MaladiesPrécautions à prendreSlider

Fuites urinaires chez la femme : Un trouble handicapant qui mérite une attention spéciale

L’incontinence urinaire, aussi connue comme les fuites urinaires, affectent de nombreuses femmes. Au-delà d’un simple trouble, plusieurs aspects de la vie sont affectés, notamment au niveau social et économique. Les causes, les symptômes et les traitements ont été discutés dans l’émission Allô Docteur, sur Radio Plus, le mardi 7 juillet avec le Dr Diogenes Renganaden Pillay, urologue à La City Clinic.

Dr Diogenes Renganaden Pillay
Dr Diogenes Renganaden Pillay

L’urologue Dr Diogenes Renganaden Pillay, à Maurice depuis trois ans, estime qu’il y a un manque d’informations et d’éducation sur ce sujet. « Parmi les cas que j’ai vus, je réalise que les gens ne sont pas au courant qu’il s’agit d’un problème qui peut être résolu et surtout que l’incontinence urinaire n’est pas un sujet tabou », affirme-t-il. Il fait ressortir que les traitements aux fuites urinaires ne sont pas tous invasifs et qu’il ne faut pas avoir peur de consulter un médecin en cas de problème. « Il y a plusieurs possibilités de prise en charge. D’ailleurs, je fais un appel à mes collègues médecins, généralistes et gynécologues d’inciter leurs patients à consulter quand ils constatent ces troubles chez leurs patientes », ajoute-t-il.

L’incontinence urinaire dans le monde est un problème majeur de santé publique. D’ailleurs, selon les différentes recherches et études dans de nombreux pays, environ 20 et 45 % de femmes sont concernées par les fuites urinaires, un trouble qui peut devenir handicapant dans sa vie de tous les jours selon le Dr Diogenes Renganaden Pillay.

Ce trouble se définit comme une perte d’urine non contrôlée et involontaire. « L’incontinence urinaire, peu importe le type, s’aggrave avec l’âge. Par exemple, selon les statistiques publiées, chez les moins de 45 ans, il y a 20 % de femmes qui sont atteintes d’une incontinence urinaire, dont 5 % avec des formes sévères. Pour les patients au-dessus de 45 ans, les chiffres grimpent jusqu’à 70 %, dont 20% avec de formes sévères », précise le médecin.

Une forme sévère d’incontinence peut être un drame dans la vie d’une personne selon le Dr Pillay. « Cela peut affecter une personne à tous les niveaux, car il y a une altération de la qualité de vie. Cela l’affecte notamment sur le plan personnel, social, professionnel, psychoaffectif, dans sa vie de couple et ses activités sportives. De plus, il y a aussi l’impact économique, notamment avec les serviettes protectrices qui doivent être changées jusqu’à 4 à 6 fois par jour », fait-il ressortir.

Pour ce qui est du traitement, l’interrogatoire de la patiente par le médecin permet de déterminer la sévérité du trouble et le type d’incontinence urinaire. Ensuite, il y a les examens plus précis pour confirmer le diagnostic, notamment l’analyse et la culture d’urine afin de savoir s’il y a une infection.

Ensuite, le deuxième examen est une échographie du pelvis qui permet de détecter une tumeur, une masse annexielle, un kyste de l’ovaire ou encore la présence d’un fibrome utérin qui ferait pression sur la vessie. Enfin, l’autre examen est urodynamique pour préciser les mécanismes des troubles urinaires.

Les trois grandes causes

C’est l’International Continence Society qui définit la terminologie à utiliser par les experts de la santé dans différents pays et c’est cette instance qui est venue avec la définition des trois causes.

1. L’incontinence urinaire d’effort

Comme son nom l’indique, cette incontinence urinaire est provoquée par un effort. « Cela peut être en toussant, en soulevant un objet lourd ou encore lors d’une poussée abdominale lors d’une bronchite par exemple », précise le médecin. Par contre, ce dernier souligne que cette fuite d’urine n’est pas accompagnée d’une envie d’uriner.

2. L’incontinence par impériosité

Cette fuite urinaire est précédée par une envie pressante, tellement pressante qu’on n’a pas le temps d’aller jusqu’aux toilettes selon l’urologue. En anglais, l’incontinence par impériosité est connue comme « overactive bladder » et plusieurs causes en sont à l’origine. « Il y a les infections urinaires, les tumeurs de vessie, de calculs dans la vessie ou encore une vessie de petite volume qui ne peut stocker la quantité nécessaire d’urine ou encore les maladies telles que le diabète et les maladies neurologiques, entre autres ».

3. L’incontinence urinaire mixte

Ce troisième type d’incontinence comprend à la fois les fuites causées par l’effort ainsi que par impériosité.

Les hommes aussi concernés

Contrairement aux hommes, les femmes sont plus nombreuses à souffrir de l’incontinence urinaire. « Les hommes aussi sont concernés à différents âges, mais c’est beaucoup plus rare. Pour les hommes, les causes sont différentes. Cela peut être un effet secondaire à un traitement opératoire comme pour un cancer de la prostate ou alors secondaire à un traumatisme, notamment un accident de la route ou de la moelle épinière », indique l’urologue, tout en évoquant l’âge du patient aussi qui joue un rôle. L’incontinence urinaire survient aussi avec l’âge chez les deux sexes selon lui.

Comment fonctionne la vessie ?

La vessie est un réservoir musculaire qui se remplit régulièrement au cours de la journée, surtout pendant qu’on boit. Son rôle est d’évacuer toute l’urine qu’elle contienne. Normalement un adulte devrait uriner entre quatre à six fois par jour. De ce fait, la capacité moyenne de la vessie est de 350 centimètres cubes. « Dans une situation normale, la vessie se remplit au fur et à mesure que la personne consomme des liquides. Ensuite, quand la capacité maximum est atteinte, elle ressent l’envie d’aller aux toilettes. La personne contrôle cette envie d’uriner, mais ce contrôle volontaire est absent chez ceux qui souffrent d’incontinence », indique le Dr Pillay.

Mots clés

Défi Santé

Une publication du Le Défi Media Group 4B, Rue Labourdonnais, Port-Louis Tél : +230 207 06 66

Articles Liés

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
Fermer