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Secteur de la santé publique : plus de 75 % des malades font confiance au système

En dépit des nombreuses doléances, le service de santé publique bénéficie toujours de la confiance des Mauriciens. Et ce n’est pas en raison de sa gratuité. C’est ce qu’ont assuré les Drs Vinesh Sewsurn et Dhushyant Purmanan lors de l’émission Allô docteur.

« Bien qu’il y a eu des critiques et que le secteur de  la santé publique est régulièrement sous les feux des projecteurs, le nombre de patients qui vont vers les hôpitaux et les autres centres de santé augmente d’année en année. » C’est ce qu’a affirmé le Dr Vinesh Sewsurn, président de la Medical and Health Officers Association (MHOA). Selon lui, ils ne sont pas attirés uniquement par les services gratuits. Ils font aussi confiance au système de santé publique.

Abondant dans le même sens, le Dr Bhushyant Purmanan président de la Government Medical and Dental Officers Association a soutenu que, selon les récentes statistiques, plus de 75 % de la population font confiance au service de santé publique pour des traitements. « Nous faisons de notre mieux avec ce que nous avons, même si tout n’est pas parfait », a-t-il dit.

Les deux syndicalistes reconnaissent néanmoins qu’il y a des améliorations qui peuvent être effectuées en partenariat avec les syndicats de la santé. Ces derniers ne militent pas uniquement dans l’intérêt de leurs membres mais aussi pour le bien-être des patients, ont-ils affirmé. « Avec le nombre de patients qui fréquentent les hôpitaux, il est de notre devoir de sauvegarder et d’honorer cette confiance que les patients placent en nous pour améliorer le système », a ajouté le Dr Sewsurn.

Selon lui, une amélioration du système est possible à travers des changements de base, particulièrement au niveau des infrastructures. « Les infrastructures dans certains hôpitaux sont dépassées et elles ne peuvent accommoder le flot de patients au quotidien. Les salles d’attente pour les patients et leurs proches sont assez restreintes. Ils ne sont pas à l’aise et n’évoluent pas dans un environnement sain. Ces facteurs provoquent de nombreux cafouillages au niveau des hôpitaux », a-t-il expliqué.

Il a aussi affirmé que les salles de consultation n’assurent pas l’intimité et la confidentialité nécessaires lors de l’auscultation des patients. « Nous nous retrouvons aujourd’hui avec deux patients en même temps dans une salle de consultation, ce qui est tout à fait inacceptable », a-t-il soutenu. Car cela n’est convenable ni pour les patients ni pour les médecins. Ces derniers doivent obtenir des renseignements confidentiels sur le patient afin de pouvoir établir leur diagnostic et donner les traitements appropriés.

Alors que certains malades se plaignent du temps d’attente avant d’être vu par un médecin, le Dr Purmanan a expliqué que l’hôpital n’est pas un supermarché où les premiers arrivés sont les premiers servis. « Dans le service de santé il y a le triage. Les cas les plus graves sont pris en considération en priorité comparé à d’autres cas moins urgents. C’est la procédure du ‘life saving’. Tout est traité cas par cas », a-t-il fait comprendre.

Le Dr Sewsurn a ajouté que certains patients ne comprennent pas pourquoi des médecins prennent plus de temps avec certains malades. Ces personnes, précise-t-il, ne réalisent pas que le cas est peut-être plus compliqué et réclame une plus grande attention et plus de temps. Elles mettent alors la pression sur les médecins, ce qui est n’est pas acceptable.

« Nous avons parlé de cela au ministère et nous avons fait nos propositions pour changer cette situation », a affirmé le médecin. La durée d’une consultation est, en général, de 2 à 3 minutes, ce qui est très peu pour faire un bon diagnostic, selon lui.

Une suggestion a été faite au ministère de la Santé afin que ce temps soit de 7 à 8 minutes pour que les médecins puissent avoir plus de temps pour cerner le problème de santé d’un patient et lui expliquer le traitement dont il bénéficiera. Un exercice qui fait partie du devoir du médecin.

Le Dr Purmanan a aussi expliqué qu’il est faux de dire que les patients attendent 2 à 3 heures pour avoir leur traitement à l’hôpital. Selon lui, les gens ne réalisent pas qu’il  existe des médicliniques et autres centres de santé offrant les mêmes services que les hôpitaux, avec des médecins comme ceux travaillant dans les hôpitaux et qui prescrivent les mêmes médicaments disponibles dans les hôpitaux également.

« Ce que nous constatons, c’est que les centres de santé sont sous-utilisés. Les malades n’y vont pas car ils ont l’impression que le service n’est pas le même qu’à l’hôpital », a-t-il dit.

La gestion des centres médicaux

Les hôpitaux doivent être gérés par une personne qui possède une connaissance du fonctionnement du système de santé. C’est ce qu’a expliqué le Dr Purmanan. Il a ainsi balayé d’un revers de la main les propos de Ramesh Purrunsing, porte-parole du Comité pour l’amélioration de la santé. Ce dernier a soutenu que les hôpitaux sont mal gérés car les Regional Health Directors ne sont pas des gestionnaires.

Selon le Dr Purmanan, de nombreux pays ont aboli le contrôle des hôpitaux par un gestionnaire au risque de faire le système s’écrouler. « Tous les RHD ont un diplôme en management. Ils sont à leur place et ont les qualifications requises. Si on place un gestionnaire à la tête d’un hôpital sans aucune connaissance dans le domaine de la santé, il ne sera pas possible de faire fonctionner le système médical », a-t-il expliqué.

Alors que ce samedi 7 avril nous observons la Journée mondiale de la santé –  qui s’articule autour de la couverture de santé universelle – le Dr Purmanan a soutenu qu’une approche holistique doit être privilégiée dans le traitement du patient. La qualité de vie de ce dernier doit être prise en considération, en sus de son traitement médical.

Du côté des améliorations qui peuvent être apportées, Ramesh Purrunsing du CAS, lui, est d’avis que le système administratif des hôpitaux doit être informatisé et que la durée pour une consultation devrait être étendue. Il avait aussi réclamé l’augmentation du nombre de salles de consultation, déplorant les longues files d’attentes dans les hôpitaux en dépit du système de triage.

Informatisation du système

Concernant l’informatisation du système, le E-health sera opérationnel bientôt et tous les hôpitaux et centres de santé qui seront connectés entre eux et fourniront tous les renseignements nécessaires sur les patients. Les malades auront accès à des informations à un certain niveau tout comme le personnel soignant. Le processus prend beaucoup de temps car c’est un système complet qui doit être mis en place. Qui plus est, toutes les mesures doivent être prises pour qu’il soit à l’abri du piratage informatique.

 

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