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Vivre et surmonter la dépression

Le taux de rechute après une dépression est de 50 à 70%, voire davantage en cas de dépressions multiples. Il est donc important d’apprendre à surmonter une dépression. Dans le cadre de la Journée mondiale de la prévention du suicide, observée le 10 septembre, le psychologue clinicien Vijay Ramanjooloo nous parle de cette maladie psychique.

La dépression entraîne un « ralentissement » dans tous les registres de la vie quotidienne : affectif, intellectuel, physique, mécanismes vitaux et corporels. Ce « ralentissement » se décline en de multiples symptômes qui persistent pendant une longue période (au-delà de 15 jours).

« Même si les symptômes sont bien présents, la personne qui souffre de dépression a souvent du mal à les repérer. La difficulté à juger par soi-même de son état psychologique fait partie des principaux obstacles du repérage de la dépression », explique Vijay Ramanjooloo, psychologue clinicien.

Un autre obstacle est le fait de considérer les symptômes comme normaux en les attribuant à une difficulté momentanée de la vie. L’évaluation par un professionnel de santé est donc indispensable. « Autre point à faire ressortir : le mot dépression est galvaudé, alors qu’il faut faire attention. La dépression est une maladie qui a des symptômes spécifiques », fait-il comprendre.

Qu’en est-il du traitement ?

Le traitement est d’abord médicamenteux, mais va varier selon la gravité de la dépression. « Je tiens à souligner le fait qu’il est important d’être traité par un professionnel qui va faire preuve de beaucoup de compréhension, d’écoute et d’empathie », indique-t-il.

Comment éviter une rechute ?

Le taux de rechute après une dépression est de 50 à 70%, voire davantage en cas de dépressions multiples, selon le psychologue clinicien. « Ces chiffres sont certainement exacts d’un point de vue épidémiologique, mais ils manquent de nuances en englobant tous les types de dépression, quels que soient leur sévérité et l’âge auquel elles surviennent. Ils peuvent faire croire à un certain fatalisme, alors que si la prise en charge de la dépression est faite de façon satisfaisante dès le début, les risques sont limités », précise Vijay Ramanjooloo.

Les personnes dépressives développent un modèle de vulnérabilité acquise, comme une sorte de « mémorisation » dans la biologie du patient. « Pour être plus précis, pensez à un orage qui aurait provoqué des ravinements dans le sol. Ensuite, quand viennent les pluies, celles-ci empruntent ces voies et creusent des sillons. Plus les épisodes dépressifs se répètent, plus les événements, même de moindre importance, peuvent avoir un impact aussi fort, sinon plus », conclut-il.

Dépression v/s déprime

Les confusions autour de ces deux thèmes sont fréquentes. Une personne peut ressentir un coup de blues qui survient suite à une situation spécifique et c’est temporaire. Cela peut être une baisse de moral ou une tristesse passagère. Le fait de voyager peut aussi provoquer le mal du pays et ainsi occasionner une courte période de déprime.

Ce qu’il faut donc retenir, une déprime a une durée limitée pendant laquelle la personne a encore le contrôle d’elle-même. En revanche, la dépression dure plus longtemps. En psychiatrie, il y a trois axes pour définir cette maladie : thymique, cognitif et physique. L’entourage doit être attentif à cela, car ce sont des signes propres à la dépression.

À vos questions Les sujets liés à la psychologie sont divers. Si vous avez des questions, vous pouvez nous les envoyer par email sur info@defisante.mu ou par WhatsApp sur le 5252 4400. Le psychologue clinicien Vijay Ramanjooloo vous répondra.
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