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La campagne « Anou pran enn poz » : Faire une pause pour se « réinitialiser »

« Anou pran enn poz ». Une pause pour réfléchir, faire le vide en soi pour avoir un meilleur état d’esprit qui nous permet de nous concentrer sur l’essentiel, et mieux agir et réagir face aux sujets de société qui nous interpellent. Cette initiative de Blast BCW, lancée dans le cadre de la fête nationale, est une invitation à faire le choix de la pause pour se « réinitialiser ».

Dans le cadre de l’initiative « Anou pran enn poz », lancée par Blast BCW à l’occasion de la fête nationale, la psychosociologue Mélanie Vigier de Latour-Bérenger a tenu à s’arrêter un moment, pour parler des bienfaits de la pause aussi bien sur la santé mentale que physique.

Melanie Vigier de Latour-Berenger
Melanie Vigier de Latour-Berenger

« Anou pran enn poz pou repoz nou servo… »

Le silence est fondamental pour le bon fonctionnement cérébral. Quand le cerveau est en activité, il consomme beaucoup de glucose, générant des protéines qui s’amassent en détritus. « Or, le cerveau n’a pas de système lymphatique et la manière dont il évacue les toxines, découverte en 2012 par la chercheuse Maiken Nedergaard, s’effectue à travers le calme, le repos et le sommeil », explique Melanie Vigier de Latour-Bérenger.

Les recherches du neuroscientifique Michel Le Van Quyen mettent en évidence l’importance et les bienfaits de l’inactivité, du silence, du repos et du calme pour notre santé et nos capacités de concentration. Selon Le Van Quyen, en 2019, « la science s’est également rendu compte que les pauses auditives permettaient d’éliminer l’adrénaline, la noradrénaline et le cortisol produit par le cerveau en cas de stress, de peur et de colère en sécrétant des hormones qui permettent aux fonctions vitales de récupérer ».

Les moments de déconnexion des sollicitations visuelles, auditives consistant à éteindre la musique, la télé ou encore rester loin de nos téléphones, sont donc fondamentaux. « Ils sont essentiels pour se reposer, réduire le stress, favoriser la créativité, la concentration, la réflexion, mais aussi la construction de soi », précise-t-elle.

« Anou pran enn poz pou konekte nou avek nou-mem… »

Il y a divers silences : acoustiques, corporels, attentionnels ; agréables ou non ; angoissants ou légers ; imposés ou choisis… « Selon nos histoires de vie et nos capacités de tolérance, nous réagissons différemment face au silence, selon David le Breton, sociologue et anthropologue, en 2019. Pour lui, les silences sont bénéfiques quand ils sont choisis », indique-t-elle.

Le silence, outre les bienfaits sur notre santé physique et mentale, nous offre une qualité de présence et une connexion à nous. Être en silence, avec ce qui se passe en soi, avec les pensées, sensations et sentiments qui nous habitent est précieux selon elle.

« Arrêtons-nous et prenons le temps de nous poser les questions : qui suis-je ? Quelles sont mes forces ? Est-ce que je suis OK avec ce que je suis en train de vivre ? Est-ce que je suis OK dans ce travail, dans cette relation ? Est-ce que cette manière de vivre, de passer ma semaine et mes week-ends me conviennent-ils ? Est-ce que je suis OK de voir ces personnes ? Qu’est-ce que j’aime faire ? Qu’est-ce qui se passe dans mon corps ? », recommande la psychosociologue.

« Anou pran enn poz an silans avek sa bann kestion-la… »

Cela peut ne pas être facile selon Melanie Vigier de Latour-Bérenger ; puis-je mettre une pause avec ce tourbillon de ma « to do list » journalière ? Me cachant derrière un « je n’ai pas le temps », comme si je ne pouvais pas choisir de me réveiller 5 minutes plus tôt ou passer un peu moins de temps sur les réseaux sociaux dans ma journée ? Faisons une rapide vérification à l’option bien-être numérique des paramètres de notre téléphone.

Il est intéressant aussi de se poser les questions : puis-je être avec moi ? Puis-je être dans le calme, en ne faisant « rien » ? Ce « rien », souvent tellement mal vu par ceux et celles qui nous entourent, mal perçu par nous aussi, bien trop souvent. Être productif, dans le « faire » souvent mieux considéré que le fait d’« être » tout simplement, avec ce que je suis. Tristement. Or, un temps de pause, de silence permet une connexion profonde à soi, une plus grande connaissance de soi et il facilite l’accès au calme et à la paix intérieure.

Deepak Chopra partage : “To make the right choices in life, you have to get in touch with your soul. To do this, you need to experience solitude, which most people are afraid of, because in the silence you hear the truth and know the solution.” Le silence permet une intériorité, définie par d’Ansembourg et Reybrouck en 2016, comme la capacité de développer en soi un espace de ressourcement, de discernement et d’inspiration ; état de centrage et de cohérence intérieure qui ouvre une vision inspirée et encourage au geste juste.

« Arrêtons-nous un moment. Connectons-nous avec notre souffle. Soyons conscients de ce qui se passe dans notre corps, dans nos pensées, dans nos sentiments et émotions. Juste quelques minutes. Les recherches montrent que la pratique régulière de la méditation améliore la santé mentale et diminue l’anxiété », insiste-t-elle. La méditation stimule le bien-être ; mais aussi la bienveillance, la compassion, les comportements prosociaux. Quelques minutes chaque jour sont bénéfiques. Et nous méritons de prendre conscience et de nous connecter avec l’être que nous sommes.

« Anou pran enn poz avan nou reazir avek lagresivite »

Le silence, les temps de pause nous sont donc précieux et offrent aussi une qualité de présence au monde. « Faute de connexion à moi, à mes sentiments et besoins fondamentaux ; et faute de les mettre en mots, je mets parfois en actes la colère, frustration, déception ou tristesse ressentie. En me connectant au sentiment de colère qui peut m’habiter, puis en apprenant à le mettre en mots, je peux alors éviter les cris et les coups. Je peux alors vivre avec les autres une relation plus respectueuse. Anou pran enn poz avek nou-mem, an silans. Pou pran konsians nou valer. Pou pran swin nou-mem e nou bann relasion avek lezot », conclut-elle.

3 activités autour de « Anou pran enn poz »

Lancée en février, la campagne de Blast BCW se décline en trois temps. Il y a d’abord eu l’opération « Exprim to lamour avek enn gran M » (compétition d’écriture, slam, chant et dessin ».  Ensuite, la deuxième initiative, intitulée « Iliminn nou pei avek pozitivite », l’agence invite les Mauriciens à découvrir les bienfaits de cette pause à travers une « Lumière alternative ». Ils sont ainsi appelés à éteindre les principales sources de lumière conventionnelles et à s’illuminer avec des moyens alternatifs, par exemple une bougie, un briquet ou la lampe de son portable, etc. Et pour finir, la troisième partie « Nou swe pou Moris », met en scène les effets de la pause sur l’action, soit la clairvoyance/la lucidité. Elle invite la population à exprimer des vœux pour le pays, toujours sur la page Facebook de l’événement.

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