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Cancer : l’importance du dépistage et de traiter la détresse psychologique chez le patient

L’annonce d’un cancer bouleverse physiquement et psychologiquement le patient, d’où l’importance d’un dépistage et d’un traitement de la détresse psychologique chez la personne atteinte de cancer. Emmanuel Maurice, MA Counselling, membre de la Société Internationale de la Psycho-Oncologie (Ipos) revient sur les différents aspects.

Pour quiconque côtoie une personne atteinte de cancer, les retentissements de la maladie deviennent rapidement une évidence. En effet, le cancer et ses traitements confrontent la personne atteinte et ses proches aidants à de nombreux défis d’adaptation, et ce, tout au long du parcours de la maladie et des soins. Souvent négligée, la multitude de problèmes émotionnels présents durant cette période relativement longue et éprouvante provoque ce que la National Comprehensive Cancer Network qualifie de détresse.

Emmanuel Maurice, MA Counselling, membre de la Société Internationale de la Psycho-Oncologie (Ipos)
Emmanuel Maurice, MA Counselling, membre de la Société Internationale de la Psycho-Oncologie (Ipos).

Selon les recherches, une expérience émotionnelle désagréable et multidimensionnelle, de nature psychologique (cognitive, comportementale, émotionnelle), sociale et/ou spirituelle, peut interférer avec la capacité à faire face au cancer, à ses symptômes physiques et à ses traitements. La détresse peut se manifester sur un spectre qui s’étend des sentiments courants et normaux de vulnérabilité, de tristesse et de peur à des problèmes potentiellement invalidants, tels que la dépression, l’anxiété, la panique, l’isolement social ainsi que la crise existentielle et spirituelle.

Toutefois, le vécu et le sens donné à la détresse varient d’une personne à une autre. Donc, bien la reconnaitre requiert un examen clinique. « En matière de prévalence, aucune étude n’a été entreprise à Maurice jusqu’à présent. Néanmoins, la dépression et l’anxiété sont très courantes chez les patients atteints de cancer, dont approximativement 16 % souffrent de dépression majeure et 10 % de troubles liés à de l’anxiété, à un moment donné. De plus, basé sur des études faites sur les continents nord-américain, européen, asiatique et africain, le taux de prévalence de la détresse va de 35 à 45 % jusqu’à 58 % chez les patients en phase palliative », indique Emmanuel Maurice, psychothérapeute.

Le dépistage et la prise en charge systématique de la souffrance psychique en oncologie demeurent complexes et représentent un réel enjeu à chaque étape du traitement. La détresse vient non seulement compromettre le bon déroulement des soins, mais aussi la qualité de vie du patient et ses chances de survie. Un accompagnement psychologique associé à un traitement pharmacologique constitue l’approche la plus efficace pour soigner la détresse et les éventuels problèmes qu’elle peut présenter. « Il est évident que le système de soin oncologique à Maurice fait face à des obstacles structurels et logistiques sur ce plan. Néanmoins, ne serait-il pas aussi urgent de se pencher sur la vraie question : quel serait l’impact humain et économique de la non-prise en charge de la détresse en oncologie ? », fait ressortir le psychothérapeute.

La prise en charge clinique de la détresse à Maurice

Le soutien psychologique et psychosocial spécifiquement destiné aux personnes touchées par la maladie du cancer demeure une discipline nouvelle à Maurice et sur le continent africain. Les hôpitaux souffrent d’un manque de structure et leurs personnels ont besoin davantage de formations permettant la prise en charge et le suivi de la détresse psychologique en oncologie, de manière systématique et adéquate. Leurs services oncologiques font aussi face à un manque de temps qui pourrait, au cas contraire, être consacré à écouter les malades au-delà de leurs symptômes physiques. Leur priorité étant évidemment de guérir ou de freiner l’avancée de la maladie.

Brian Ng, cancérologue mauricien basé à l’hôpital Royal Marsden de Sutton, en Angleterre, observe que « l’anxiété et la détresse sont souvent mal détectées par les médecins. Cependant, il n’est pas pratique et économique pour un système de santé gratuit, d’impliquer le psychiatre pour chaque patient atteint. Une méthode simple pour stratifier les patients à risque de dépression est l’utilisation d’outils validés tels que le Hospital Anxiety and Depression Scale ou le Holistic Needs Assessment. Ces outils nous aident à dresser un plan de soin et d’accompagnement individualisé, mais aussi de suivre le progrès du patient pendant et après les traitements. » À cet effet, un autre outil préconisé par la National Comprehensive Cancer Network (NCCN) se présente sous la forme d’une liste de difficultés et d’un thermomètre à l’aide duquel le clinicien peut identifier les raisons de la détresse. Il est utilisé en conjonction avec un examen clinique.

Visitez la page Facebook de Emmanuel Maurice pour plus de renseignement.

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