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Santé : le surdosage du paracétamol affecte le foie et le cerveau

Les médicaments à base de paracétamol sont parmi ceux qui sont les plus utilisés à Maurice. Disponibles gratuitement dans le service public et sans ordonnance dans les pharmacies du privé, ces médicaments ne sont pourtant pas sans risques. En cas de surdosage, ils peuvent être néfastes pour la santé du fait qu’ils affectent le foie.

«L’abus du paracétamol peut être néfaste pour la santé ». Propos du Dr Fazil Khodaboccus Senior Community Physician au ministère de la Santé. Il explique qu’il est important de respecter le dosage afin de ne pas causer des dommages au foie ou provoquer une convulsion chez les enfants. « Ce médicament n’est à prendre qu’en cas de fièvre ou de douleurs. Il faut aussi respecter la posologie, c’est-à-dire la dose et la fréquence requises », ajoute-t-il.

Le Dr Iswaraj Ram Racheya, endocrinologue et spécialiste en médecine interne, abonde dans le même sens. Il précise que les effets négatifs de la prise du paracétamol surviennent particulièrement quand il y a un excès. Le foie n’arrive pas à fonctionner convenablement et il y a une accumulation du produit dans l’organe qui agit comme filtre et purificateur dans le corps en éliminant les toxines. « L’excès de paracétamol peut engendrer des nausées et douleurs abdominaux », souligne le spécialiste.

Ajouté à cela, le cerveau peut être atteint également et entraîner d’autres troubles comme des vertiges. Il s’agit alors de l’encéphalopathie hépatique qui touche particulièrement ceux qui souffrent de maladie hépatique en raison des substances toxiques accumulées dans le sang dirigé vers le cerveau alors qu’elles auraient dû être éliminées par le foie.

Le vice-président de la Pharmaceutical Association of Mauritius (PAM), Avinash, Dabydoyal est d’avis qu’il faut interdire la vente de médicaments par les non-pharmaciens comme dans les boutiques et certains supermarchés, dit-il.

Contrairement à la France où l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a préconisé qu’un avertissement soit inscrit sur les boîtes de paracétamol concernant le surdosage, à Maurice c’est l’éducation de la population qui semble être plébiscitée pour le moment. Une révision de la Pharmacy Act est attendue également tout comme le Medecine Bill qui, selon la PAM, viendra mettre de l’ordre concernant certaines mauvaises pratiques.

Éviter le surdosage

En cas d’effets néfastes en raison de l’abus de paracétamol, il est important de se présenter dans un centre de santé cela pour vérifier le taux de paracétamol dans le sang après la dernière prise. Si le taux est élevé selon l’âge et l’historique médical du patient, un traitement sera administré pour arrêter la progression du produit dans le foie. C’est ce que nous a expliqué le Dr Ram Racheya. Consommer beaucoup d’eau afin de « laver » le produit ou essayer d’éliminer le médicament est sans effet selon lui. « Le plus important c’est de faire attention et de respecter le dosage.

Avinash Dabydoyal de la PAM ajoute que la dose thérapeutique recommandée du paracétamol est de 4g par jour soit 4 comprimés de 1000 mg chaque 6 heures ou 8 de 500 mg chaque 4 heures. Selon lui tout le monde est à risque d’avoir des effets indésirables d’où l’importance de demander un avis médical ou des conseils de la part du pharmacien.

50 à 60 millions par an

50 à 60 millions de médicaments à base de paracétamol sont utilisés dans le service public chaque année. Ce chiffre est énorme pour un petit pays comme Maurice qui ne compte que 1,2 million d’habitants. L’importation du paracétamol pour le service public tourne autour de 75 à 80 millions chaque année, nous ont aussi affirmé plusieurs sources proches du dossier.

L’avertissement de l’ANSM

En raison des risques pour le foie, l’Agence national de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a, en France, demandé aux industriels d’inscrire un message de prévention sur les boîtes de paracétamol. Cela afin d’avertir les usagers sur les conséquences de l’abus de ce produit. Une hausse de 53 % de la consommation de ce médicament a été observée en 10 ans, d’où les recommandations de l’ANSM. Mais à Maurice, nous n’en sommes pas encore là.

Le président de l’Union des pharmaciens, Siddique Khodabocus, est d’avis d’une étude est nécessaire pour déterminer s’il y a abus du paracétamol à Maurice. Est-ce que le ministère de la Santé attendra lui les recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour se pencher sur le sujet ?

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