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Neuram Foundation : une unité de neuroréhabilitation en gestation

La Neuram Foundation veut mettre sur pied un centre de réhabilitation pour les personnes ayant fait un accident vasculaire cérébral ou qui ont subi une lésion à la moelle épineuse. Elle compte pour cela assurer la formation de volontaires, mais aussi de professionnels de santé dans le domaine de la neuroréhabilitation.

L’actuelle campagne de sensibilisation pour la prévention des accidents de la route l’affirme : outre les nombreux morts sur nos routes, il y a des centaines de blessés graves qui deviennent, dans de nombreux cas, des invalides pour la vie.

Selon le Professeur Anba Soopramanien, consultant en blessures médullaires (lésion à la colonne vertébrale) et en médecine de réadaptation, il n’y a pas une bonne prise en charge des personnes ayant subi une lésion à la moelle épineuse ou un traumatisme crânien à Maurice.

Il en est de même pour ceux qui ont eu un accident vasculaire cérébral (AVC) selon lui. Ce Mauricien exerçant en Grande-Bretagne vient régulièrement à Maurice pour traiter des patients. À travers la Neuram Foundation, il tente de les aider du mieux possible. C’est ainsi que l’idée d’un centre de neuroréhabilitation est en gestation pour une meilleure prise en charge des patients.

Dans le cadre d’une conférence internationale qui se tiendra du 16 au 17 mai, sur la fondation de la neuroréhabilitation et la lésion de la moelle épineuse, il espère sensibiliser davantage le public sur ce sujet et sur les mesures à prendre pour améliorer la prise en charge des patients. La conférence va réunir des professionnels de santé et conférenciers de divers pays : Afrique du Sud, Angleterre, Canada et Inde.

Selon le professeur Soopramanien, les personnes en fauteuil roulant ont un gros problème à Maurice, car les infrastructures et les bâtiments ne sont souvent pas adaptés pour eux. « Nous pouvons être le tigre de l’océan Indien, mais nous manquons d’humanité, car nous n’intégrons pas les personnes avec un handicap », indique-t-il. Parmi les manquements observés : les trottoirs qui ne sont pas nivelés et le manque d’accessibilité dans les bâtiments publics.

Accidents et AVC

Pour lui, avec le nombre d’accidents graves de la route et le nombre de personnes qui font un AVC, il y a un travail à faire. Cela afin de les rendre autonome et pour qu’ils aient une vie plus ou moins normale au lieu d’être alités.

Dans certains cas ces personnes restent cloîtrées à la maison et n’ont pas l’occasion de sortir, parce qu’elles sont cachées par leurs proches, en raison de leur handicap selon lui. Ce qui est à éviter afin de faciliter leur réhabilitation a-t-il fait comprendre.

« Ce n’est pas de leur faute s’ils ont un handicap et cela peut arriver à n’importe qui d’entre nous », fait-il ressortir. Et pour lui la vie ne s’arrête pas à la suite d’un accident et/ou d’une lésion à la moelle épinière. Les chiffres de l’actuelle campagne sur les accidents de la route indiquent qu’il y a chaque année en moyenne 500 blessés graves qui deviennent handicapés à la suite d’un accident de la route.

« Personne ne s’occupe vraiment de ces handicapés lourds. Ce que les gens ne réalisent pas c’est que ces victimes des accidents de la route ne peuvent non seulement pas marcher, mais ils ne peuvent pas dans certains cas aller à la selle normalement ou avoir une vie sexuelle normale », fait-il ressortir. Ainsi à travers la médecine de rééducation, il espère s’occuper de ces problèmes pour pouvoir analyser ce qu’elles vivent et leur redonner une dignité.

Par ailleurs, il considère que ce n’est pas normal que des adultes qui ne peuvent uriner ou aller à la selle normalement doivent porter des couches après qu’ils aient été victimes d’un accident de la route. « C’est honteux », dit-il. En même temps, il ne souhaite pas créer une polémique, mais cherche davantage à travailler en collaboration avec les professionnels de santé qui font déjà un travail à ce niveau.

« Nous voulons apporter des solutions et non critiquer ce qui ne se fait pas » soutient-il. Des physiothérapeutes et ergothérapeutes ont déjà bénéficié de sessions de formation à cet effet. Pour la mise en place d’unités mobiles de neuroréhabilitation, afin d’aller vers ceux qui ne peuvent pas se déplacer. Cette unité s’occupera aussi de personnes souffrant d’escarres qui est un problème assez courant à Maurice selon le professeur Soopramanien.

« Les gens n’ont pas appris à utiliser un coussin avec leur fauteuil roulant et s’assoient directement sur le canevas », dit-il. La fondation s’est ainsi lancée dans la production de coussins adaptés fabriqués par Magic Fingers qui par la même occasion donne du travail à des personnes vulnérables.

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