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Le tai-chi : une discipline qui renforce les capacités physiques et mentales

Le tai-chi ou taijiquan a été inscrit à la mi-décembre par l’UNESCO sur sa liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Au-delà d’une simple technique de combat, cet art martial est devenu une pratique de relaxation, propice au développement intérieur. Explications avec Alexandra Ho, une adepte du tai-chi depuis plus de dix ans.

Alexandra Ho
Alexandra Ho

D’emblée, Alexandra Ho évoque cette fierté collective pour tous les professeurs et pratiquants du tai-chi en Chine, mais aussi au-delà de ses frontières, car de nos jours, cet art martial est pratiqué aux quatre coins du monde. Pour mieux comprendre cette discipline, elle revient sur les origines du tai-chi qui remonte au 12e siècle. « Créé par le moine taoïste Zhang Sanfeng en Chine au Mont Wudang, le Taijiquan est un art martial dit interne (nèijiā), se concentrant sur l’énergie interne appelée le Qi (prononcée Chi), pour la santé et le bien-être. Le Taijiquan intègre dans ses mouvements le concept taoïste du Yin et du Yang, les forces complémentaires et opposées qui existent dans le monde naturel », explique-t-elle.

Il existe plusieurs styles (ou enseignes) de Taijiquan : Yang, Wu, Chen, Sun, et probablement le plus populaire, étant le style Yang. « Dans chaque style, il existe plusieurs formes, du plus simple au plus avancé. Une forme peut prendre de 5 à 15 minutes, dépendant de sa vitesse d’exécution. Il demande du self-control pour aller lentement, au rythme de sa respiration », souligne-t-elle, tout en ajoutant qu’il est facile de sous-estimer le tai-chi, car à regarder, il peut paraitre ennuyeux ou même lassant. « Mais pour le pratiquant, il est loin de l’être, car il engage tout son corps et son esprit dans l’exécution, à s’améliorer et trouver des nuances dans son interprétation du mouvement », précise-t-elle.

Qui peut faire le taïchi ?

Le tai-chi est une activité particulièrement populaire et adaptée pour les seniors, mais il est abordable à tout âge. « En fait, c’est mieux de commencer le plus jeune possible », dit-elle. Pour ce qui est des bienfaits, Alexandra Ho fait comprendre que le tai-chi est un art martial interne qui s’appuie sur la connaissance de la médecine traditionnelle chinoise pour le bien-être et la longévité. « Vieillir en bonne santé est la priorité », insiste-t-elle.

Qualifié de gymnastique douce, le tai-chi agit positivement sur le système moteur, en travaillant sur la posture, la flexibilité et la souplesse et par conséquent, améliore l’équilibre. La pratique du tai-chi permet surtout de reprendre confiance en soi. La chorégraphie du tai-chi est volontairement lente et fluide, l’enchainement est précis pour favoriser un massage efficace des organes vitaux ; le cœur, les poumons, les reins, la rate, le foie. De plus, les mouvements sont en harmonie avec sa respiration selon elle.

Ce travail respiratoire conscient permet de s’oxygéner pleinement et d’améliorer la circulation de l’énergie interne « Qi » sur les méridiens. « La respiration abdominale permet un travail plus profond afin de stocker le Qi au niveau du Dan Tian (qui se trouve en dessous du nombril) », indique-t-elle. De plus, une bonne circulation du Qi permet au corps de bien se nourrir, de se détoxifier et se régénérer (self-healing). « Selon la médecine traditionnelle chinoise, un blocage dans les méridiens se compare à une congestion sur une ligne routière, qui peut entrainer une raideur ou éventuellement une rigidité dans les muscles ou articulations, ce qui entraine des douleurs, qui, sans traitement, peuvent devenir chroniques », fait comprendre Alexandra Ho.

En effet, le tai-chi engage tout le corps. Il est efficace pour soulager les douleurs chroniques, car il travaille le mouvement et exerce la souplesse des articulations, telles que la colonne vertébrale, les hanches, les genoux, les chevilles, les poignets, les coudes et ce jusqu’au bout des doigts et des orteils. En revanche, elle fait ressortir qu’il faut être réaliste, car le soulagement n’est pas immédiat. En effet, il demande un travail et l’engagement de la personne à être disciplinée, à revoir son quotidien et surtout à avoir une bonne hygiène de vie. Il est aussi recommandé d’avoir un avis médical au préalable. D’autre part, une pratique régulière permet de régulariser la pression artérielle, d’améliorer l’immunité et de garder le cœur (un muscle) en bonne santé.

Bienfaits psychologiques

Outre les bienfaits physiques, le tai-chi agit positivement sur le plan psychologique. En Chine et ailleurs, il est commun de voir des groupes de personnes dans un parc à pratiquer cette discipline selon Alexandra Ho. « L’énergie collective après une séance de tai-chi est positive, l’endorphine a un effet multiplicateur, efficace pour lutter contre le sentiment de solitude », indique-t-elle. Aussi, le tai-chi est souvent décrit comme une méditation en mouvement puisque la technique est de se focaliser sur le travail respiratoire et les mouvements lents. « Une pratique régulière permet de réduire le stress, l’anxiété et la dépression et, de plus, elle favorise un sommeil réparateur, améliore la concentration et la mémoire », fait-elle ressortir.

L’aboutissement d’une chorégraphie du tai-chi en une expression gracieuse et efficace pour la santé demande du travail et du self-control. Il engage non seulement le corps, mais encore plus le mental selon elle. « L’enchainement des mouvements améliore la mémoire, car une profonde concentration est requise pour appliquer les bonnes techniques, synchroniser les mouvements, le bon appui, tenir ferme en équilibre, le regard qui suit, les épaules relâchées et savoir contrôler sa vitesse à un rythme naturel de sa respiration », conclut-elle.

Le tai- chi et la Covid-19

La pandémie de Covid-19 a remis en perspective nos priorités sur la santé physique et mentale. Alexandra Ho explique qu’une pratique régulière et consciencieuse du tai-chi aide à renforcer notre système immunitaire. Surtout, cette discipline sert aussi à apaiser et à mieux gérer nos excès d’émotions : l’anxiété, la peur ou la tristesse, tous liées aux conséquences de la crise sanitaire, sociale et économique.

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