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Covid-19 : l’OMS craint une pandémie à deux vitesses en raison de l’iniquité vaccinale

Les dons de vaccins contre le nouveau coronavirus qui seront partagés l’année prochaine arriveront « beaucoup trop tard pour ceux qui meurent aujourd’hui »,  a alerté vendredi le chef de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Si le patron de l’Agence sanitaire mondiale de l’ONU s’est réjoui des promesses de vaccins faites la semaine dernière par le groupe de sept pays riches (G7), le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus plaide pour davantage de doses, et de toute urgence.

« Les vaccins donnés l’année prochaine arriveront bien trop tard pour les personnes qui meurent aujourd’hui, qui sont infectées aujourd’hui ou qui sont en danger aujourd’hui », a déclaré le Directeur général de l’OMS lors d’un point de presse en visioconférence depuis Genève.

Avec des pays riches qui ont la possibilité de vacciner à tour de bras, et dans le même temps, des régions où les doses manquent cruellement, la circulation du nouveau coronavirus pourrait générer une pandémie à deux vitesses, a-t-il dénoncé. « L’incapacité mondiale à partager équitablement les vaccins anti-coronavirus alimente une pandémie à deux vitesses qui fait maintenant des ravages chez certaines des personnes les plus pauvres et les plus vulnérables du monde ».

Moins de 2% de la population africaine a été vaccinée

Parmi les régions les plus vulnérables, le continent africain, qui reste l’une des régions de l’OMS la moins touchée mais où moins de 2% de la population a été vaccinée. « Attendre que les vaccins [supplémentaires] soient donnés l’année prochaine sera beaucoup trop tard pour ceux qui meurent aujourd’hui, ou sont infectés aujourd’hui, ou en danger aujourd’hui », a dit le Dr Tedros.

Bien que le nombre absolu de cas et de décès nouvellement signalés en Afrique reste inférieur à celui des autres régions, le taux d’augmentation élevé est très préoccupant. Le continent fait déjà face à une troisième vague, qui s’amplifie et s’accélère. Au cours des sept derniers jours, les cas signalés en Afrique ont augmenté de plus de 50% % et les décès signalés ont augmenté de 32%. « Et nous nous attendons à ce que les choses empirent », a ajouté le Dr Tedros.

Pour éviter une expansion croissante de la pandémie sur le continent africain, l’Agence sanitaire mondiale de l’ONU explore « toutes les possibilités » pour accroître la production de vaccins, notamment en Afrique. « Nous aurons davantage à dire à ce sujet lundi. Et même si nous continuons à répondre à la pandémie de Covid-19, notre travail habituel se poursuit, dans tout l’éventail des questions de santé », a précisé le Dr Tedros.

Vacciner au moins 10% de la population de chaque pays d’ici septembre

La pandémie du SARS-CoV-2 a fait au moins 3.836.828 morts dans le monde depuis l’apparition de la maladie fin décembre 2019 en Chine. Selon un bilan établi vendredi par l’OMS, plus de 176.945.596 cas d’infection ont été officiellement diagnostiqués.

Pour l’OMS, chaque région compte des pays confrontés à une forte augmentation des cas et des décès dus au nouveau coronavirus. C’est le cas en Amérique latine où de nombreux pays connaissent « une augmentation rapide des épidémies, tandis que d’autres ont atteint un plateau à un niveau élevé ».

Face à ces hausses des nouvelles infections dans plusieurs pays, l’OMS réitère son appel pour une équité vaccinale. D’autant que les objectifs mondiaux initiaux sont de vacciner « au moins 10% de la population de chaque pays d’ici septembre, au moins 40% d’ici la fin de l’année et 70% d’ici à la mi-2022 ». « Ce sont les étapes critiques que nous devons atteindre ensemble pour mettre fin à la pandémie de Covid19 », a d’ailleurs insisté le Dr Tedros.

Plus de 2,37 milliards doses administrées dans le monde dont la majorité dans les pays riches

A la date du mercredi 16 juin 2021, un total de 2,37 milliards doses de vaccin ont été administrées dans le monde dont la majorité dans les pays riches. Mais selon l’OMS, plus de la moitié des pays et économies à revenu élevé et moyen supérieur ont maintenant administré suffisamment de doses pour vacciner complètement au moins 20% de leur population. Dans le même temps, « seuls 3 des 79 pays en développement ont atteint le même niveau ».

Pour l’OMS, le temps presse. « Nous avons besoin que les vaccins soient donnés maintenant pour sauver des vies », a fait valoir le chef de l’OMS, relevant toutefois que son organisation ne contrôle pas l’approvisionnement mondial des vaccins. Une façon d’exhorter les pays et les entreprises qui ont ce pouvoir de « jouer leur rôle pour produire plus, et partager plus pour atteindre les objectifs mondiaux de l’OMS » pour une équité vaccinale.

En attendant, l’Agence sanitaire mondiale de l’ONU continuera d’aider les pays à appliquer des mesures de santé publique et des mesures sociales pour assurer la sécurité des populations. « Et nous continuons à aider les pays à préparer leurs systèmes et leurs plans pour déployer les vaccins une fois qu’ils les auront reçus », a conclu le Dr Tedros.

(Source : ONU Info)

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