
Certains aliments tels que les « brèdes cressons » sont à éviter chez ceux souffrant du cancer. D’autres peuvent aider à prévenir contre certains types de cancer. Une bonne hygiène alimentaire est recommandée. D’après Teenusha Soobrah, diététicienne, plusieurs facteurs encouragent le développement du cancer, dont l’alimentation.

« Ces dix dernières années, la science a montré qu’une combinaison de mauvaise alimentation (incluant l’alcool), le manque d’activités physiques, le stress, une flore intestinale déséquilibrée, le poids – surtout l’excès de graisse -, sont des facteurs majeurs pouvant provoquer certains types de cancers », soutient-elle.
L’obésité peut, par exemple, augmenter le risque d’avoir sept types de cancers : cancer du côlon, cancer du sein, cancer du rein, cancer du pancréas, cancer de l’endomètre, cancer de la vésicule biliaire et le cancer de l’œsophage, notamment l’adénocarcinome. « Un excès de graisse entraîne également une résistance à l’insuline, cela veut dire que l’organisme ne peut produire de l’insuline et des facteurs de croissance peuvent provoquer le cancer », dit-elle.
D’autre part, des études ont montré que la graisse viscérale (dans l’abdomen) pompe les composés chimiques appelés cytokines. Cela risque de débalancer les hormones, comme la leptine (hormone de la satiété) et l’estrogène. Un taux élevé de ces substances peut être associé aux risques du cancer. Les aliments faibles en fibres peuvent mener vers le cancer du côlon, un des cancers les plus courants de cette ère.
Ces aliments entraînent la résistance à l’insuline et cela risque de développer le diabète, les maladies cardiovasculaires et l’obésité. Les produits transformés, dont la consommation quotidienne de 50 g de viande transformée, augmentent le risque de cancer par 11 %. De la viande grillée au charbon de bois, des aliments raffinés comme du sucre et du sel ajoutés respectivement dans des boissons et des chips peuvent aussi être des facteurs de risque.
« À ce jour, il n’y a aucune preuve que les aliments génétiquement modifiés, actuellement disponibles sur le marché, soient dangereux pour la santé. Cela fait très peu de temps depuis que ces produits sont disponibles, donc, les effets à long terme ne sont pas encore connus», fait ressortir la nutritionniste. Toutefois, manger des aliments contenant des pesticides peut augmenter le risque de cancer. Autre facteur à prendre en considération c’est le produit chimique bisphénol A (BPA). Il est présent sur des emballages en plastique, comme sur les bouteilles d’eau et les récipients.
La puissance des antioxydants
Selon Teenusha Soobrah, il est important de privilégier un repas équilibré, pratiquer des exercices physiques et éviter l’excès de graisses, afin de permettre au corps de résister au cancer. « Le corps utilise certains composants comme l’antioxydant pour protéger les tissus dans le corps. Ces antioxydants comprennent des vitamines C et E, ainsi que les caroténoïdes, entre autres », dit-elle.
Notre interlocutrice ajoute que les études ont montré qu’un repas équilibre, c’est-à-dire un riche en fruits et en légumes et faible en viande transformée, aide le corps à combattre le cancer et d’autres maladies. Cela aide à améliorer la flore intestinale et à diminuer les inflammations.
Des tomates cuites contenant du lycopène, un antioxydant, protègent contre le cancer de la prostate. Des crudités passées à la vapeur, riches en sulforaphane, contribuent aussi à diminuer le risque du cancer. « Ces substances naturelles présentes dans les plantes ont le pouvoir de désamorcer les potentiels cancérigènes et éliminer les toxines du corps avant qu’ils ne causent des dommages pouvant provoquer le cancer. Certaines substances aident le corps à réparer des cellules ou d’arrêter la reproduction des cellules cancéreuses », soutient la diététicienne.
Pour prévenir le cancer du sein, il est recommandé de pratiquer une activité physique modérément intense pendant 150 minutes chaque semaine, diminuer sa consommation d’alcool et de maintenir une silhouette mince pour réduire le risque de cancer du sein par 44 %.
Les traitements
Le patient également doit suivre une bonne hygiène alimentaire. Les habitudes alimentaires peuvent changer drastiquement. La perte d’appétit est commune, provoquant une perte de poids et la malnutrition. Les effets du traitement sur la digestion, le changement dans les valeurs nutritives, les horaires des repas par rapport à la prise de médicament et les suppléments pris par le patient comme un traitement ou contre les symptômes du cancer et les effets secondaires de la chimiothérapie et la radiothérapie (vomissements et nausées) jouent un rôle important dans l’alimentation.
« Le rôle de la nutrition pendant toute la durée du traitement est important, mais il est souvent sous-estimé. Une bonne nutrition peut minimiser les effets secondaires du traitement, améliorer la qualité de la vie et augmenter les chances de survie », fait comprendre la diététicienne. Il est important d’essayer un repas riche en calories et de boissons nourrissantes comme des smoothies à base de lait. Le but est de fournir les nutriments nécessaires au corps pour l’énergiser et l’aider à se soigner.
« Les patients ne doivent pas uniquement dépendre du jus de fruits frais ou de légumes. Un repas faible en protéines peut entraîner un affaiblissement du système immunitaire et la perte de muscles. Il faut prévenir la baisse du poids qui est le résultat d’un manque d’appétit », fait-elle comprendre.
Quoi donner à un patient et quelle quantité peut-être un dilemme pour ses proches. Il est conseillé au patient de manger des aliments riches en protéines en petite quantité régulièrement. Cela peut aider à combattre la fatigue et améliorer l’humeur du patient. Il faut inclure des aliments riches en omega-3 comme des sardines, du thon et de la noix. On peut aussi cuisiner avec l’huile d’olive ou d’avocat. Teenusha Soobrah conseille aux proches de laisser le patient manger ses aliments préférés de temps en temps.
« Pour ceux souffrant du cancer du cou ou de la tête, un régime cétogène, c’est-à-dire riche en matières grasses ou lipides et pauvres en glucides, est recommandé. L’organisme va puiser dans ses réserves de gras pour produire de l’énergie, mais il est important de suivre un nutritionniste. Il faut aussi laver les fruits et légumes soigneusement et éviter les brèdes cressons, car il est riche en pesticides », dit-elle.



