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Infections sexuellement transmissibles (IST) : 339 cas enregistrés en 2016

Briser le tabou entourant les infections sexuellement transmissibles (IST) et oser se faire dépister. Appel fort de la doctoresse Kaushur Khodabocus, dermato-vénéréologue au ministère de la Santé. C’était lors de l’émission Allô docteur sur Radio Plus, le mardi 3 juillet.

339 cas d’infections sexuellement transmissibles (IST) ont été enregistrés en 2016. Cependant, ce chiffre ne reflète pas la réalité, rappelle la doctoresse, Kaushur Khodabocus, dermato-vénéréologue au ministère de la Santé. Elle poursuit qu’en raison du tabou, du qu’en dira-t-on ou encore de la stigmatisation entourant les IST, certains malades préfèrent rester dans l’ombre.

« Cela existe encore malheureusement alors que l’accès aux soins est disponible. Le dépistage permet une meilleure prise en charge et améliore la qualité de vie », a-t-elle expliqué.

Elle indique que les personnes ne se présentent pas dans les centres de santé car elles considèrent les IST comme étant « enn move malad ». Une telle attitude peut être néfaste pour le patient car sa prise en charge sera retardée. « La plupart des patients ne viennent pas pour un test de dépistage de routine. Certains patients se présentent au bout de quelque temps lorsqu’ils commencent à ressentir des symptômes ou lors de complications », a-t-elle déploré.

D’autres patients ne se font pas dépister car ils ne savent pas qu’ils ont une IST, souvent asymptomatique. D’où, l’importance de faire un dépistage régulier afin de s’assurer de ne pas être malade, surtout après avoir eu des relations sexuelles avec un/une inconnu/e.

Grâce aux médias qui osent en parler ouvertement, la stigmatisation et le tabou ont néanmoins diminué, a noté la Dr Khodabocus. Cela a permis de démystifier le sujet. Autre constat : De nos jours, les gens ont un accès plus facile à l’information. Quand ils ont un problème, ils font des recherches sur Internet avant de confirmer leurs symptômes avec un médecin.

Selon la dermato-vénéréologue, le tabou est beaucoup moins chez les jeunes. Ces derniers arrivent à en parler plus facilement. Mais, elle prévient que « même s’ils sont informés, ceux ayant une vie sexuelle débridée ont un comportement à risque. »

La doctoresse a souligné que malgré la réticence de certains à se présenter dans les centres de santé, ceux qui font appel aux professionnels de santé sont à l’aise pour exposer la nature de leur problème. Une telle attitude est rassurante, dit-elle, car cela permet une meilleure prise en charge et une meilleure administration des traitements appropriés.

« Entre le médecin et le patient, il ne doit pas y avoir de gène ou de tabou. Au contraire, au fur et à mesure, la confiance doit s’installer. » Elle assure que la confidentialité est toujours respectée. Le cas des patients comme leur pratique sexuelle n’est jamais divulgué. Cette confiance est importante car il est nécessaire de convoquer le partenaire sexuel pour un traitement, a expliqué la dermato-vénéréologue.

« Très souvent, on ne traite pas que le patient mais aussi le partenaire. Si on met le patient en confiance, il apportera également son partenaire. Ainsi, le traitement sera plus efficace », a-t-elle dit.

Mode de transmission

Contrairement à ce qu’on peut penser, les IST ne sont pas uniquement transmissibles par une personne infectée lors de rapport sexuel vaginal, oral et anal non-protégé. Une personne peut aussi être contaminée à la suite d’une transfusion sanguine.

Mais, à Maurice, le sang est testé pour les IST telles que le VIH, l’hépatite B et C, et la syphilis. Ce qui fait que le risque d’être infecté par transfusion sanguine est presque nul. « Dès qu’il y a infection, la pinte de sang est jetée et le patient bénéficie d’une prise en charge immédiate », a souligné le Dr Khodabocus. Par ailleurs, la transmission d’une IST peut aussi se faire de mère à enfant pendant la grossesse ou au moment de l’accouchement.

