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Journée mondiale des accidents vasculaires cérébraux

Une attaque cérébrale ou un accident vasculaire cérébral (AVC) survient lorsqu’il y a une défaillance au niveau de la circulation du sang qui affecte une région importante du cerveau. Pour mieux comprendre les causes, les conséquences et les traitements, le Dr Afzal Curimbacus, neurologue à la clinique Darné, revient sur les différents aspects d’un AVC.

Qu’est-ce qu’un AVC ?

L’accident vasculaire cérébrale (AVC) est un déficit neurologique soudain/brutal d’origine vasculaire causé par un infarctus (AVC ischémique) ou une hémorragie (AVC hémorragique) au niveau du cerveau. L’AVC ischémique est le résultat de l’obstruction d’un vaisseau sanguin qui représente 80 % des cas et l’AVC hémorragique est dû à un saignement dans le cerveau (20 % des cas). L’AVC représente la première cause de handicap acquis de l’adulte, deuxième cause de démence après la maladie d’Alzheimer, et deuxième cause de décès au niveau mondial. L’AVC est une urgence médicale et nécessite une prise en charge immédiate.

Quels sont les symptômes ?

Les symptômes classiques :

1. Perte totale/partielle de motricité d’un côté du corps (bras/jambe/moitié du visage ipsilatéral)
2. Perte de sensibilité du même côté du corps
3. Difficulté soudaine à parler ou comprendre les mots (aphasie)
4. Trouble soudain d’équilibre et de la marche
5. Perte soudaine de la vision/trouble visuel
6. Confusion globale/amnésie aiguë
7. Maux de tête sévères/aigus, et vomissement (AVC hémorragique)

Quelles sont les personnes les plus à risque ?

Les personnes âgées sont les plus à risque avec 75 % des AVC qui surviennent chez les personnes de plus de 65 ans. Ensuite, il y a les hommes qui sont plus à risque que les femmes (aspect protecteur biologique/hormonal) ainsi que les jeunes qui consomment des drogues récréationnelles.

Quels sont justement les facteurs à risque ?

L’hypertension artérielle est le facteur principal. Ensuite, il y a la fibrillation auriculaire : arythmie cardiaque qui peut provoquer la formation d’un caillou au cœur qui émigre et bloque une artère cérébrale (cardioembolie). Aussi, avec l’âge, il y a l’augmentation de la rigidité vasculaire. Autre facteur de risque, c’est l’accident ischémique transitoire (AIT) qui a les mêmes symptômes d’un AVC et qui régressent complètement en moins de 30 minutes (25 % de risques d’AVC dans les prochaines cinq années). Finalement, le mode de vie a un impact direct. Le tabagisme, l’alcoolisme, le manque d’exercice physique ou encore une alimentation trop sucrée, salée et grasse sont autant de facteurs à prendre en considération.

De ce fait, quelle prévention pour éviter un AVC ?

D’abord, un contrôle optimal de l’hypertension artérielle réduit à moitié le risqué d’AVC. Pour une meilleure prévention, une alimentation et un mode de vie sains sont à privilégier, notamment avec un exercice physique régulier. Il faut aussi modérer la consommation d’alcool, arrêter le tabac et manger équilibré.

Quels sont les traitements ?

De la statine pour traiter l’hypercholestérémie et un anticoagulation pour la fibrillation auriculaire ainsi qu’un antiplaquettaire après un AIT (accident ischémique transitoire). Des traitements différents sont disponibles pour la phase aiguë. L’AVC ischémique ; la thrombolyse/recanalisation de l’artère : c’est dissoudre le caillot dans l’artère cérébrale par voie intraveineuse en utilisant l’altéplase qui est un médicament thrombolytique. La fenêtre d’opportunité thérapeutique après les premiers symptômes est de quatre heures et trente minutes. Le médicament doit être administré le plus vite après l’apparition des symptômes. Une personne sur 12/14 recevant ce traitement peut être complètement guérie.

Ensuite, il y a le traitement endovasculaire (thrombectomie mécanique) où la fenêtre thérapeutique est étendue jusqu’à 24 heures après les premiers symptômes avec ou sans thrombolyse au préalable. Il est indiqué dans le traitement de l’occlusion d’une artère majeure (carotide/cérébrale/basilaire). Par voie vasculaire, le thrombus/caillot dans l’artère est retiré avec l’aide d’un ‘stent retriever’ (une sorte de petit métallique qui capture le caillot) ou aspiration directe. L’intervention est faite par un neuroradiologue interventionnel. Une personne sur quatre peut être complètement remise de leurs symptômes.

L’AVC hémorragie nécessite souvent une intervention neurochirurgicale pour retirer le sang ou décompresser l’effet de masse du sang dans le cerveau. Le contrôle de la tension artérielle, la correction de la coagulation et un médicament pour réduire la pression intracranielle sont aussi indispensables. Ensuite, il y a la réhabilitation et la rééducation durant l’hospitalisation qui est indispensable dans la prise en charge de l’AVC : kinésithérapie et orthophonie.

Quel suivi sur le long terme ?

Le but est de prévenir la récurrence d’un accident vasculaire cérébral et d’améliorer la qualité de vie du patient aux handicaps causés par l’AVC à travers le support psychologique, la rééducation et le suivi neurologique régulier.

La prévention secondaire de l’AVC : pour les cas ischémiques antiplaquettaires (l’aspirine), anticoagulant pour une cause cardioembolique, statines (pour réduire le taux de cholestérol), l’exercice physique, contrôle de la tension artérielle. La prévention secondaire de l’AVC hémorragique : contrôle de l’hypertension est l’élément le plus important et une bonne hygiène de vie.

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