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Variole du singe: ce que l’on sait et ce que l’on ne sait pas encore

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La variole du singe est une maladie le plus souvent bénigne mais sa diffusion en dehors des zones endémiques, principalement en Europe, reste une source de préoccupation, alors que des questions demeurent sur sa transmission.

Comment est transmise la maladie ?

L’infection des cas initiaux résulte d’un contact direct avec des animaux infectés mais des incertitudes subsistent quant aux réservoirs naturels du virus.

La transmission secondaire – c’est-à-dire interhumaine – nécessite, elle, un contact étroit et prolongé entre deux personnes, et se fait principalement via la salive ou le pus des lésions cutanées formées au cours de l’infection.

Parmi les cas recensés, une majorité sont des hommes ayant eu des rapports sexuels avec d’autres hommes. Mais la variole du singe “n’est pas considérée comme une maladie sexuellement transmissible”, a rappelé jeudi Alexandra Mailles, épidémiologiste à Santé publique France lors d’un point presse de l’ANRS (maladies infectieuses).

Ce pourrait être le contact avec les lésions qui conduirait à l’infection plutôt que le rapport sexuel lui-même.

Pourquoi une flambée de cas en ce moment ?

La flambée actuelle dans une trentaine de pays laisse penser que la transmission du virus est passée sous les radars pendant un certain temps, a déclaré mercredi l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Ce virus présente des similitudes avec celui de la variole humaine, éradiqué officiellement depuis 1980, et pour laquelle les campagnes de vaccination ont cessé.

La baisse de l’immunité dans la population qui s’en est suivie pourrait expliquer la recrudescence de cas constatée actuellement, selon l’OMS.

Quelle est la gravité de la maladie ?

Depuis sa récente diffusion en Europe, aucun décès et très peu de cas graves ont été répertoriés.

La variole du singe guérit en général spontanément et les symptômes durent de deux à trois semaines. Les cas graves se produisent plus fréquemment chez les enfants et sont liés à l’ampleur de l’exposition au virus, à l’état de santé du patient et à la gravité des complications.

Dans les pays endémiques, les décès constatés ont été “surtout liés à une prise en charge tardive ou des surinfections bactériennes”, a expliqué jeudi Steve Ahuka Mundeke, chef du département de virologie à l’Institut national de recherche biomédicale (République démocratique du Congo).

Une prise en charge médicale adéquate réduit considérablement les risques.

Peut-on la soigner ?

Un médicament antiviral, le tecovirimat, conçu pour la variole, a été homologué par l’Agence européenne des médicaments (EMA) pour la variole du singe en 2022 sur la base de données venant des études menées sur les animaux et les humains. Il n’est pas encore largement disponible.

Un vaccin de 3e génération (vaccin vivant non réplicatif, c’est-à-dire ne se répliquant pas dans l’organisme humain) est autorisé en Europe depuis juillet 2013 et indiqué contre la variole chez les adultes. Il dispose également d’une autorisation de mise sur le marché aux États-Unis.

“On peut l’utiliser en vaccination préventive mais la gravité de la maladie ne le justifie pas”, a souligné jeudi Brigitte Autran, professeure émérite d’immunologie à la faculté de médecine de Sorbonne Université.

Puisque la période d’incubation dure entre une et trois semaines, il est intéressant de “l’utiliser en post-exposition” sur des cas ayant été en contact avec un malade “pour prévenir ou empêcher la dissémination de l’infection”, a-t-elle poursuivi.

Peut-on stopper la contagion ?

“Les flambées de cas peuvent être stoppées”, a expliqué mercredi la responsable technique de l’OMS pour la variole du singe, Rosamund Lewis, soulignant tout de même que la diffusion actuelle de la maladie était “une source d’inquiétude.”

“Ce que nous savons pour le moment, c’est que cette maladie tropicale est faiblement transmissible à l’homme”, a pour sa part relevé mercredi l’épidémiologiste Antoine Flahault dans l’Express.

“Nous sommes à un stade ou l’alerte est payante à un très faible coût”, a-t-il ajouté. “Quand vous avez seulement 32, 64, 128 ou 256 cas, il est aisé de les isoler pendant 21 jours dans des hôpitaux et de démanteler les chaînes de transmissions en isolant les cas contacts”.

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