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Épilepsie : 1% de la population affectée

L’épilepsie est une condition neurologique qui touche en moyenne 1 % de la population. Affectant le système nerveux, elle peut prendre plusieurs formes et se manifeste par des crises.

Une perte de connaissance, un regard hagard ou des yeux révulsés, des secousses musculaires violentes et saccadées, des mouvements convulsifs, la formation d’écume sur les lèvres… C’est ainsi que se manifestent les crises d’épilepsie, a expliqué le Dr Harrish Reesaul, neurologue à l’hôpital Victoria lors de l’émission Allo Docteur de Radio Plus. Environ 1 % de la population est touché par cette maladie chronique.

Selon le médecin, une crise peut se manifester de différentes façons mais les symptômes précités sont parmi les plus communs quand il s’agit d’une crise généralisée. Celle-ci survient quand le cerveau envoie une quantité excessive de signaux électriques anormaux. Une crise peut également être partielle. Les signaux anormaux sont alors envoyés à une partie de l’organisme, affectant ainsi une partie du corps, a expliqué le spécialiste.

Une personne qui a une perte de connaissance transitoire ou qui oublie tout d’un coup où elle se trouve devrait également consulter car ce sont également des signes d’épilepsie, selon le neurologue. « Il faut faire des enquêtes pour déterminer si effectivement la personne souffre de ce trouble », a-t-il souligné.

Le Dr Harrish Reesaul a aussi expliqué que l’épilepsie pouvait affecter n’importe qui, à n’importe quel âge. Chez les enfants, le trouble peut être lié à des convulsions à la suite d’une forte fièvre.

« Certains enfants qui, à la naissance, ont manqué d’oxygène (asphyxie néonatale), peuvent aussi avoir des crises d’épilepsie », a-t-il dit. Et de préciser qu’il est important d’éviter les complications de santé et les fortes fièvres chez les enfants en bas âge.

« Si c’est une convulsion liée à la fièvre, au bout de cinq ans, les enfants ne sont plus censés en avoir. Mais certains enfants continuent d’avoir ces crises même quand ils sont âgés de plus de cinq ans », a ajouté le neurologue.

La guérison dans 50 % des cas

Selon le Dr Reesaul, il y a différentes formes d’épilepsie qui ne peuvent être guéries à Maurice et qui nécessitent donc un traitement à vie. « Dans 50 % des cas, les patients qui souffrent d’épilepsie arrivent à guérir, 30 % doivent suivre un long traitement et 20 % ne guérissent pas et doivent prendre des médicaments toute leur vie », a fait ressortir le neurologue.

Il est important de bien contrôler la maladie afin de pouvoir mener une vie normale. Si on présente des symptômes qui font penser que l’on souffre d’épilepsie, il faut consulter et se soumettre à des examens médicaux. En général, le diagnostic est établi par un bilan sanguin, l’Imagerie par résonance magnétique (IRM) ou un électroencéphalogramme qui va indiquer si le cerveau transmet des signaux anormaux ou si la personne risque d’avoir une crise ou non.

Dans 80 % des cas, les signes ne sont pas visibles. Si une personne a eu deux crises, elle est considérée comme souffrant d’épilepsie et bénéficiera des traitements et du suivi appropriés.

Selon le neurologue, lors d’une crise épileptique, il est primordial de placer la personne en position latérale de sécurité (sur le côté gauche, avec une bonne ventilation) et attendre que la crise passe. Ce qui peut durer entre 2 et 6 minutes. « Il ne faut pas la placer ni sur le dos ni sur le ventre », a fait ressortir le spécialiste.

Après une crise, il faut se rendre dans un centre de santé pour un examen afin de prévenir les crises à répétition qui peuvent être nuisibles au patient, a expliqué le Dr Reesaul.

Après une crise grave, il faut immédiatement conduire le patient à l’hôpital ou alors solliciter l’aide du SAMU pour une bonne prise en charge par le personnel soignant. Les femmes enceintes doivent être particulièrement vigilantes. Car une crise peut être aussi dangereuse pour elles que pour le fœtus.


Facteurs déclenchants

Dans 80% des cas, on ne sait pas pourquoi une personne est épileptique. Pour les 20 % restants, la conditon peut être due à l’abus d’alcool, une attaque cérébrale, une infection à la tête, une malformation du cerveau ou de l’eau dans le cerveau (hydrocéphalie). Par ailleurs, un enfant dont un des parents est épileptique est légèrement plus à risque de souffrir lui-même de cette maladie que les autres enfants.

Selon les normes internationales, 1 % de la population mondiale est affecté par l’épilepsie. Ce qui fait qu’à Maurice, plus de 10 000 personnes en souffrent. Toutefois, aucune étude n’a été faite pour en connaître le nombre exact. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) indique, pour sa part, que 50 millions de personnes sont atteintes d’épilepsie dans le monde.

La crise d’épilepsie a des facteurs déclenchants : stress, décès d’un proche, nouvelles bouleversantes, coup à la tête…


Contrôle

L’épilepsie est une condition comme une autre, comme le diabète par exemple. Si on la contrôle, on peut mener une vie normale. Mais si la maladie n’est pas contrôlée, elle devient un problème. Et si malgré la prise de médicaments la crise n’est pas contrôlée, la personne qui en est atteinte ne pourra pas mener une vie normale. Elle ne pourra pas conduire, par exemple, car la crise peut se déclencher à n’importe quel moment.


Edycs Epilepsy Group

Les personnes épileptiques peuvent bénéficier de l’accompagnement et l’encadrement de Edycs Epilepsy Group (EEG). Formée il y a une vingtaine d’années, cette organisation non gouvernementale (ONG) est présente aussi bien à Maurice qu’à Rodrigues.

EEG dispose d’une école spécialisée pour les enfants qui souffrent d’une forme d’épilepsie sévère. L’ONG accompagne ces enfants avec l’aide d’un psychologue, un neurologue, un orthophoniste et un ergothérapeute afin qu’ils puissent mener une vie normale. Les services proposés sont complémentaires aux traitements médicaux offerts par l’hôpital.

EEG propose aussi l’encadrement des membres de la famille afin qu’ils puissent identifier le début d’une crise et intervenir promptement en cas de crise. Ils doivent également veiller à ce que l’enfant suive ses traitements. Des séances de formation en premiers secours sont également offertes.

Selon le secrétaire du comité de direction d’EEG, Anas Mosaheb, la prise en charge est importante et il est essentiel que les proches du malade soient au courant des mesures à prendre lors d’une crise d’épilepsie.

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