Selon la dermato-vénéréologue, lors du premier rapport sexuel avec une personne infectée, la transmission d’une IST est comparable à une loterie : soit on l’attrape soit on ne l’attrape pas. Cependant, le risque d’infection est plus grand chez une personne qui a déjà une IST ou une plaie aux parties génitales. Une des mesures pour prévenir les IST est l’usage du préservatif installé correctement lors des relations sexuelles.

À savoir que les personnes qui sont les plus à risque sont celles qui ont de multiples partenaires ou qui ont des relations monogames successives, c’est-à-dire qu’ils sont en couple avec un seul partenaire mais en changent plusieurs fois.

Deux groupes d’IST

Il y a deux groupes d’Infections sexuellement transmissibles (IST): celles qui sont guérissables avec les traitements disponibles et celles qui ne le sont pas. Parmi les IST guérissables, il y a la Syphilis, la Gonorrhée, la Trichomonas, la Chlamydia.

Selon l’OMS, il y a un million de ce type d’infections par jour et environ 357 millions de cas dans le monde par an. Les IST non-guérissables sont principalement causées par des virus. On retrouve l’Herpès, le Virus du papillome humain (VPH), aussi appelé verrue ou crête de coque, le VIH et l’Hépatite B. Cependant, il existe des traitements pour atténuer les symptômes et les signes.

Hygiène

Le corps féminin est conçu physiologiquement et anatomiquement pour évacuer tout ce qu’il y a dans le vagin. « Il y a des secrétions qui nettoient le vagin. Il y a aussi des bonnes bactéries (lactobacilles) dans l’environnement du vagin qui le protègent en empêchant d’autres bactéries de s’implanter et causer des infections », a souligné la Dr Khodabocus.

Un excès d’hygiène avec différents produits peut provoquer un déséquilibre rendant ainsi la femme vulnérable aux infections. Certaines patientes peuvent développer des allergies. Une hygiène basique est conseillée.Cependant, l’hygiène est plus rapide chez l’homme circoncis. Chez ceux qui ne le sont pas, il est recommandé de décoller systématiquement le prépuce pour faire une petite toilette en vue d’empêcher les bactéries de s’infiltrer sous la peau.

Conséquences graves

La première conséquence grave est si une personne a déjà une plaie, comme dans le cas de la syphilis et de l’herpès causant un ulcère, cela favorise la transmission et contamination du VIH. La deuxième conséquence grave que les professionnels de santé tentent d’empêcher est la transmission de mère à enfant. Cela peut être fatal au nourrisson. Il y a aussi le risque que la patiente accouche d’un enfant prématuré, qui présente des malformations congénitales ou soit atteint de septicémie.

D’où, l’importance pour que les femmes enceintes suivent correctement un traitement anténatal. Elles bénéficieront d’un test de dépistage au VIH et à la Syphilis. Si elles sont testées positives, elles seront dirigées vers le service approprié. La prise en charge est rapide et permet un meilleur traitement. Les IST peuvent aussi causer des cancers comme dans le cas du Virus du papillome humain (VPH).

La Gonorrhée et la Chlamydia provoquent l’écoulement chez l’homme et sont une des causes de stérilité chez l’homme comme chez la femme. Cette dernière peut aussi souffrir d’inflammation pelvienne ce qui dans certains cas peut entraîner une grossesse extra-utérine et être fatal pour la femme.

Terminologie

Le terme dermato-vénéréologie est méconnu. Bien souvent, les gens s’arrêtent au terme dermatologue, celui qui correspond aux problèmes de peau, des ongles, des cheveux et des parois muqueuses. Cependant, il y a aussi les infections sexuellement transmissibles (IST) qui font partie des consultations. Le dermato-vénéréologue traite les maladies de peau et les affections vénériennes.

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