une fois qu’elle s’est développée, d’autant que la BPCO est une maladie progressive et irréversible.

Tel est le constat du Dr Subhraj Mudoo, pneumologue à la Chest Clinic de Port-Louis. Il était l’invité de Caroline et Jean-Marie lors de l’émission Allô docteur de Radio Plus. Une personne qui est atteinte de la BPCO a des quintes de toux productive (avec du flegme) et un essoufflement à l’effort qui va se renforcer de plus en plus au fur et à mesure que sa maladie progresse. Selon le pneumologue, les patients ne viennent pas de l’avant quand ils présentent les symptômes au début de la maladie. « Ce n’est que quand la maladie est arrivée à un stade avancé et qu’ils ne peuvent plus tenir qu’ils vont chez le médecin », a-t-il dit.

Il a aussi souligné que nombreux sont les fumeurs qui considèrent qu’il est normal d’avoir la toux qu’ils attribuent au tabagisme. « Ils ne font pas attention à cela et ainsi banalisent les symptômes en se disant que c’est sans doute normal. Ce n’est que quand ils sont essoufflés après avoir marché quelques pas qu’ils cherchent de l’aide », a-t-il expliqué. Le spécialiste a ainsi fait comprendre que si rien n’est fait pour traiter la maladie, elle va continuer à progresser et à s’aggraver.

Dr Subhraj Mudoo
Dr Subhraj Mudoo

Selon le Dr Mudoo, la BPCO n’affecte pas que les fumeurs mais peut toucher n’importe qui. Cela, même si 85 % des patients atteints de BPCO sont des fumeurs. « Tout ce qui irrite le système respiratoire va affecter les bronches et le système respiratoire. Par exemple, quand des particules comme la fumée de cigarette, qui contient de nombreuses substances nocives, entrent dans les bronches ». Il a aussi précisé que les personnes qui sont exposées à la poussière sur un chantier de construction ou dans un atelier de menuiserie, entre autres, sont aussi à risque d’être atteintes de la BPCO si elles ne portent pas de masque de protection. L’exposition à la fumée des véhicules est un problème également, surtout dans les espaces confinés. Mais si on passe très peu de temps en présence de la fumée, le risque d’avoir la maladie est moindre mais demeure possible surtout chez les personnes qui souffrent d’asthme par exemple.

Le pneumologue a soutenu que les symptômes de la maladie ne se font pas sentir dans l’immédiat mais ne se manifestent qu’au bout d’une dizaine à une quinzaine d’années. « Même s’il s’agit d’une maladie qu’il est possible de traiter et de prévenir, elle n’est pas réversible malheureusement. Une fois qu’on l’a, on ne peut que stabiliser le patient ou diminuer les symptômes mais elle sera toujours là », a expliqué le pneumologue. Cela, du fait que l’inflammation va continuer à affecter le système respiratoire et que les alvéoles détruites ne se régénèrent pas. Chez les fumeurs, c’est vers l’âge de 35 à 45 ans que la maladie se développe en général mais tout dépend aussi de la quantité de cigarettes consommées.

Selon le médecin, alors que les chiffres indiquent que ce sont les hommes qui sont les plus concernés par la BPCO, la maladie affecte de plus en plus de femmes du fait qu’il y a davantage de femmes qui fument depuis ces dernières années. Ajouté à cela le nombre de fumeurs augmente surtout chez les femmes et elles sont plus à risque de développer la BPCO, contrairement aux hommes en raison de leur système hormonal et du volume de leurs poumons qui est plus petit que celui des hommes. Comme nous rappelle le thème de la Journée contre la BPCO, c’est tous ensemble qu’il est possible de combattre cette maladie, a fait comprendre le Dr Mudoo.

L’activité physique et une alimentation saine

Même si cela peut paraître paradoxal, il est important de pratiquer une activité physique malgré qu’on soit atteint de la BPCO. La pratique d’une activité physique augmente notre capacité d’endurance et ralentit de ce fait la progression de la maladie. La marche, la bicyclette ou le yoga sont parmi les activités qui sont recommandées. Mais il faut y aller progressivement et augmenter la durée ou la fréquence au fur et à mesure. L’activité physique doit aussi être accompagnée d’une alimentation saine et équilibrée et riche en fibres. Il faut également consommer suffisamment d’eau. Cela va également contribuer à améliorer l’état de santé du patient.

La BPCO

En clair, Broncho (bronches) pneumopathie (relatif aux poumons), chronique (maladie qui dure plusieurs mois ou années contrairement à une maladie aiguë) obstructive (relatif à l’obstruction des bronches et des alvéoles. Là, c’est le système respiratoire qui est affecté. L’air qui entre dans les poumons a des difficultés à ressortir).

Pas d’automédication

L’automédication est une pratique dangereuse. Cela, encore plus en ce qu’il s’agit de la BPCO. Prendre des sirops antitussifs pour calmer une toux tenace peut masquer un problème de santé plus grave, a expliqué le Dr Mudoo. Cela peut, selon lui, nourrir la maladie sans le que patient ne s’en rende compte. Avoir une toux tenace peut aussi être l’un des premiers signes de cancer du poumon qu’il est difficile de soigner quand il est arrivé à un stade avancé. Ne pas consulter est ainsi dangereux. Un problème cardiaque peut faire tousser et quant à la présence de l’eau dans les poumons, cela ressemble à la BPCO. Consulter un médecin en cas de toux persistantes est ainsi recommandé afin que le professionnel de santé puisse faire un diagnostic complet et établir les vraies causes de la toux.

Traitement et prévention

La BPCO est une maladie progressive et irréversible. Diagnostiquée tôt, de meilleurs résultats peuvent être obtenus lors du traitement et le patient peut avoir une meilleure qualité de vie. Une bonne prise en charge passe par l’usage d’une pompe anti-inflammatoire à base de cortisone dont la dose n’est pas élevée. Ses effets secondaires sont minimes. Dans certains cas, il faut aussi utiliser des broncho-dilatateurs.

Afin de prévenir la BPCO, il faut éviter les facteurs déclencheurs. Par exemple, un fumeur doit arrêter de fumer. Il faut également éviter les particules de poussière et la vapeur des produits chimiques. Il est recommandé de porter des masques de protection en cas d’exposition avec ces produits. Les personnes atteintes d’asthme doivent être plus vigilantes, car de par leur condition de santé elles sont plus susceptibles d’être atteintes de la BPCO.

94 décès en 2017

74 hommes et 20 femmes sont décédés de la BPCO, selon les derniers chiffres disponibles. Dans les deux cas, les patients avaient plus de 45 ans. Mais le plus grand nombre de décès se situe chez les plus de 75 ans. Les chiffres indiquent aussi qu’il y a de plus en plus de personnes qui sont atteintes de ce type de maladie. De 405 en 2014, le nombre d’admissions est passé à 587 en 2018.

 

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